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Clean Beauty

Less is more - WE ARE CLEAN - Clean Beauty Image

Less is more, pilier de la philosophie Clean beauty

« Moins, mais mieux », un nouvel état d’esprit qui remet en question nos habitudes de consommation des produits de beauté. Dans la philosophie Clean Beauty, les gestes se simplifient, le nombre de produits utilisés diminue, la qualité remplace la quantité. On recherche des formules efficaces et sécuritaires qui vont à l’essentiel, sans superflu, pour maintenir visiblement la peau en bonne santé, au quotidien.

Tout commence par un tri de vos produits cosmétiques et une révision de la façon dont vous vous en servez. Utiliser moins de produits sous-entend sélectionner ceux qui conviennent exactement aux besoins du moment. Votre peau vous dira merci si vous allégez votre routine beauté, avec en prime, un gain de temps et d’argent.

Moins de gestes

Le skip care

Le skip care, tendance émergente en Asie, se traduit par une réduction du nombre de produits de beauté à utiliser (également appelé skinimalisme). Vous vous en tenez à l’essentiel, avec un seul objectif : ne pas sur-solliciter sa peau.

Il correspond aussi une envie de consommer plus clean, plus responsable : peu de cosmétiques mais de qualité, et les plus naturels possibles. On identifie les ingrédients indésirables en regardant la liste INCI, grâce aux nombreuses applis. On se focalise sur les besoins cutanés essentiels, tels que le nettoyage et l’hydratation, quitte à utiliser en plus un produit pour un problème de peau spécifique (imperfections, etc.) ou pour un besoin ponctuel (protection solaire).

Le skip care est à l’opposé du fameux layering, qui surcharge la peau en empilant 10 produits de soin et de maquillage d’affilée, soit plus d’une centaine d’ingrédients sur la peau.

Des soins multifonctions

On appelle soin « multifonctions » un produit qui propose plusieurs bénéfices.

La célèbre BB Cream qui hydrate, matifie, corrige les imperfections et protège des rayons du soleil est un bon exemple de soin multifonctions. Une crème « tout en un », qui allie soin et maquillage. 

D’autres formules hybrides, conçues à partir d’ingrédients purs et naturels, peuvent s’appliquer aussi bien sur les cheveux, que sur le visage ou sur le corps. Beaucoup d’huiles végétales sont utilisées à la fois pour nourrir le visage, le corps, les ongles, et les cheveux (pointes sèches).

Ces soins facilitent la routine beauté qui est ultra-courte, pratique, rapide et économique, mais aussi clean et efficace.

La diète cosmétique : zéro produit

Venue du Japon, cette méthode radicale consiste à faire jeûner sa peau (appelée « skin fasting »). Quel intérêt à n’appliquer aucun produit sur le visage pendant une nuit, un week-end, ou plusieurs jours de suite ? La peau se renouvelle et se régénère naturellement. Elle serait alors plus saine, avec des pores moins visibles, et un teint plus éclatant ?

Cette détox temporaire ne convient peut-être pas à tout le monde, mais elle fait quelques adeptes. Le meilleur moyen de se faire une opinion est de tester !

Moins d’ingrédients 

Une femme utilise en moyenne 16 produits par jour (incluant dentifrice et shampooing), et les hommes 8*. À raison d’une bonne vingtaine d’ingrédients par produit en moyenne, on arrive à 400 composants quotidiens. Imaginez le nombre d’interactions qu’ils provoquent sur la peau en une journée. 

Une liste d’ingrédients allégée

Les formulations des produits cosmétiques ont progressé. Aujourd’hui il est possible (mais pas facile !) de trouver sur le marché des produits efficaces, sensoriels et clean, qui contiennent moins de 20 ingrédients (liste INCI). C’est le curseur à suivre. Ces ingrédients sont judicieusement choisis pour épurer la formule tout en apportant une réelle efficacité. La qualité remplace la quantité ; exit les ingrédients dits de « remplissage » qui n’ont aucune action réelle et allongent inutilement les listes INCI.

Une formule de meilleure qualité 

Une formule de meilleure qualité, c’est une formule sans ingrédients indésirables. Des ingrédients qui ne polluent pas, et qui ne sont pas potentiellement mauvais pour votre peau.

C’est aussi une formule où l’on privilégie des actifs pertinents, d’une qualité irréprochable et qui ont fait leurs preuves. 

Des actifs multifonctions

Les marques Clean font souvent le choix d’actifs polyvalents, et elles ont raison ! En effet, un ingrédient peut à la fois être anti-oxydant, anti-inflammatoire, régénérant, réparateur, antibactérien, etc. 

La routine Less is More

Elle se limite à 2 produits (nettoyant et hydratant) auxquels vous pouvez rajouter un sérum et/ou un soin spécifique :

  • Le nettoyant : c’est le geste de base du matin et du soir pour débarrasser la peau de la pollution, nettoyer les pores et maintenir l’équilibre de la flore cutanée en surface. Choisissez une formule douce dont le pH respecte celui de votre peau.
  • La crème hydratante : le soin indispensable du matin pour son effet barrière qui protège la peau tout au long de la journée et son action hydratante qui maintient un taux hydrique optimum dans les différentes couches cutanées. Pour les femmes qui recherchent des bénéfices rides/fermeté, la crème anti-âge remplace la crème hydratante.
  • Le sérum : à utiliser matin et/ou soir selon la préoccupation de peau (fatigue, teint terne, tâches, …)
  • Le soin spécifique : brume isotonique, masque hydratant, soin contour des yeux, soin imperfections cutanées, crème de nuit régénérante, crème solaire, etc.

Les emballages eux aussi, suivent la tendance minimaliste : moins d’étuis, de notices, de fourreaux, les épaisseurs et les poids des emballages s’allègent. Cette philosophie fait du bien. Laissez-vous tenter !

* 20 000 personnes interrogées, étude menée par l’UBO, publiée en 2017.

Made-in-France WE ARE CLEAN CLEAN BEAUTY Image

Acheter Clean, est-ce forcément acheter « Made in France » ?

En beauté comme dans les autres industries, le « Made in France » a le vent en poupe. Pourtant, doit-on forcément s’y convertir pour acheter clean ?

Consommer plus responsable, en privilégiant les producteurs nationaux, voire les circuits courts… cette tendance, naissante depuis quelque temps, a pris son essor avec la crise sanitaire. En beauté aussi, les consommateurs réclament des produits plus sains et attachent de plus en plus d’importance à leur origine. Pour autant, est-il si facile d’accoler l’appellation « Made in France » à un produit de beauté ? Et cela signifie-t-il forcément être clean ?

Bien plus facile en alimentaire qu’en cosmétique

Côté alimentation, on peut facilement privilégier un circuit avec le moins d’intermédiaires possibles en achetant son panier de légumes auprès d’une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) ou du maraîcher-producteur du coin, soutenir le restaurateur qui utilise des produits locaux et de saison. De plus, les denrées alimentaires (fruits & légumes, viandes, fromages…) sont soumises à un marquage d’origine obligatoire dans le cadre des réglementations sanitaires. Il existe des AOP (Appellation Origine Protégée) et IGP (Indication Géographique Protégée), des Labels France, etc. 

Trois bonnes raisons pour choisir la Beauté « Made in France »

  1. Une réglementation drastique. L’Union européenne a adopté une réglementation en matière de cosmétiques des plus contraignantes au Monde. Certaines substances sont réglementées, d’autres ont été interdites, les bonnes pratiques de fabrication (standard qualité ISO 22716) concernant toute la chaîne de production de la matière première aux déchets et les modes d’expédition sont fixées. Et tout produit vendu dans un canal officiel au sein de l’UE, que ce soit un point de vente physique ou virtuel, se doit de la respecter.
  2. Soutenir l’économie locale et s’assurer de conditions de travail respectueuses des salariés. En France, un salaire minimum est assuré avec un temps de travail décompté, une mutuelle dorénavant obligatoire pour chaque salarié, une médecine du travail, etc.
  3. Réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports (en évitant qu’un produit fasse trois fois le tour de la planète avant d’arriver sur ses étagères). 

Le marquage « Made in France » n’est pas une garantie à 100 %

CF.fabrique en france - WE ARE CLEAN

Le marquage de l’origine d’un produit non-alimentaire est facultatif en Europe.  Mais dès lors que la mention « Made in France » ou « Fabriqué en France » apparaît sur un produit cosmétique, ses fabricants doivent se conformer aux règles d’origine non-préférentielle adoptées à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et aux dispositions européennes applicables. Celles-ci permettent d’établir la nationalité d’un produit, quand des facteurs de production d’origines diverses interviennent au niveau de sa composition, de ses matières premières ou de ses étapes de fabrication. Ces règles et dispositions obligent, entre autres, à ce que la dernière étape d’assemblage, ou son ultime transformation substantielle ait été réalisée sur le territoire français. 

En résumé, la mention « Made in France » ne garantit pas que les ingrédients proviennent de France, mais qu’au moins une des étapes déterminantes de sa conception a été réalisée dans l’Hexagone.
Le label Origine France Garantie, par exemple, oblige à une fabrication à hauteur de 83 % en France.

Le casse-tête des matières premières

Karité d’Afrique, Argan Marocain, Aloe Vera Mexicain, Ylang Comorien, Rose Turque ou Bergamote de Calabre… pour ne citer que des ingrédients d’origine végétale. Pas évident de formuler un cosmétique – et plus encore un parfum – avec uniquement des ingrédients sourcés sur le sol français. De même pour les packagings (pompes, tubes, etc.), qui peuvent être fabriqués à l’étranger, et pas forcément en Asie du Sud-est.

Une partie des matières premières est donc importée en France, mais une fois sur le territoire, les entreprises sont désormais vigilantes sur le fait que les étapes de transformation jusqu’au produit fini se fassent dans un espace limité.

Le cosmétique local, en vogue

Depuis quelques années, on voit fleurir des « marques locales » qui non seulement mettent en valeur une matière première de leur territoire, mais assurent une fabrication globale dans un rayon d’une centaine de kilomètres autour de leur base. La plupart choisissent de se centrer sur un ingrédient phare qu’elles cultivent elles-mêmes ou qu’elles recueillent auprès de petits producteurs régionaux en leur assurant un revenu. Un « circuit court » ou « locavore » de la cosmétique adopté par Graine de Pastel dans la région de Toulouse, Océopin autour du Cap-Ferret, Pulpe de Vie en région PACA, La Chênaie ou Vinésime en Bourgogne…

Les grands groupes s’y mettent aujourd’hui : pour le bleuet utilisé par Klorane dans une de ses lignes phare, 48 km séparent le lieu de culture de la plante des deux usines fabriquant les produits, autour de Castres et Toulouse. Yves Rocher possède à La Gacilly, son fief breton où sont situées ses usines, un « jardin » où sont cultivées l’essentiel de ses plantes, et vient d’y relocaliser la production de ses Eaux florales, auparavant manufacturées dans le Sud de la France ! Et L’Oréal possède deux marques « locales » : Sanoflore ancrée dans le Vercors et La Provençale à base d’huile d’olives AOP. 

Ce Made in France peut s’exporter hors de l’Hexagone puisque certaines marques nationales vendent dans toute la France et parfois dans de nombreux autres pays.

Et le Clean dans tout ça ?

Acheter Clean, ce n’est pas nécessairement acheter « Made in France » puisque de nombreuses marques de Clean beauty étrangères existent.

Ce qu’il faut garder en tête c’est qu’en achetant français, on se garantit traçabilité, éthique salariale et dans une grande mesure, réduction de l’empreinte carbone par les transports. Côté formulation, certaines marques cosmétiques françaises sont en train de « cleaner » leurs produits en enlevant les substances controversées, et repensent leurs emballages pour que ceux-ci soient les plus éco-responsables possible.

En conclusion, lorsque vous achetez un produit « made in France », celui-ci n’est pas nécessairement clean, loin de là. Mais c’est déjà bien de raisonner local dans tous vos actes de consommation, qu’il s’agisse de beauté, d’alimentation ou de prêt-à-porter.

L’idéal, vous aurez compris, étant de privilégier les marques clean ET made in France.

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La Slow Cosmétique®, c’est quoi ?

Lorsque l’on pense beauté « clean », la réassurance qu’offre un label garantissant des cosmétiques propres est une évidence. Seulement, en l‘absence de définition officielle, aucun label de clean beauty n’existe ! Il est alors assez malin de se tourner vers des associations qui offrent les garanties d’une beauté dénuée de polluants, éthique et bien plus, comme le proposent les labels bio et celui de la Slow Cosmétique®. Voyons plus en détail ce mode de consommation de la Clean Beauty.

L’association Slow Cosmétique®, qu’est-ce que c’est ?

La Slow Cosmétique® est une démarche écologique et éthique, fondée sur une volonté commune de promouvoir un mode de consommation naturel, sain et raisonnable de la cosmétique. Une façon de consommer la beauté autrement. C’est une association militante et internationale, fondée en 2012 par Julien Kaibeck. 250 marques portent actuellement le label Slow Cosmétique, dont 216 en France.

L’unicité de la Mention Slow Cosmétique

C’est le seul label cosmétique qui s’intéresse à la fois aux formules et au modèle d’entreprise d’une marque (allégations, fabrication et structure du capital comprises). Ce label examine les marques dans leur globalité, sur la base de plus de 60 critères induits par la Charte Slow Cosmétique®. Outre leurs formules clean, ces marques pratiquent une cosmétique “intelligente” et “raisonnable”.

En quoi le label Slow Cosmétique® est-il garant d’une beauté clean ?

CB-Slow-Cosmétique-label - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

La Charte du label Slow Cosmétique® est conçue autour de quatre piliers (une cosmétique écologique, intelligente, saine et raisonnable), dont deux sont très proches des labels bio. En priorité : aucun ingrédient toxique ou polluant n’est toléré. Si un doute existe sur la toxicité pour l’homme ou l’environnement, la Slow Cosmétique® applique le principe de précaution en évitant ces ingrédients.

Du point de vue sanitaire et écologique, les garanties entre les labels bio et le label Slow Cosmétique sont globalement les mêmes (exception faite pour les tensioactifs SCI – sodium cocoyl isethionate – non acceptés en bio et tolérés par la Charte Slow Cosmétique® à titre exceptionnel pour la formulation des cosmétiques solides), car ils contribuent à sensibiliser le public à l’approche zéro déchet en cosmétique. S’ils s’avéraient polluants une fois rincés, ils seraient interdits.

Photo : Slow Cosmétique

Une cosmétique écologique

Ce premier pilier de la Charte Slow Cosmétique® indique que les marques retenues doivent formuler dans le respect de l’environnement. Exit les ingrédients inertes, inactifs ou inutilement transformés : ils doivent être naturels et biologiques, avec la plus faible transformation possible dans les formules. Bien entendu, sont exclus les ingrédients issus de la chimie de synthèse, de la pétrochimie, de l’exploitation animale, ainsi que tout ingrédient potentiellement polluant pour l’environnement (alors que les labels biologiques autorisent 5% d’ingrédients issus de la pétrochimie).

Clean aussi, parce que circuits courts

Item renforcé par l’effet Covid, il est avéré que les consommateurs veulent plus de local, d’humain, de circuits courts, d’éthique, en un mot, de sens ! Cela tombe bien pour la Slow Cosmétique® qui prône déjà tout cela depuis neuf ans. Pour être labellisées, les marques cosmétiques doivent s’efforcer de minimiser leur impact écologique dans toutes les sphères de leur conception et de leur utilisation. Les cycles courts, les échanges au niveau local et le zéro déchet doivent être privilégiés. Ce sont d’ailleurs des catégories que les applications de décryptage ne lisent pas (encore) car elles n’envisagent pas le produit et la marque dans leur globalité : Qui fabrique ? (Quel sous-traitant ?) Comment ? Quelle est l’origine des matières premières ? Quel est le rapport qualité-prix ? etc.

Une cosmétique clean et raisonnable

Cosmétique-clean-et-raisonnable- WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Cette notion est la grande oubliée des labels et des garanties clean. Et pour cause, elle remet trop en question le modèle marketing existant et dominant. Seule la Charte Slow Cosmétique® le mentionne : la cosmétique ne doit pas formuler de fausses promesses ! ” La cosmétique ne doit pas créer de nouveaux besoins pour la peau. Limiter le nombre de produits et de gestes nécessaires au maintien en bonne santé de la peau est fondamental pour éviter les pièges du marketing”. La Slow Cosmétique® interdit le greenwashing, la manipulation, et toute forme de retouche ou de dissimulation visant à tromper les consommateurs… « Une entreprise qui met en avant des extraits de plantes dans sa publicité mais qui formule en conventionnel, ce n’est pas slow ». D’où le fait que l’on trouve beaucoup de marques artisanales dans ce label, qui font un travail authentique et avec cœur. Elles promeuvent les savoir-faire ancestraux et traditionnels dans le respect de l’éthique, ce qui est tout à fait recherché par les consommateurs actuels. Et ce qui est moins vu : dans son élaboration, la Slow Cosmétique® veille à l’amélioration du niveau de vie de tous les acteurs de la chaîne de production. Comme en commerce équitable : elle se vend et s’achète à un prix juste, qui reflète la qualité réelle de sa formulation ou de son service.

En résumé, la Slow Cosmétique® est une cosmétique clean qui par ailleurs invite à consommer moins mais mieux, tout en incitant à entrer en contact direct avec la nature, sans chercher à recréer celle-ci de façon artificielle. Elle apporte des garanties précieuses sur la démarche humaine, artisanale et raisonnable de la marque (rapport qualité-prix juste, contrôle familial, circuit court, action vers le zéro déchet…).

Pour aller plus loin :

Dico de la Clean Beauty - CLEAN BEAUTY - WE ARE CLEAN Image

Clean, naturelle, bio, slow, zéro déchet, vegan, green, cruelty free, blue beauty? Comment choisir ?

Clean, slow, vegan, blue, green, zéro déchet, naturelle ou encore bio… La beauté clean « nouvelle génération » semble très prometteuse, mais encore faut-il comprendre ce qui se cache derrière chacune des versions de cette Clean Beauty qui nous veut du bien. 

Entre les produits qui sentent divinement bon mais qui sont truffés de plastique, et ceux qui font moins de mal à la planète mais pas forcément de bien à la peau, pas facile de s’y retrouver. Décryptage de toutes les appellations pour faire les bons choix pour soi.

Clean beauty

Le terme clean beauty, ou « beauté propre » en français, regroupe tous les aspects qui entrent en jeu dans la conception du produit. Il faut que celui-ci soit vertueux, c’est-à-dire éthique et respectueux de la nature côté fabrication, mais aussi du consommateur côté formule. Chaque aspect de son cycle de vie est important : le sourcing des ingrédients, la fabrication de la formule, l’éco-conception du packaging et sa dégradabilité, le respect des hommes et des femmes employés à la fabrication du produit, ainsi que l’innocuité de la formule sur la nature et pour la peau, donc dénuée d’ingrédients non-biodégradables ou potentiellement néfastes. Nul besoin de label (il n’en n’existe pas pour l’instant), il faut « juste » que le produit soit clean et vertueux. Ce qui se révèle assez complexe. Pas évident de trouver des produits « parfaitement clean » mais face à la demande croissante des consommateurs, de nombreuses marques travaillent pour atteindre cette perfection.

Beauté naturelle

beauté naturelle WE ARE CLEAN Clean Beauty

Voici deux mots dont il faut se méfier. En effet, on parle de beauté naturelle quand il s’agit de produits bio (puisqu’ils sont vraiment naturels) mais aussi de formules sans aucune qualification précise. Entre « ingrédients naturels » ou « ingrédients d’origine naturelle » ou encore « formule naturelle » … Comment bien comprendre ? Un ingrédient naturel, c’est un ingrédient qui vient de la nature (et non-issu de la chimie) : l’eau, les minéraux, les végétaux. Mais ces derniers peuvent être traités pour en extraire un actif. Ils sont alors transformés, physiquement ou chimiquement, et sont surnommés alors « d’origine naturelle ». Le processus de transformation n’est pas forcément néfaste. Par exemple, la macération, l’extraction, le broyage ou la fermentation conservent les bienfaits de l’ingrédient naturel. Une formule peut donc à la fois contenir des ingrédients naturels, d’origine naturelle et le revendiquer, jusqu’à 95 % comme c’est souvent le cas. Mais la même formule peut aussi contenir des ingrédients controversés. Tout comme la formule d’un produit peut être chimique, mais avec quelques ingrédients bio qui seront mis en avant. Regarder la composition du produit est indispensable dans ce cas.

Beauté bio

Plus facile à définir, la cosmétique bio est normée par des chartes et des labels. Pour bénéficier d’un label bio, la composition du produit doit répondre à un cahier des charges qui indique la part d’ingrédients bio, naturels ou d’origine naturelle (qui diffère selon les labels) et qui assure le respect de valeurs éthiques et éco-responsables. Les produits sont contrôlés par des organismes accrédités pour vérifier leur conformité. Une longue liste d’ingrédients dits « controversés » sont bannis des formules, ce qui garantit une uniformité au sein du même label, même si les produits sont de marques différentes. Par exemple, les PEG (PolyEthylene Glycol), des dérivés de pétrole peu biodégradables, obtenus par un procédé polluant et irritants pour la peau, sont bannis. On évite ainsi des dégâts pour la planète et pour l’homme. Pour autant, les produits bio peuvent poser problème notamment lorsqu’ils contiennent des huiles essentielles (risques de photosensibilisation ou allergies). Par ailleurs, les conservateurs autorisés dans les produits de beauté bio peuvent se révéler moins efficaces et limiter ainsi la durée de vie des formules. Outre la formule, l’emballage des produits bio n’est pas toujours clean. Enfin, le bio produit à très grande échelle pour les grandes surfaces peut présenter des failles écologiques, compte tenu des quantités d’actifs nécessaires à la fabrication.

Beauté zéro déchet

Beauté-zéro-déchet - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Ici, ce que l’on évalue, c’est l’emballage. Celui-ci est en général éco-conçu en amont, et biodégradable en aval pour que le consommateur ne crée aucun déchet. Packaging en carton et papier, encres végétales, pots en alu et verre, boîtes réutilisables ou rechargeables… Le premier matériau évincé de l’équation est le vilain plastique ! Heureusement, car sa fabrication est extrêmement polluante et, en plus, il n’est pas recyclable à l’infini. Autre avantage de la beauté zéro déchet : certains produits sont conçus pour être durables et non jetables, pour ne pas devenir un déchet comme le coton tige ou les cotons à démaquiller. Tout bénef pour la planète, cet engagement va en général de pair avec des formules clean et des gestes de beauté écologiques comme l’utilisation de produits dans leur version solide (pastilles de dentifrice, savon, shampoing), ou de produits multi usages. Une autre version de cette tendance vise à proposer des emballages rechargeables (au lieu de jetables). Dans certains cas, ils sont en plastique. On déplore alors leur première production, même si par la suite on économise beaucoup de flacons.

Slow beauty et slow cosmétique

La slow beauty, appellation particulière, est une tendance de société qui consiste à ritualiser nos routines de soin, à les alléger et à accepter l’avancée en âge avec bienveillance. C’est à la fois une tendance, et le nom de l’association slow cosmétique qui l’a fait naître, mais aussi la mention qu’elle attribue à certaines marques pour reconnaître leurs efforts dans leur engagement social et environnemental. Il s’agit globalement de marques qui œuvrent à proposer des produits simples, écologiques et respectueux des hommes et de la nature, de manière non normée. Finalement, la slow cosmétique, c’est une façon de vivre sa beauté moins artificiellement, à tous les niveaux, en choisissant des produits qui nous font du bien, sans faire de mal à la planète.

Slow beauty et cosmétique - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Beauté vegan

Aujourd’hui, de nombreux ingrédients utilisés dans la cosmétique conventionnelle sont encore d’origine animale. Un cosmétique dit « vegan » est un produit de beauté qui suit le principe du véganisme : aucun ingrédient d’origine animale n’est utilisé pour sa fabrication, et il n’est pas testé sur les animaux. Les composants incriminés le plus souvent sont la glycérine issue de graisse animale, le miel des abeilles, le lait, le squalane extrait du foie de requin, la lanoline issue de la laine de mouton (autorisée en bio d’ailleurs) ou encore du collagène provenant des carcasses de porc d’abattoir. L’origine qui bien sûr n’apparaît pas dans la liste INCI des ingrédients est difficile à identifier. Ces ingrédients ont pour la plupart des alternatives végétales, mais qui sont souvent plus chères. Donc, quand rien n’est précisé, on peut malheureusement penser à l’option animale. Attention à certaines appellations trompeuses : « Castor oïl » par exemple n’a rien à voir avec les castors, mais indique de l’huile végétale de ricin en français ! À noter : le carmin, un pigment rouge issu de cochenilles broyées, utilisé dans la plupart des rouges à lèvres, reste encore difficile à remplacer. Les marques qui se lancent dans la beauté vegan peuvent utiliser une dizaine de labels comme celui de la PETA ou de la Vegan Society. En revanche, la formule peut être chimique à souhait ou produire des manières polluantes, car les labels ne prennent pas en compte ces critères.

Cruelty free

Cette appellation ne porte que sur l’absence de tests sur les animaux. Pourtant depuis 2013, une loi interdit de vendre des cosmétiques testés sur les animaux en Europe, à l’exception des produits importés. Une loi qui s’est étendue en 2016 à tous les marchés européens. Ainsi, écrire « non testé sur les animaux » sur un cosmétique est trompeur puisqu’il ne s’agit pas d’un engagement de la part de la marque, mais du simple respect de la loi.

En revanche, certains ingrédients qui ne relèvent pas (ou pas que) de la cosmétique peuvent avoir été testés sur l’animal et se retrouver dans une formule. Aujourd’hui, aucun label ne peut garantir à 100 % qu’aucun ingrédient n’a été testé sur l’animal. Par ailleurs, la formule peut contenir des ingrédients d’origine animale sans avoir été elle-même testée sur les animaux… L’appellation cruelty free peut être trompeuse.

Par ailleurs, à l’inverse, une marque qui souhaitait commercialiser ses cosmétiques en Chine était obligée de tester ses formules sur des animaux ! Une marque internationale pouvait donc être « cruelty free » en Europe, mais pas en Chine. Désormais, en 2021, la Chine renonce à cette obligation au profit d’un certificat de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et d’une évaluation concernant la fabrication.

Green beauty ou cosmétique verte

Ce sont des appellations peu précises qui servent plutôt à caractériser une tendance globale qu’une catégorie précise de produits. Elles sont utilisées pour déterminer les différentes familles de produits naturels ou écologiques. Green beauty, qui se réfère surtout à l’image de la marque, permet aux services marketing de situer cette dernière sur l’échiquier du marché global des cosmétiques. On entend derrière « green beauty » de la naturalité bien sûr, mais aussi de la transparence, des valeurs et un engagement de la marque, mais il n’y a pas de label. Et elle peut donc signifier tout, n’importe quoi, y compris le greenwashing. À partir de quel moment une marque serait-elle green ? Parce qu’elle dispose d’éco recharges, même si celles-ci sont en plastique ? Parce que quelques ingrédients sont bio au milieu d’une formule pétrochimique ? On pourrait dire qu’une marque est green dès qu’elle engage une action écologique, ce qui est très louable, mais ne reflète pas ses engagements au niveau de la formule, ni de la pollution.

Blue beauty

Dernière tendance en date, la blue beauty pourrait être la prochaine grande vague à toucher l’industrie cosmétique. Elle est l’évolution de la clean beauty vers une position active de l’écologie à travers les cosmétiques. La blue beauty ne se contentera pas d’être clean, safe, non-toxique et écolo de A à Z avec faible empreinte carbone, elle devra aussi participer à préserver la nature, océans compris, dans l’optique de rendre à l’eau ce que l’eau nous apporte de précieux. Pour devenir bleue, la cosmétique se rapproche de tout ce qui est aquatique, depuis les ingrédients jusqu’aux actions et décisions qui participent à la sauvegarde de la santé de la planète, en particulier les fonds marins avec la réduction des déchets (emballages réduits et réutilisables et/ou biodégradables) et des formules sans danger pour les espèces marines. Lutter contre la pollution marine au niveau des formules et des packs implique la chasse au plastique (ramassages de déchets sur les plages par exemple), l’élaboration de formules à base de micro-algues d’élevage, la conception de packagings végétaux biodégradables, le projet d’une économie locale circulaire valorisant le savoir-faire en toute transparence… Avec un tel programme, la blue beauty a de beaux jours devant elle.

Quand on voit la profusion d’appellations et de tendances qui se revendiquent dans la mouvance du durable, du responsable et de l’éthique, l’alliance beauté et écologie est évidente et incontournable. On espère que cette volonté de transparence, de droiture, de sécurité et de pratiques vertueuses de la part de l’industrie cosmétique inspire d’autres industries !

Histoire-clean-beauty - CLEAN BEAUTY - WE ARE CLEAN Image

Comment la Clean Beauty est-elle née ? 30 ans d'histoire

Entre le « tout-chimie » des années 1980/90 et la demande de naturalité actuelle, à peine 30 ans se sont écoulés. Comment en sommes-nous arrivés là ? Découvrez l’histoire de la montée en puissance la Green Beauty -devenue Clean Beauty– née de mouvements sociétaux de fond et de crises amplificatrices. Le XXe siècle a vu l’industrialisation de la cosmétique. Les sciences (physique, chimie, médecine, biologie moléculaire…) ont permis à la fois de mieux investiguer la peau, de créer des molécules actives toujours plus performantes et de prouver les effets de celles-ci sur l’épiderme. Quitte à surprendre parfois les consommatrices ou à engendrer des doutes, provoquant ce long mouvement de balancier qui nous amène aujourd’hui à la Clean Beauty. 

Il faut rappeler en préambule que depuis les années 70-80, l’Europe et la France se sont dotées d’une des réglementations les plus drastiques au Monde, après la tragique affaire du Talc Morhange. Si certains se souviennent de cet épisode, un petit rappel pour les autres : en 1972, une erreur de manipulation amène une surdose d’un bactéricide puissant dans un talc pour bébés (le talc Morhange) entraînant la mort de 36 nourrissons et l’intoxication de 168 autres. 

Cet événement fera naître la Loi française de 1975 et la Directive Européenne de 1978, faisant de l’Europe le fer de lance de la réglementation et de la régulation en matière cosmétique. A l’époque cependant, la chimie est reine et symbole de progrès, quand le naturel est relégué au rang de « baba cool ». 

Il faudra vingt ans pour que celui-ci quitte son image « Larzac et pattes d’éph » et que la « green beauty » des années 2000 puisse amorcer sa révolution. Puis pour laisser la beauté « propre » prendre le relais dès les années 2010, tendance amplifiée par la crise sanitaire actuelle.

Années 90 : Science, Technicité et Performance

Science, Technicité et Performance WE ARE CLEAN CLEAN BEAUTY

Il faut se rappeler l’ambiance et la mode des années 90 pour mieux comprendre en quoi la cosmétique en est le reflet : c’est l’époque des créateurs italiens exubérants -Gianni Versace, Dolce&Gabbana -, les belles années de Jean-Paul Gaultier, du porno-chic de Tom Ford chez Gucci. Mais aussi celle des marques japonaises et de leur épure : Issey Miyake, Yohji Yamamoto, Comme des Garçons.

La science et la technicité culminent 

  • Avec des actifs technologiques

En cosmétique, les marques japonaises High Tech fondées sur la recherche médicale, font une percée remarquée : Shiseido (qui apporte son acide hyaluronique), Shu Uemura et son art du démaquillage, Kanebo, etc.

Leur art de la sophistication et leurs propositions de routines, où les produits se multiplient, influencent la cosmétique française. Tout comme les débuts de la médecine esthétique. A cette époque apparaissent les liposomes (chez Dior), les céramides, les acides de fruits (AHA), les actifs aux noms barbares (qui se souvient du Boswelox ?), et l’on commence à parler des antioxydants. Le rétinol triomphe chez Roc qui promet « 10 ans de moins en 10 minutes ! ». La Prairie fait découvrir le caviar comme actif dans des soins à des prix défiant la gravité.

  • Et le début des preuves cliniques

Les tests sur les animaux sont interdits en Europe depuis 1979, mais c’est l’essor des tests en laboratoire – in vitro, in vivo -, des études cliniques instrumentalisées pour mesurer l’hydratation, la profondeur des rides, et des cultures de peau reconstituée pour évaluer l’efficacité des actifs.

Le naturel pointe, sans être encadré

En France, certaines marques affirment que les plantes sont aussi performantes que la chimie et peuvent fournir des actifs de pointe. C’est le cas de marques comme Clarins, Yves Rocher, Klorane, L’Occitane, Le Petit Marseillais. Elles y ont d’ailleurs un succès croissant dans des pays culturellement tournés vers le naturel, comme l’Allemagne ou les pays scandinaves. D’autres marques, anglaises ou américaines, ont aussi fondé leur image sur la nature : The Body Shop, Origins…

Mais les plantes se retrouvent dans des compositions encore loin d’être 100 % naturelles. Et pour certains, plus puristes, cette tendance s’apparente à du greenwashing.

Le tournant des années 2000 en Europe et l’impact du Bio

Le naturel va percer de manière aussi fracassante qu’inattendue dans les années 2000, avec deux événements majeurs.

la création de la Charte Cosmebio en 2002 

C’est en réaction à ce qu’ils dénoncent comme du « greenwashing » que dix laboratoires, pionniers du bio en France depuis les années 70 (dont Sanoflore, Phyt’s, Melvita), créent l’événement avec leur charte du bio, le premier cahier des charges et le label bio associés. Certes, il existe en Allemagne une association des producteurs de cosmétiques naturels depuis les années 50 (BDIH), mais rien d’aussi précis. Cosmebio définit des pourcentages de naturalité et de bio obligatoires dans les produits finis et bannit certaines substances : conservateurs, colorants et parfums chimiques, etc. Ces pionniers créent la surprise et suscitent une prise de conscience de la part des consommateurs et des distributeurs. 

A partir de là, le bio, s’il reste une niche, sort de son ghetto. Les marques se multiplient, et trouvent de nouveaux canaux de distribution : spécialisés comme Mademoiselle Bio ou Naturalia, ou des corners dédiés dans la grande distribution. À tel point que certaines marques vont être rachetées par des grands groupes : Sanoflore par L’Oréal en 2006, Melvita par L’Occitane en 2008. Et ce n’est qu’un début.

L’émission d’Envoyé Spécial sur les parabens en 2005

Le 3 mars 2005, le magazine Envoyé spécial diffuse un reportage sur France 2 qui fait l’effet d’une bombe. Celui-ci reprend sans la nuancer l’étude de Philipa Darbre, de l’Université de Reading, publiée en janvier 2004 dans le Journal of Applied Toxicology, dont les conclusions associent parabens, déodorants, et cancer du sein (étude par la suite désavouée et controversée). Dans le reportage, certains produits français sont ciblés, et opposés au bio Allemand, et même à des marques pas plus naturelles à l’époque, mais sans parabens. Avec l’essor des premiers réseaux sociaux, c’est le déchaînement sur les blogs et les forums. Des femmes jettent l’intégralité de leurs placards de salle de bains, d’autres rapportent les produits en magasin et les déversent sur les comptoirs avec fracas. Les parabens sont condamnés. 

Un mois plus tard, Greenpeace publie son premier rapport Cosmetox, dans lequel il incrimine nombre de substances chimiques, ciblant particulièrement l’industrie cosmétique jugée -déjà - « non-essentielle ». D’autres polémiques s’ensuivent sur les silicones, les phtalates, le phénoxyéthanol, etc. Rappelons qu’à date tous ces ingrédients sont autorisés et considérés comme non dangereux pour la santé humaine par la réglementation européenne. Il n’empêche que le ver est dans le fruit.

Les débuts de la Green et de la Clean Beauty

Green et Clean Beauty WE ARE CLEAN CLEAN BEAUTY

Ces controverses, alimentées par les acteurs du bio et par des associations de consommateurs et leurs organes de presse, sont plus ou moins bien comprises et relayées par les médias. Ce phénomène va bousculer la cosmétique conventionnelle. Certaines marques agiles et opportunistes s’engouffrent dans la brèche et reformulent dans l’urgence (avec parfois quelques ratés au démarrage), ou surfent sur le « sans, sans, sans ». Les grands groupes mettent plus de temps à réagir, car il n’est pas aisé d’abandonner des conservateurs utilisés depuis plus de 30 ans en toute sécurité. Leur remplacement, assuré pendant un temps par les fameuses MIT (Methylisothiazolinone), à l’origine de réactions allergiques et d’irritation, l’a prouvé.

La volonté de formuler différemment émerge, sous la pression des consommateurs, mais les choses avancent lentement. On manque de matières premières substitutives, car il faut des années pour créer de nouveaux ingrédients. Les cosmétiques bio manquent encore de sensorialité. Le Green émerge et semble un temps gagner la partie, avec le succès de marques mettant le végétal à l’honneur (L’Occitane, Nuxe).

Quant au Clean, il est encore assez austère et lié à des formules minimalistes. On peut ainsi citer la cosmétique stérile, qui permet de se passer totalement de conservateurs, mais ne s’adresse qu’aux peaux sensibles. Par ailleurs, si certains groupes ont depuis leur origine intégré le commerce équitable et solidaire dans leurs valeurs, la majorité se concentre sur le « nettoyage » des compositions.

2010 : la révolte US

Encore une fois, il aura fallu que les Américaines se détournent de leurs marques conventionnelles et de leurs habitudes pour que le mouvement devienne quasi planétaire.

Une réglementation quasi-inexistante

Il n’existe pratiquement pas de cadre réglementaire global aux États-Unis, pays fédéral et hostile à la réglementation. La FDA (Food & Drug Administration) interdit seulement 9 substances cosmétiques, contre 1383 en France et Europe. Six projets de Cosmetic Act ont été présentés sans qu’aucun ne soit adopté. C’est en opposition à cette absence de réglementation et pour contrer les mastodontes du secteur qu’a émergé d’abord la tendance Organics (Bio), puis le courant « Clean » qui s’amorce dans les années 2000 et prend vraiment son essor à partir de 2010.

La vague du Healthy Living

Parallèlement, un mouvement global émerge dans les années 2010. Après avoir été des working girls exemplaires, les Américaines deviennent les reines de la détox et du « healthy way of life » : on mange healthy, on vit healthy, on se soigne healthy, on veut du healthy skincare. Les papesses de ce mode de vie ultra sain créent des marques de vêtements de yoga, de jus détox, de compléments alimentaires et « des cosmétiques qu’elles ne trouvent pas dans les rayons ». Ainsi, après le succès début 2000 des Doctor Brands, marques hyper-efficaces fondées par des médecins (Dr Brandt, Dr Murad, Dr Perricone), c’est l’essor des Indie brands indépendantes, créatives et digital natives, mais aussi engagées, transparentes, bio ou vegan. Et ces trublions arrivent en Europe par effet boomerang, ce qui explique l’engouement pour des marques comme Tata Harper, Glossier, ou Drunk Elephant.

Vers la Clean Beauty avec l’impact de la RSE

Ne vous y trompez pas, les marques ne sont pas devenues vertueuses seulement par conviction profonde. Il a fallu que la pression arrive à plusieurs niveaux pour que le Clean devienne une norme.

L’obligation RSE

En France notamment, l’obligation de reporting RSE (responsabilité sociétale des entreprises) a été instaurée par l’article 116 de la loi sur les nouvelles régulations économiques (NRE) de 2001. Ne concernant à l’origine que les entreprises cotées en Bourse, elle a été largement étendue par la loi Grenelle 2 de 2011. Les entreprises concernées doivent inclure dans leur rapport annuel des informations sur les orientations et les actions menées concernant les enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux de leurs activités. Évidemment, pour pouvoir inclure un tel appendice à son rapport financier annuel, il faut avoir amorcé de réelles initiatives. De fait, la RSE influe sur la « marque employeur » et l’image de l’entreprise. 

Des consommateurs et des candidats acteurs de la RSE

La prise de conscience des enjeux environnementaux et sociétaux est réelle depuis 10 ans. Plus un candidat sorti de Grande École (commerce, ingénieur…) qui ne pose de questions sur les engagements et valeurs d’une entreprise lors d’un entretien d’embauche et n’en fasse un de ses critères d’arbitrage. Pour attirer de jeunes diplômés de valeur, les entreprises – cosmétiques entre autres – se doivent de rester attractives et donc devenir exemplaires.

Quant aux consommateurs, de plus en plus informés, experts et suspicieux, ils sont devenus très regardants non seulement sur la composition d’un produit, mais aussi sur de nouveaux critères : éthique, équité, inclusivité, écologie, cruauté animale et donc responsabilité globale sur tout le cycle de vie du produit. Ils sont prêts à de nouveaux arbitrages, à abandonner voire boycotter de grandes marques qui ne se seraient pas engagées dans ces nouvelles voies vertueuses. Et la crise sanitaire liée au Covid-19 accélère et amplifie ces exigences. Les grands groupes comme L’Oréal, Yves Rocher, Unilever ou Shiseido l’ont désormais compris. La Clean Révolution est en marche.

La demande actuelle de Clean beauty ne doit pas être vue comme un rejet de la science, ni même de la chimie, mais comme la mise au service d’une plus grande transparence et d’une meilleure expertise du naturel. A la différence des marques estampillées Bio, les marques Clean peuvent allier naturel et biotechnologie. La tendance s’étend aussi à la beauté holistique, intégrative, alliant In et Out (topiques et compléments alimentaires).

Quelles voies pour l’avenir de la Clean Beauty ? Après avoir exploré le monde botanique, il est probable que la biotechnologie marine apporte de nouveaux actifs innovants. Vers la Blue Beauty ?

perturbateurs endocriniens - CLEAN BEAUTY - WE ARE CLEAN Image

Les perturbateurs endocriniens sont-ils si dangereux ? 

Régulièrement, magazines, émissions de radio, de télévision et certains blogs sèment le discrédit sur les perturbateurs endocriniens suscitant un phénomène de peur. Qu’en est-il réellement ? 

« Des traces de dizaines de perturbateurs endocriniens dans les cheveux d’enfants de 10 à 15 ans », « Les risques que vous prenez en vous maquillant », « Quand ma crème me donne le cancer » … Autant de titres qui font froid dans le dos et pointent du doigt les cosmétiques de façon catégorique. Pourtant, le problème des perturbateurs endocriniens est plus subtil et nettement plus complexe.

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Selon la définition de l’OMS reprise par la Commission Européenne : ”Un perturbateur endocrinien est une substance ou un mélange exogène altérant les fonctions du système endocrinien et induisant des effets néfastes sur la santé d’un organisme intact, de ses descendants ou (sous-)populations.”

Ce sont des molécules étrangères à l’organisme, d’origine synthétique (produits issus de l’industrie chimique) ou naturelle (hormones et phyto oestrogène).

Quels sont leurs effets ?

Omniprésents dans la vie quotidienne, ils agissent en imitant et en modifiant le métabolisme des hormones naturelles. Les organismes peuvent ainsi être exposés par de multiples voies (ingestion, inhalation, contact cutané) à des doses infimes de plusieurs composés, dont les effets variés pourraient se combiner. Les perturbateurs endocriniens (PE) sont suspectés d’induire des pathologies telles que l’obésité, le diabète ou l’autisme, des troubles de la fertilité (possiblement sur plusieurs générations) telles que la détérioration de la qualité du sperme chez les garçons ou à l’inverse une puberté précoce chez les filles, ou encore des cancers hormono-dépendants (sein, utérus, prostate, testicules). On retrouverait des perturbateurs endocriniens dans les pesticides, mais aussi dans les produits ménagers, les meubles, les vêtements et les cosmétiques.

L’effet dose et l’effet cocktail

Traditionnellement, les effets nocifs des substances chimiques sont décrits dans les études de toxicologie comme proportionnels à la dose testée. 

Pas d’effet dose habituel

Normalement, une faible dose ne produit pas d’effet, une dose moyenne provoque de faibles effets toxiques et une dose élevée induit des effets plus prononcés ou plus dangereux. Dans le cas des PE, des toxicologues ont remarqué que certaines de ces substances chimiques peuvent avoir des effets plus importants (voire opposés) à faible dose, que ceux observés à fortes doses.

Mais un effet cocktail

Selon l’OMS, l’homme est exposé quotidiennement à un grand nombre de perturbateurs endocriniens différents, issus de différents produits : packagings de l’alimentation, bouteilles en plastique, produits d’entretien, peintures, lingettes pour bébés, produits cosmétiques. Si chacun d’entre eux peut présenter des effets néfastes pour l’organisme, c’est surtout l’effet cocktail lié à leurs interactions qui inquiète les scientifiques. Et c’est le mélange de ces molécules dans l’organisme qui a des effets encore inconnus.

Beaucoup de suspects, mais aucun avéré coupable

Dans les cosmétiques, la liste des perturbateurs endocriniens supposés varie. Aucune base de données n’est vraiment fiable. 

Les fameux suspects

Si l’on veut être exhaustif, voici la liste des PE :

  • Des filtres solaires chimiques : avobenzone, ethylhexyl methoxycinnamate, benzophénone-1 et -3, oxybenzone, octocrylène, octinoxate, 4-methylbenzylidene camphor (4-MBC)
  • Des antioxydants : BHA ET BHT
  • Des silicones volatiles : cyclopentasiloxane, d’autres ayant déjà été interdits
  • Des conservateurs : butylparaben, propylparaben, methylparaben et ethylparaben (5 parabènes ont été interdits par le règlement n°1004/2014.)
  • Mais aussi : l’acide salicylique, le diethyl phtalate, l’EDTA, les PEG, le Resorcinol des colorations capillaires, les sels d’aluminium des déodorants, le triclosan antibactérien (très peu présent depuis quelques années)

Des études souvent contradictoires

Le problème est que les scientifiques eux-mêmes ne parviennent pas à se mettre d’accord sur ces substances. Pour chacune, on trouve autant d’études qui les dédouanent que d’autres qui les accusent. Et au final, aucune étude ne prouve, ni n’affirme de façon claire les dangers de ces molécules. 

Une Réglementation Cosmétique en constante évolution

Le règlement REACH et les PE

En France, les cosmétiques sont régis par la Réglementation européenne (Règlement (CE) N° 1223/2009 du Conseil européen et du Parlement en date du 30 novembre 2009). Mais celui-ci ne prévoit pas de dispositions spécifiques sur les PE. C’est le règlement REACH (Registrement, Évaluation et Autorisation des produits Chimiques en anglais) qui gère les préoccupations environnementales liées aux substances chimiques contenues dans les cosmétiques. 

Les perturbateurs endocriniens sont encadrés dans le règlement REACH par l’article 57 : les substances présentant des propriétés de perturbateurs endocriniens peuvent être identifiées comme SVHC (substances extrêmement préoccupantes) au même titre que d’autres catégories de substances chimiques dangereuses sont classées CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques) ou PBT (persistants, bioaccumulables et toxiques). Une substance classée SVHC ne peut plus être produite ou utilisée dans l’UE. Les perturbateurs endocriniens peuvent aussi être interdits dans certains usages, il s’agit de “restrictions.” 

Un Comité d’experts européens

Union-europeenne WE ARE CLEAN CLEAN BEAUTY

Chaque utilisation de substances est précédée d’une évaluation complète des risques. Cette évaluation est réalisée par un comité indépendant : le Comité scientifique pour la sécurité des consommateurs (CSSC). Il est composé de 17 membres indépendants, venant d’instances nationales de santé et de sécurité, de différentes nationalités (essentiellement des experts en chimie et toxicologie), sans aucun lien avec les industriels. Il peut se saisir seul s’il suspecte une substance ou le faire si un État membre le lui demande.
Le CSSC émet ainsi des avis sur les risques pour la sécurité et la santé dus à l’utilisation des produits de consommation non-alimentaires, comme c’est le cas pour les produits cosmétiques.

Des études en cours 

Régulièrement, le CSSC est saisi par la Commission européenne pour de nouvelles évaluations de substances potentiellement nocives et particulièrement suspectées de perturbations endocriniennes. 

Depuis 2019, une liste de 28 perturbateurs endocriniens potentiels a été établie pour les cosmétiques. Sont en cours d’évaluation de façon prioritaire : acide kojique, Benzophenone 1 et 3, Benzyl Salicylate, BHT, Genistein, Homosalate, Octocrylène, Propylparabène, Résorcinol, Triclosan, 4-Methylbenzylidene camphor (4-MBC).
Le 15 février 2021, y ont été ajoutés 10 substances, incluant deux parabènes (butylparaben et methylparaben), cinq filtres UV (dont benzophénone 1, octocrylène et octinoxate), le BHA et l’acide salicylique. 
Les opinions sont attendues dans les mois ou l’année à venir.

Au final, le problème des perturbateurs endocriniens est surtout celui du principe de précaution. Rien n’est pour l’instant véritablement et scientifiquement prouvé. Alors s’ils ne sont pas absolument nécessaires (la question se pose notamment pour les filtres solaires), doit-on utiliser les perturbateurs endocriniens et accepter les risques qu’ils représentent ? En attendant, on peut scanner la composition des produits avec des applis qui signalent leur présence et se tourner vers des formules plus simples et plus clean. 

Maquillage clean - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY Image

Le maquillage clean, est-ce possible ?

Si un grand ménage a largement commencé dans le soin, le maquillage fait son entrée dans le clean par le biais du vegan et du bio. Quant aux grandes marques classiques, elles rencontrent plus de difficultés à se mettre au maquillage clean.

Depuis quelques années, on voit clairement une tendance “beauté clean” s’engager pour le soin. Côté maquillage, le mouvement connaît plus d’obstacles. Et pour cause. Les résultats, les couleurs et la sensorialité sont beaucoup plus difficiles à atteindre avec des formules clean. Quant au pack, il fait souvent partie du plaisir même que procure l’objet de maquillage. Bref, l’histoire du maquillage clean n’en est qu’à ses débuts.

Des formules plus naturelles ? Pas évident

Toutes les marques sont entrées dans une phase de « nettoyage » de leurs formules à des degrés différents. Les Indies (nouvelles pousses) qui se lancent se positionnent à minima végan (ce qui ne signifie pas du tout que les formules soient clean) et font de gros efforts grâce aux ingrédients d’origine naturelle (mais un naturel transformé par la … biochimie). Les acteurs du bio revoient leurs produits pour aller vers plus de naturalité et de sensorialité, tout en poussant le curseur du côté du sourcing des ingrédients. Quant aux marques de luxe, nous verrons plus loin pourquoi elles y vont encore à petits pas.

Le vernis : pionnier et biosourcé

Vernis - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Étrangement, le plus chimique des produits de maquillage fut l’un des premiers sur lequel certaines marques se sont penchées, au moment même où le vernis était en plein boom sur le marché européen. Il y a plus de dix ans, apparaissaient d’abord les vernis 4, 5 ou même « 10-free » (dans lesquels on avait supprimé 4 à 10 composants considérés comme suspects) puis les vernis dits « biosourcés ».

Il faut d’abord rappeler les composants d’un vernis. Pour qu’il réponde à tout ce qu’on lui demande – bonne adhérence à l’ongle, jolie couvrance, brillance, longue tenue – le vernis contient des agents filmogènes, des résines, des plastifiants, des solvants et des pigments. Or, bon nombre des composants utilisés il y a encore quelques années posaient problème : le toluène, polluant et irritant ; les phtalates, dont le dibutyl phtalate (DBP), suspecté d’être un perturbateur endocrinien ; le formaldéhyde, classé cancérogène au niveau européen ; le colophane, une résine qui peut provoquer des réactions allergiques et symptômes asthmatiques.

Les marques spécialisées (OPI, Essie), bientôt suivies par toutes les autres, ont retiré les ingrédients les plus controversés, voire dangereux pour la santé : formaldéhyde, toluène et dibutylphtalate.

Puis, certaines marques, Kure Bazaar en tête, sont allées plus loin en remplaçant la pétrochimie par des ingrédients d’origine naturelle : bois, manioc, maïs, pomme de terre, coton. On en a alors déduit – abusivement – que ces vernis étaient clean, voire bio. Ils sont en fait « biosourcés » ou d’origine naturelle. Car, certes, les ingrédients sont naturels à la base, mais ils subissent des procédés de transformation, si bien qu’au final leur formule INCI est quasi identique à celle des vernis non biosourcés. Quant aux vernis bio, ce n’est pas encore la panacée. A base d’eau et sans solvant, ils n’offrent ni la même brillance, ni un grand choix de teintes.

Le remplacement des silicones et polymères, une affaire délicate

La grande révolution du maquillage moderne, depuis les années 1950, a été la naissance de la chimie organique qui a permis de larges avancées dans la composition des rouges à lèvres, mascaras et fards à paupières. Les matières premières d’origine pétrochimique ont peu à peu transformé la tenue, la sensorialité, le glissant et l’accroche des produits de maquillage : cires microcristallines, silicones (dimethicone en liste INCI) et silicones volatiles (cyclo-pentasiloxane et autres), polymères, huiles synthétiques. Elles ont permis l’élaboration de produits longue tenue, sans transfert, où le pigment accroche et fusionne avec la peau sans effet matière, sans effet desséchant, des rouges crémeux des années 80 aux laques et encres à lèvres de ces dernières années. Si bien qu’aujourd’hui, se passer de tous ces composants est une vraie gageure.

  • Dans les mascaras et rouges à lèvres, on revient aux cires, végétales principalement (candelilla, carnauba, riz, et ricin pour les mascaras) pour éviter au maximum la cire d’abeille, auxquelles on ajoute des dérivés d’huiles végétales, des polymères à base d’amidon de maïs, de pomme de terre ou de tapioca pour un bon enrobage des cils et une accroche onctueuse sur les lèvres.
  • Dans les rouges à lèvres, le beurre de karité permet la tenue du raisin (le stick) et des huiles (argan, coco, abricot) et fractions d’huiles remplacent les silicones. Le souci : les cires végétales coûtent quatre fois plus cher que les ingrédients pétrochimiques !
  • Pour ce qui est du teint, on va encore trouver des polymères mais en très faible quantité, aux côtés de silices travaillées, de dérivés d’argile, de poudres et parfois de nacres. Mais surtout, les formulateurs jouent sur les formes d’émulsion – eau dans huile, micro-dispersion de gouttelettes- et l’enrobage des pigments pour obtenir un film uniforme qui ne migre pas.
  • Dans le bio, la palette de couleurs est encore restreinte car exit les polymères, même d’origine naturelle. Les cires et fractions d’huiles sont autorisées, mais il faut jouer avec des amidons et des poudres dans les fonds de teint, des réseaux de sucres et des fibres dans les mascaras, des micas dans les fards.

Les pigments, le grand défi

Il existe deux sortes de pigments : les minéraux (à bas d’oxyde de fer, dioxyde de titane et manganèse) et les chimiques (une quinzaine autorisée) que l’on mixe pour obtenir une palette de teintes. Au cours des dernières décennies, le savoir-faire d’autres industries, comme l’imprimerie, la miroiterie, la peinture automobile ou même aéronautique a été importé vers le maquillage pour obtenir des effets sophistiqués. Car ces industries sont non seulement à la pointe de la recherche sur les pigments, mais aussi sur la réflexion de la lumière. Ainsi sont nées toutes les nacres interférentielles, tirées du mica ou de la silice, qui permettent des effets irisés, pailletés, « ailes de papillon ». Voilà pourquoi la plupart des marques « naturelles » conservent des pigments synthétiques.

  • En bio, seuls les pigments minéraux sont autorisés, ce qui réduit déjà la palette colorielle. De plus, ces pigments minéraux ne sont pas des ressources indéfiniment renouvelables.
  • Les marques qui ont fait le choix du végan ont dû bannir la fameuse couleur rouge, obtenue à partir d’un insecte broyé, la cochenille.
  • Aujourd’hui, certaines veulent aller encore plus loin. Ainsi, la marque Le Rouge Français, certifiée bio, végan et clean beauty, a éliminé tous les pigments chimiques et minéraux. Elle a développé ses propres pigments brevetés, obtenus par pression, fermentation ou extraction biotechnologique à base de plantes tinctoriales (garance, hibiscus, lotus, indigo, roucou, sorgho, cosmos, curcuma, betterave…). Reste que la palette est plus restreinte et les teintes essentiellement « nature ».

Maquillage clean : moins de résultats, plus de soin

Les rouges à lèvres tiennent moins longtemps et demandent à être « chauffés » avant de les appliquer ou au contraire ressemblent à des baumes. Les mascaras offrent un résultat assez naturel, loin des effets démultiplicateurs et vertigineux de ceux des marques stars. Les fonds de teint n’ont pas l’évanescence, ni l’effet « blur » (correcteur) de certaines BB crèmes ou fonds de teint chargés en huiles et silicones volatiles. Le sans-transfert et le waterproof sont pour l’instant impossibles à obtenir. Seule une nouvelle marque -Last – vient de breveter un polymère longue tenue d’origine naturelle.

Mais le revers de la médaille offre d’autres avantages. Outre l’argument « clean », l’utilisation des huiles et beurres végétaux présente des effets nourrissants, fortifiants, hydratants, mais aussi anti-oxydants. L’huile de ricin des mascaras fortifie les cils et favorise leur pousse. Enfin, avec un maquillage clean, on n’avale pas des ingrédients pétrochimiques en appliquant son rouge à lèvres !

Des pack éco-conçus ? en bonne voie

Les formules ne sont pas les seules à avoir connu un lifting. Côté pack aussi, on voit aussi des avancées.

Le rechargeable, le premier pas

Difficile en maquillage de se passer du plastique. Certes, la plupart des fonds de teint sont dans des flacons de verre, mais c’est plus difficile pour un mascara (La Bouche Rouge s’y est cependant essayé) et presque impossible pour un rouge à lèvres. Ce qui explique pourquoi les propositions de rouges à lèvres rechargeables se multiplient. Il est vrai que, plus que tout autre produit de maquillage, le rouge à lèvres est un objet symbolique et statutaire. On le glisse dans son sac, on l’emporte avec soi, on le sort pour en remettre plusieurs fois dans la journée (hors période pandémique), on a plaisir à le montrer. Et on se dit que c’est du gâchis de le jeter quand on l’a terminé. Alors les marques – de luxe notamment – proposent des repacks de leurs produits iconiques (Rouge Dior, Rouge G Guerlain) ou lancent de nouveaux objets rechargeables, comme chez Hermès ou la Bouche Rouge (avec étui personnalisable en cuir). Même stratégie chez Lush, Kure Bazaar, Le Rouge Français, Veganie, Zao où certaines palettes d’ombres à paupières, de fonds de teint compact ou de poudres, elles aussi rechargeables.

Des packs et brosses de mascara en bioplastique

La grande nouveauté depuis un an : les brosses de mascara biosourcées, réalisées à partir d’huile de ricin. En effet, l’huile de ricin présente plusieurs avantages. Outre ses propriétés nourrissante et fortifiante pour les cils, elle est non comestible, et de ce fait, n’est pas en compétition avec la chaine alimentaire humaine et animale. En effet, l’huile de ricin est sans OGM, peu exigeante en eau pour sa culture, avec un excellent rendement. La plante, extrêmement résistante, pousse dans des régions où il y a peu de précipitations, comme le Gujarat en Inde qui assure plus de 80% de la production mondiale. C’est une super alternative aux poils en nylon ou brosses en polymères. Plusieurs marques, bio ou non, s’y sont déjà converties. Et Le Rouge Français a même réalisé ses étuis de rouges à lèvres dans cette matière biosourcée, résistante et recyclable.

Le carton, un emballage primaire et secondaire

Le carton gagne du terrain au détriment du plastique, notamment chez les marques bio. Qu’il s’agisse de Couleur Caramel, de Zao ou de Bo.ho, elles ont toutes opté depuis longtemps pour des écrins en carton issus de forêts FSC (éco-gérées) pour toutes leurs références maquillage. D’autres acteurs profitent d’un nouveau lancement (comme SoBio Etic) pour se convertir au carton.

Pour les emballages secondaires aussi, le carton s’impose. Il remplace peu à peu les blisters en plastique, et les sleeves (enveloppe en plastique scellée).

De grandes difficultés persistent

Parvenir à créer un maquillage parfaitement clean tout en apportant les mêmes avantages qu’un maquillage classique est un véritable casse-tête aujourd’hui.

Sensorialité et performance, un changement d’exigences

Les grandes signatures du maquillage, qu’il s’agisse de marques de luxe ou d’acteurs reconnus en grandes et moyennes surface, ont plus de difficultés à se tourner vers le Clean. Si elles affichent haut et fort leurs engagements RSE en matière de sourcing et de recyclabilité (efforts sur le packaging) ce sont les formules qui posent le plus de problèmes. Certes, Guerlain a conduit sa Terracotta à afficher 96% d’ingrédients d’origine naturelle et a lancé un fond de teint affichant un taux de naturalité particulièrement élevé. Même stratégie chez Dior avec le baume Rouge Dior et chez L’Oréal Paris qui lance son premier mascara à 99% d’origine naturelle, mais toutes ces initiatives sont une goutte d’eau dans le nombre de références en maquillage. Pourquoi ? Lorsqu’on a habitué ses consommatrices à des textures ultra sensorielles, des finis imperceptibles mais ultra résistants, des packs ultra sophistiqués et luxueux, le pas est difficile à franchir.

Un rayon à forte logistique : un frein au Clean

Tous les distributeurs le savent : le rayon maquillage est l’un des plus compliqués à gérer. Il y a pléthore de références, démultipliées par le nombre élevé de teintes, dont certaines ont une rotation de ventes bien plus fortes que d’autres. Il faut des testeurs, et vérifier sans cesse qu’ils restent propres. Les meubles de vente sont imposants et que dire des hypermarchés où les produits sont présentés sous blisters plastiques pour les voir en transparence, tout en restant inviolables ? Cette énorme logistique explique aussi la difficulté à transformer les packagings, tout en respectant le cahier des charges des distributeurs, et pourquoi ce sont des marques confidentielles, vendues sur internet ou ayant leurs propres points de vente, qui parviennent à faire avancer le marché du maquillage Clean.

Le maquillage en est finalement au même point que le soin il y a quelques années : au tout début du Clean. Mais, grâce aux demandes des consommatrices et à la création de matières premières plus performantes, nul doute que le paysage du make-up Clean va véritablement changer dans les prochaines années. Une affaire à suivre de près.

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Le packaging clean existe-t-il vraiment ?

Eco-conception, éco-recharges, verre, aluminium, zéro déchet et autres propositions rassurantes fleurissent pour les emballages cosmétiques. Mais ces packagings éco responsables et « clean » le sont-ils vraiment ? Face à la pression des consommateurs, industriels et marques cherchent ensemble à mettre au point les emballages les moins nuisibles et les plus économiques, tout en restant désirables. Un vrai challenge !

Un packaging éco responsable et clean, c’est quoi ?

C’est un emballage vertueux, c’est-à-dire qu’il ne pollue pas ou peu lors de sa fabrication, et dont la disparition n’a aucun impact sur l’environnement (éco-conçu). La difficulté est de faire concorder l’usage du produit, son coût et ses normes de fabrication souvent très particulières. Et malheureusement, ce sont souvent les matériaux les plus polluants qui sont les plus sûrs et les plus faciles à utiliser. C’est le cas du plastique, très peu cher et très pratique. Peser le pour et le contre dans le choix d’un packaging est une démarche délicate, un vrai casse-tête : le vilain plastique, est-il au final plus nuisible que le saint verre ? Si les paramètres à évaluer sont nombreux, ce qui est sûr, c’est que le seul emballage qui n’a pas d’impact est celui que l’on ne produit pas (zéro déchet et vrac).

Papier et carton, bravo les champions

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Réputés les moins dangereux pour la planète, les emballages en carton se dégradent facilement si, par hasard, ils échouent dans la nature. 

À base de bois, les fibres de la pâte à papier ne résistent pas à l’humidité ce qui est un avantage pour la nature, mais un inconvénient pour les industriels : le carton ne pouvant contenir que des matières sèches, il est souvent recalé. Dans la clean beauty, c’est l’emballage de référence pour tous les produits secs type savons, shampoings solides ou accessoires. Il se recycle très bien, car sa propre filière de recyclage produit des emballages à base de carton et papier recyclés. Et si les inscriptions sont faites avec des encres végétales et biodégradables, alors le papier et le carton sont les matières les plus propres et les plus inoffensives qui soient. À condition de ne pas les doubler d’un film plastique extérieur pour les rendre plus brillants et plus solides, ni intérieur pour qu’ils soient étanches (comme pour les gobelets). À noter : opposer biodégradable et recyclable est particulièrement incohérent dans le cas du papier puisqu’il est les 2 à la fois. L’un n’empêche pas l’autre !

Emballages plastiques, ils sont éternels

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Sans surprise, les plastiques (très nombreux) sont les mauvais élèves. Il est malheureusement très difficile de se priver de ses « qualités » dans l’univers des packagings. Léger, très peu cher, le plastique est modulable à l’infini grâce à des produits chimiques. Les polymères et les traitements permettent d’obtenir une matière sur-mesure : densité, dureté, souplesse, teinte, texture. On peut fabriquer des flacons, mais aussi des suremballages sous forme de film plastique transparents, des sachets, mais aussi des boîtes, d’une qualité médiocre ou très luxueuse, bref, le plastique a tous les avantages… sauf celui d’être clean ! 

Une fois créée, sa matière issue du pétrole ne disparaît jamais. Au mieux, est-elle recyclée et transformée en nouveaux emballages ou objets. Un processus qui a ses limites, car le plastique perd ses propriétés au fil des recyclages et exige rapidement l’ajout d’un nouveau plastique « vierge ». 

Le problème de l’incinération du plastique

Au pire, les déchets plastiques sont incinérés ou enterrés créant une pollution massive des sols et de l’air, car l’incinération ou la pyrolyse du plastique génère du CO2 et contribue au réchauffement climatique. On les retrouve dans la mer où ils se dégradent en micro plastiques, impossibles à filtrer. Ces déchets plastiques colonisent les océans et sont absorbés par les organismes marins qui finissent parfois dans nos assiettes ! Réduire l’utilisation du plastique est un défi, notamment pour les produits alimentaires et cosmétiques, qui nécessitent une hygiène irréprochable. Les fabricants proposent aujourd’hui de plus en plus d’alternatives éco-responsables, comme :

  • Des emballages en PCR (Post Consumer Recycled), qui n’est autre que du plastique recyclé, issu des déchets ménagers
  • Des bouchons/capsules allégées (en réduisant leurs tailles).

Bioplastiques, pas si fantastiques ?

Les plastiques végétaux (ou bioplastiques) auraient les qualités du plastique pétrochimique, mais pas ses inconvénients. Sauf que… à base de canne à sucre ou de maïs, ils sont parfois biosourcés, mais pas toujours bio dégradables. Et si leur conception se fait sans pétrole, celle-ci pose d’autres problèmes : il faut fournir cette matière végétale en quantité et donc utiliser les sols pour faire pousser ces plantes. Or utiliser une ressource consommable et des terres arables pour faire du plastique à l’heure où des millions d’humains meurent de faim pose question. Sans oublier que ces végétaux, qui viennent souvent du bout du monde, ont une lourde empreinte carbone avant même d’être transformés en plastique. 

Les bioplastiques, ni bio ni biodégradables

Ensuite, les « bio-PE » (PolyEthylène) ou « bio PET » (PolyEthylèneTéréphtalate) subissent des transformations chimiques qui en font des matières du même type que les plastiques pétrosourcés. Un sac en bioplastique, issu de canne à sucre, mettra des dizaines d’années à se décomposer tout comme un sac plastique classique. Et dans l’intervalle, si le sac en plastique végétal finit dans la mer, il étouffera quand même les tortues. Voilà toute l’ambiguïté des bioplastiques : ils sont appelés « bio » ce qui laisse penser qu’ils sont obtenus sans produits chimiques et biodégradables naturellement. En effet, la plupart des plastiques dits « biodégradables » ne le sont pas dans les composts individuels. Ils se dégradent uniquement dans les composteurs industriels, très rares en France. Quant aux filières de tri pour recycler ces bioplastiques, elles n’existent pas. Ces bioplastiques, qui finissent parfois dans la poubelle jaune avec les autres plastiques, seront collectés et conduits vers une usine de recyclage qui ne pourra pas les prendre en compte. 

Pour remédier à ce problème, le nouveau label « OK Home Compost » indique les déchets qui se dégradent d’eux même dans la nature ou dans un compost ménager. Enfin, ces plastiques d’origine végétale émettront tout de même du CO2 s’ils sont incinérés en fin de vie.

Le plafond du verre

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Le verre est considéré comme le matériau le plus clean qui existe. Il est vrai qu’il présente de nombreux avantages : recyclable à l’infini, lavable, joli, il permet de belles créations. Mais, la production de verre se fait à très haute température dans des fours qui tournent jour et nuit à plus de 1500°, consommant ainsi beaucoup d’énergie. Par ailleurs, il peut s’avérer lourd : son transport ajoute ainsi une part de pollution à l’addition et à son bilan carbone. La solution est donc d’adopter le verre dit « allégé ». Enfin, il est fragile : cassable pendant le transport ou dangereux lors de son utilisation à la maison ou en magasin. Des inconvénients qui font que le verre soit encore peu choisi (à tort ?) par les industriels et les consommateurs. Mais les lignes sont en train de bouger.

Le verre, un choix stratégique

Personne n’a envie de voir un flacon de gel douche se briser dans la baignoire. Mais pour tous les autres usages (eaux démaquillantes, huiles, sérums, crèmes…) le verre est une alternative très intéressante au plastique. On peut le recharger, et dans ce cas, il n’est fabriqué et transporté qu’une seule fois.

L’aluminium en question

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Les emballages en aluminium, contrairement au verre, sont relativement légers. Côté déchet, l’aluminium n’est pas biodégradable et peut persister longtemps dans la nature, mais il se recycle très bien et à l’infini (à condition, bien entendu, de le trier et de séparer les bouchons et les pompes qui lui sont associés).

Autre point important : lorsque l’aluminium se retrouve au fond de la mer, il s’oxyde et devient poussière (pas d’impact sur la vie sous-marine)… à la différence du plastique qui se dégrade en microplastiques, tôt ou tard ingérés par les poissons qui se retrouvent dans nos assiettes.

En cosmétique, l’option la plus clean (avec un rendu esthétique équivalent à celui de l’aluminium vierge) consiste à choisir :

  • Soit de l’aluminium PCR (Post Consumer Recycled)
  • Soit de l’aluminium PIR (Post Industrial Recycled). Le matériau recyclé est issu des déchets de production d’aluminium.

Le fait qu’il soit opaque, enfin, est une excellente option pour les cosmétiques.

Il y a néanmoins deux inconvénients avec l’aluminium :

  • Pour le fabriquer, il faut l’extraire de certains minéraux (dont la bauxite) par des procédés chimiques polluants, qui émettent à l’échelle mondiale des millions de tonnes de gaz à effet de serre, et consomment de grandes quantités d’eau et d’énergie. Les mines de bauxite à ciel ouvert engendrent des dégâts sur l’environnement (déchets chimiques, affectation de la faune et de la flore)
  • Il s’abîme facilement : il faut donc être prêt à acheter, parfois, des produits qui sont un peu cabossés (transport).

Aluminium et polyfoil, à ne pas confondre

On peut avoir l’impression d’acheter un pack en aluminum alors que celui-ci est en réalité constitué de différentes couches, incluant du plastique. Appelé polyfoil, ce procédé permet d’obtenir de petits tubes de crème pour les mains souples et non-cassants par exemple. Impossible d’entrevoir un recyclage, car les différentes couches du polyfoil ne sont pas dissociables. 

Aluminium : danger pour l’alimentaire

En ce qui concerne son innocuité, l’aluminium est accusé de se libérer trop facilement dans les produits alimentaires, ce qui peut avoir un impact non-négligeable sur la santé. Pourtant, il est extrêmement répandu : canettes de boisson, barquettes, boîtes de conserve ou encore papier alu dans la cuisine. 

Le packaging écologique existe-t-il ?

Si par écologique on entend « qui n’a aucun impact sur l’environnement », la réponse est non, et pour toujours. Mis à part la réutilisation d’un sachet en papier (à condition que les encres soient biodégradables), toute fabrication consomme de l’énergie, et donc des ressources, pétrole et eau entre autres, et rejette du CO2. Il faut donc faire un choix et choisir son combat, en tenant compte du cycle de vie complet de la matière : fabrication, utilisation et fin de vie. Il faut également avoir une vision à long terme de l’emballage et non pas une vision « usage unique ». 

Emballages et éco conception

Recyclable, réutilisable, aujourd’hui le packaging ne peut faire l’économie de l’éco conception ! Réduire le volume de plastique utilisé avec des éco-recharges, à la place de flacons que l’on jette, est un premier pas. Mais l’idéal est surtout de réduire les emballages dont la durée de vie est très longue, et de privilégier les matériaux recyclés et recyclables. 

Le recyclage doit se déployer

En plus d’inciter les consommateurs, il faut impérativement avoir le soutien des pouvoirs publics et des politiques pour augmenter la capacité du tri et renforcer les filières. À quand une récompense pour ceux qui trient et permettent ainsi aux collectivités de réaliser des économies ? Et quid des entreprises, encore trop rares, qui mettent au point un système interne pour que les employés, qui remplissent leurs poubelles de bureaux, les trient aussi ? Car entre les bouteilles de verre des restaurants et les papiers des bureaux, combien de déchets recyclables passent entre les mailles du filet.

Le packaging éco responsable idéal serait donc parfaitement biodégradable dans la nature, ou dans un compost de jardin ou encore valorisé sous forme d’énergie grâce à la méthanisation, une technique qui fabrique du carburant à partir de déchets organiques, ménagers ou agricole. Sauf qu’il n’existe pas. A vous de choisir votre combat !

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Soin corps : la routine clean de l'été

Nouveaux gestes eco friendly à adopter, nouvelles habitudes beauté… Profitez de l’été pour (re) découvrir la clean beauty !

Même si les résolutions du début d’année sont déjà loin, l’été est l’occasion de (re) faire un bon tri dans sa salle de bains, afin de repartir sur de bonnes bases. 

  • Avant de racheter des produits, prenez soin de terminer vos pots en cours
  • N’hésitez pas à vous débarrasser des produits entamés depuis trop longtemps
  • Ne conservez pas vos produits corps ouverts au-delà d’un an
  • Pensez aussi à donner vos tubes non entamés, si vous pensez ne pas les utiliser
  • Quand vous êtes en mode « rachat », car vos étagères sont presque vides, laissez-vous tenter par une cosmétique plus responsable pour la planète. Les marques font de plus en plus d’efforts pour proposer des produits clean, voire des versions rechargeables ou solides.

Même si ce n’est pas encore parfait, on ne peut que saluer ce genre d’initiatives comme celle de la marque colorée et innovante 900 Care (dans les Monoprix) qui nous apprend à aimer recharger nos produits ! 

Opération Peau nette 

Avant l’arrivée de l’été et des beaux jours, il est intéressant de préparer sa peau en la débarrassant des cellules mortes accumulées durant l’hiver. 

Brossage à sec

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N’hésitez pas à redécouvrir l’utilisation des brosses pour un petit massage à sec. C’est un geste qui s’effectue sans produit et qui est donc très eco friendly. L’idée ? Une à deux fois par semaine, juste avant de passer sous la douche, effectuez un brossage de tout le corps, en commençant par les pieds et en remontant sur le ventre. Gardez la main légère pour ne pas « griffer » la peau. Vous évitez les seins (plus fragiles) et les veines apparentes si vous en avez (type varice, etc.). L’avantage ? une exfoliation rapide, doublée d’un massage tonifiant qui relance la microcirculation des jambes et retire les petites peaux mortes de surface. Un pur moment de détente et de détox. Après la douche, séchez la peau et appliquez un soin. Le grain de peau affiné en facilite le passage.

Gommage DIY

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L’exfoliation, tout comme le brossage à sec, permet de débarrasser la peau des cellules mortes et de potentialiser l’effet des soins suivants (hydratants ou minceur). Si vous n’avez pas envie d’un gommage conventionnel, vous pouvez vous tourner vers des recettes naturelles home made. Pour cela, il suffit de jeter un œil dans vos placards de cuisine. Les ingrédients stars ? Le gros sel pour les parties plus robustes comme les jambes, et le sucre (ou le café moulu) pour les zones plus fines (comme les bras). Vous pouvez ainsi simplement les mélanger avec de l’huile végétale (olive, coco, argan). Commencez toujours par les pieds et remontez le long du corps afin de stimuler le retour veineux. Insistez sur les zones les plus rugueuses puis rincez abondamment.

Cap sur du solide

Cette année, la tendance est à la cosmétique responsable et solide. Shampooing, déodorant, démaquillant, on trouve aujourd’hui tous nos produits « classiques » en version solide. L’idée étant de limiter les packagings inutiles, utiliser des produits les plus naturels possible et viser le zéro déchet. Alors on se laisse facilement tenter par le retour du vrai savon pour se laver le corps.

L’option huile, c’est naturel

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Toucher sec ou plus gras, l’huile nous apporte une autre sensorialité à notre rituel beauté. En plus d’hydrater comme un lait, ces formules naturelles, riches en vitamines, assouplissent et nourrissent la peau en douceur. Le bon geste : appliquez votre huile au sortir de la douche sur une peau à peine humide afin de potentialiser encore plus les résultats belle peau. 

Le deux-en-un, le geste « éco »

Si vous n’êtes pas fan de la texture huile, vous pouvez aussi vous laisser séduire par des crèmes corps et visage, afin de limiter l’achat de produits. 

Et côté solaire, on recharge !

Cette année, on se laissera tenter par le lait solaire zéro déchet, conçu sans emballage plastique signé Cozie. Le solaire est vendu dans un flacon consigné, rechargeable et… réutilisable ! 

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Un savon clean, c’est quoi ?

La Clean Beauty fait la part belle aux produits solides, comme le shampoing ou le dentifrice en galet, parce qu’ils sont plus écologiques. Mais savon solide ne veut pas forcément dire savon clean (bon pour la peau comme pour la planète). Explications.

À savon clean, fabrication clean

Avec un peu de marketing, n’importe quel savon peut paraître naturel et éco-responsable. Au-delà de l’emballage et des ingrédients, il faut regarder la fabrication et privilégier les méthodes ancestrales comme la saponification à froid, une vraie « slow production », difficile à réaliser à grande échelle. Un procédé bien différent des savons industriels faits à partir de perles de savon, venant souvent d’Asie. Après avoir fondu, ces perles sont malaxées dans une machine dans laquelle on ajoute colorants, conservateurs et parfums. 

Autre avantage de la saponification à froid, la douce glycérine hydratante et nourrissante produite lors de la fabrication est conservée dans la formule, contrairement à la saponification à chaud (utilisée pour les savons de Marseille par exemple) qui l’enlève pour la vendre à part. Bonus pour la planète : on chauffe peu et on utilise peu d’eau. De plus, le savon issu de cette saponification à froid est très stable, entièrement biodégradable, si bien qu’il ne nécessite pas de conservateurs synthétiques polluants, peu biodégradables ou écotoxiques. Cette saponification à froid, qui exige au moins 4 semaines de séchage, garantit une réelle volonté de produire un savon clean.

À savon clean, ingrédients clean

Le savon est le résultat d’une réaction chimique entre des huiles (ou beurres végétaux) et une base, type soude. Le plus grand ennemi du savon clean ? L’huile de palme, que l’on peut retrouver même dans des savons dits traditionnels, type Alep ou de Marseille, à cause de fabricants peu scrupuleux. Le savon clean est donc sans huile de palme, vegan, sans conservateur, sans paraben et 100 % d’origine naturelle. Son procédé de fabrication, directement lié aux ingrédients, nécessite des beurres type karité, de l’huile d’olive ou de coco. Pour être tout à fait « clean », les beurres végétaux doivent être idéalement éco-sourcés ou issus de production responsable. Bien évidemment pas de sulfate dans un savon clean, car ce tensioactif, utilisé pour faire de la mousse, décape la peau et l’assèche. 

Un savon zéro déchet, local et en circuit court

Ces savons artisanaux sont rarement vendus en grandes surfaces. On les trouve dans les circuits de distribution « engagés zéro déchet » ou dans les magasins bio. Ils se repèrent facilement par leur apparence irrégulière et grasse. On peut parfois les trouver en vrac et à la coupe, en vente directe auprès de producteurs, ou encore en magasin bio où ils sont en général emballés dans une boite en carton minimaliste. Faites attention aux emballages cartonnés des savons bio qui peuvent vous faire oublier qu’il y a de l’huile de palme dans la composition.

Le savon clean est donc principalement produit par saponification à froid – procédé qui garantit une biodégradabilité à 100 %- avec des ingrédients non-polluants et respectueux de l’équilibre de la peau.