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Mode Responsable

S'habiller éco - WE ARE CLEAN -CLEAN FASHION Image

5 réflexes pour s’habiller plus éco-responsable

La mode est un perpétuel recommencement. Chaque saison, on a de nouveau envie de craquer pour cette petite robe top tendance ou cette énième paire de chaussures, alors que nos placards débordent littéralement. Et si on revenait à un peu de bon sens ? Pour vous y aider, 5 réflexes pour s’habiller plus éco-responsable à portée de main. 

1 – Faire une détox placard

Trier les placards - CLEAN FASHION - WE ARE CLEAN

« Je n’ai rien à me mettre ! » Combien de fois répète-t-on cette phrase ? Et pourtant… rien n’est moins vrai ! Alors avant d’envisager tout nouvel achat, faites d’abord un tour dans votre dressing. Et procédez à une belle détox. 

L’idée ? Tout vider, comme le préconise Marie Kondo, spécialiste dans le rangement et le développement personnel, et ne re-ranger que les vêtements que vous allez vraiment mettre. Exit les pantalons trop petits que l’on garde quand on aura retrouvé sa taille de guêpe, ou cette veste élimée que l’on conserve « au cas où ». Que faire des habits que vous ne voulez plus ? Donnez-les à quelqu’un de votre entourage, déposez-les dans un conteneur Relais ou, pour les plus belles pièces, vendez-les. Une fois ce tri salutaire effectué, vous (re) découvrirez sans aucun doute des pièces oubliées. Ensuite, il ne vous restera plus qu’à compléter ce qui vous manque (vraiment).

2 – Acheter moins, mais mieux 

Pour éviter les erreurs d’achat, constituez-vous une garde-robe de basiques adaptés à votre style de vie et à votre morphologie. N’oubliez pas que votre corps peut changer. D’où l’importance d’avoir une garde-robe adaptée ! Choisissez des pièces de bonne qualité afin d’éviter de racheter (encore) un petit t-shirt blanc dans quelques mois. Apprenez aussi à lire les étiquettes et à craquer « en conscience ». Une chemise Made in China à un prix défiant toute concurrence est socialement et écologiquement suspecte. L’industrie de la mode est une des plus polluantes, d’où l’importance d’essayer de ne pas acheter n’importe quoi et d’ainsi, sans le vouloir, cautionner ce système. 

3 - Choisir des labels clean 

Si vous voulez aller plus loin, vous pouvez acheter des vêtements répondant à certains critères environnementaux et sociaux grâce à des labels reconnus comme Gots, Ecolabel Européen, Fairtrade…. La mode éthique d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec la mode éthique d’hier. Il existe des tas de marques tendance, bien coupées, bien pensées et créées avec de belles matières.

4 – Porter de la seconde main

Friperie - CLEAN FASHION - WE ARE CLEAN

Vide-grenier, plateforme spécialisée (Vinted, Vestiaire Collectif…), magasins vintage, un vêtement peut avoir plusieurs vies. Certes, c’est un peu plus long de trouver « la » pièce que l’on cherchait depuis un moment, mais au final, quelle satisfaction ! On se fait plaisir en respectant la planète et en faisant des économies ! C’est tout bénef. Depuis peu il y a aussi des comptes Instagram spécialisés dans la friperie (Odael_vintage, gigette-vintage, mafriperie-preloved).  L’avantage ? Les instagrammeuses (modeuses dans l’âme) réalisent des looks très inspirants. Autre option pour les grandes occasions : louer une robe qui va faire sensation (Une robe un soir, Les cachottières) sans avoir à l’acheter et ne la porter qu’une fois. 

5 - Encourager l’upcycling

Après le recyclage, l’upcycling ! Cette tendance de l’économie verte consiste à valoriser (en réutilisant autrement) des produits usagés. En mode, cela donne des collections capsules responsables, réalisées à base de chutes de tissu ou de cuir par exemple. Rien ne se jette, tout se transforme ! 

De la même manière, en suivant les hashtags #upcycling ou #upcyclingclothes sur Instagram, on peut avoir plein d’idées de nouvelles vies pour nos vêtements (une chemise d’homme transformée en jupe…) quand on sait manier la machine à coudre.

Vous aussi, lancez-vous en upcycling comme Marguerite ?

Maille - CLEAN FASHION - WE ARE CLEAN Image

Maille love, le grand retour du tricot

C’est la nouvelle attitude tendance des fashionistas : tricoter ! Cela tombe bien, ce geste manuel d’antan est à la fois relaxant et éco-responsable. À vos aiguilles à tricoter les filles ! 

On ne sait pas si le tricot home-made est né des derniers confinements ou de la planète des jeunes créateurs hyper pointus. Mais une chose est sûre : en 2021, tricoter son propre cocon est tendance. Les fashionistas, icônes d’Instagram, ne jurent que par leurs aiguilles à tricoter. La preuve ? L’énorme succès de We are Knitters qui propose des kits aiguilles-en-main (même pour les super débutants) afin de se créer des pièces en maille branchées. Sans oublier la vague du « Arm Knitting » (tricotage avec les bras sans aiguilles), en version XXL, idéale pour les plaids, les bonnets ou les écharpes.

La Medknitation, c’est quoi ?

Medknitation - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

Ce jeu de mots (mix anglais de méditation et knitting) place ce hobby, longtemps relayé aux grands-mères près du feu, en une nouvelle forme de méditation. Le tricot, c’est un moyen ludique de mettre son cerveau sur pause, se concentrer sur le moment présent (une maille à l’envers, une maille à l’endroit) et de lâcher prise sur tout le reste. 

Le tricot aussi fort que la méditation ? En tout cas, c’est ce que pensent les Anglo-saxons qui considèrent l’art du tricot comme une nouvelle forme de yoga de l’esprit (et des doigts, le tricot est excellent contre les risques d’arthrose !). Cette activité manuelle hautement apaisante pourrait aussi être un moyen infaillible pour arrêter de grignoter, lâcher son e-cigarette ou se ronger les ongles ! Sans oublier que le tricot-détente se pratique un peu partout, même dans le métro ou dans une salle d’attente ! Et pas besoin de tricoter pendant des heures pour bénéficier des effets relaxants de cette activité. Le rythme régulier des aiguilles pendant quelques rangs rend plus zen et détendu très rapidement !

La maille, comment s’y mettre ?

En commandant un minimum de matériel (aiguilles, pelotes de laine), vous pouvez facilement suivre les tutos sur YouTube. Nos préférés : la chaîne « Tutos Tricot Françoise », « Joueuse de pelotes » ou encore « Les Triconautes ». Sur Instagram, les hashtags à suivre pour trouver une tonne d’idées : #maille, #tricotaddict, #tricoteuse. Au départ, ne vous compliquez pas la vie. Commencez par des pièces simples, avec un seul type de point. Le tricot, c’est comme la cuisine, au fur et à mesure, vous laisserez parler votre créativité ! 

Côté aiguilles, choisissez des modèles en bois ou en bambou (de 4 à 6 mm), légèrement plus chers que celles en plastique, mais tout aussi anti-glissantes. Astuce : vous pouvez vous faire prêter des aiguilles par une vieille tante, c’est le genre de matériel qu’on ne jette pas. 

Côté laine, pour les végans, évitez la laine alpaga (issue du lama), le mohair (chèvre angora), le cachemire (chèvre indienne) et la laine Mérinos (mouton). Préférez les fibres végétales issues du coton ou du lin. Sinon, sachez qu’il existe aussi de très nombreux producteurs de laine éthique, respectueux des animaux et de l’environnement (Voir par exemple De rerum natura, Lily Neige, Rosy Green Wool, Bergère de France ou encore Fonty). Dernier conseil : choisissez de la laine naturelle, sans ajout d’acrylique (un dérivé de pétrole). 

Une alternative responsable 

Tricoter son propre pull d’hiver ou gilet de printemps, c’est aussi repenser la mode de manière éco responsable. En plus de la satisfaction liée à la création (le fameux « c’est moi qui l’ai fait »), se mettre au tricot c’est se positionner à contre-courant de la fast-fashion. En créant sa propre mode et en investissant dans des pièces durables dont on ne se lasse pas.

Stella McCartney - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION Image

Stella McCartney, pionnière de la mode écoresponsable

Depuis plus de 20 ans, Stella McCartney concilie l’inconciliable et trace son chemin en entrainant dans son sillage de nombreux grands noms de la Mode. 

Qui est-elle ? Fille de Paul (Les Beatles) et de sa femme Linda, une musicienne et photographe américaine, Stella McCartney est née en 1971 en Angleterre. Elle grandit très simplement dans une ferme du Sussex, où la famille cultive ses légumes et élève ses moutons. Elle vit en « hippie » avec des parents devenus militants végétariens à la suite d’un séjour dans un ashram en Inde, à une époque où ce n’était pas encore fréquent. Parcours de cette femme visionnaire, la première à avoir marié Green fashion et Style. 

Une super woman avant tout 

La Mode, la vraie, la passionne depuis qu’elle est petite et elle intègre juste après le lycée, le célèbre Saint Martins Collège de Londres (Ecole de Mode).

Deux ans après son diplôme, elle remplace Karl Lagerfeld chez Chloé en tant que Directrice Artistique, et elle multiplie les ventes de la maison par quatre.

Elle crée 4 ans plus tard sa propre maison (en 2001), au sein du groupe Kering. Elle a à peine 30 ans ! Deux ans plus tard, elle ouvre 3 boutiques (à Londres, Los Angeles et New York) où les jeunes branchés s’approprient illico sa marque chic et tendance à la fois, puis distribue sa ligne de vêtements dans 40 pays.

Ce petit prodige ne s’arrête pas là. Elle crée en 2003 son parfum Stella avec L’Oréal et sa ligne de cosmétiques Care (certifiés bio, sans parabens, sans conservateurs, sans silicones, dans des emballages biodégradables).

En 2008, elle crée une ligne de lingerie fine, brodée façon rétro, en matière organique et bio dégradable, des accessoires (c’est là que naît son sac Falabella en cuir végétal, toujours un best-seller depuis 2010). Puis une collection pour enfants (Stella Mc McCartney kids) avec la même éthique écologique, et des lunettes. Elle enchaîne avec un 2e parfum, une collection hommes, des maillots de bain. Et pendant ce temps, elle élève ses 4 enfants.

Subtile association du glamour et de l’engagement

glamour et engagement - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

Végétarienne comme sa mère et militante écologique au sein de la PETA pour défendre les droits des animaux, c’est aussi la première à avoir sensibilisé l’industrie de la mode à l’éco-responsabilité.

Tout de suite, son militantisme révolutionne la mode en boycottant fourrure et cuir, mais aussi mohair, angora et plumes, pour privilégier les matériaux naturels à 100 % et les synthétiques, comme le Néoprène ou le simili cuir. 

C’est une rupture radicale, surtout dans le monde du Luxe où la fourrure et le cuir étaient incontournables, mais elle explique que « 50 millions d’animaux sont tués uniquement pour l’industrie de la mode et le lien entre la nourriture, les maladies et l’environnement est un problème global. Même si cela peut revenir 70 % plus cher, on absorbe ces coûts dans notre marge et on élabore nos produits différemment, sans colle de cheval, de cochon ou de poisson. » 

Un idéalisme qui se transforme en pragmatisme

Infatigable, elle est adepte des collaborations et impose aux marques avec qui elle coopère la même démarche pour une mode éco-responsable, sans compromis. 

Elle travaille depuis 20 ans avec Adidas pour qui elle fait des collections sport avec des vêtements confortables, techniques, tendance. Adidas by Stella Mac McCartney, ce sont des tenues de jogging, gymnastique, yoga, tennis, natation, sports d’hiver, cyclisme. Elle habille aussi les sportifs anglais pour les JO de 2012, avec un tel succès qu’elle recommence 4 ans plus tard pour les JO de Rio.

Elle collabore aussi avec Gap et H&M à des collections capsule, et là encore cette icône impose ses valeurs et ses exigences en matière de durabilité. Une détermination qui va jusqu’à revoir les étiquettes H&M pour apprendre aux consommateurs à effectuer moins de lavages. Pour Target Australia, elle crée 42 modèles en matériaux naturels. En fait, c’est un mouvement qu’elle imprime partout où elle passe ! 

La caution green des grands groupes de mode

Au sein du groupe Kering, elle fixe des objectifs éthiques qui concernent tous les achats du Groupe, puis elle reprend le contrôle total de sa marque en 2018.

Au même moment, elle ouvre un nouveau magasin à Londres, dont elle dit qu’il est le plus durable, grâce à son procédé de purification de l’air.

En 2019, elle inaugure une collaboration avec LVMH et devient la conseillère de Bernard Arnault sur le développement durable.

L’innovation au service de la naturalité

Manteau Koba - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

La même année, son défilé fait apparaître Natalia Vodianova, vêtue d’une fausse fourrure noire d’origine végétale et biodégradable, le Koba. Sa collection, plus écologique que jamais, est un feu d’artifices en matière d’innovation, élaborée à partir de matières comme le raphia, le coton bio et le nylon régénéré. 

En 2020, elle va encore plus loin en présentant des créations conçues à partir de fibre de champignon. D’abord un sac, puis des vêtements dans une matière appelée Mylo, faite à partir de filaments de champignons, présentée comme renouvelable à l’infini. Elle conçoit ses propres matières durables et éthiques high tech et s’efforce de diminuer l’impact environnemental sur tout son procédé de fabrication. 

Une féminité sensuelle, des coupes d’une grande qualité, des vêtements souples et pratiques pour femmes actives, des pulls over size, des blouses arachnéennes, des robes floues, des pantalons souples, dans des coloris chics et sobres… Le style Stella McCartney réconcilie comme personne désirabilité et éco-responsabilité.

Guides des labels - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION Image

Les labels Mode, comment s’y retrouver ?

Désormais, sur les étiquettes des vêtements qu’on achète, on recherche des informations sur les conditions de fabrication, en plus des consignes de lavage et du lieu de fabrication. Certains labels “Clean Fashion” indiquent leur appartenance à une mode engagée et éco-consciente. À découvrir. 

Ces labels répondent à quatre critères différents :

  • Environnementaux et écologiques : pour signifier la protection de l’environnement, de la pollution de l’eau jusqu’à l’exigence de recyclage des matériaux.
  • Sociaux : pour protéger les travailleurs tout au long de la chaîne de valeur de production textile. Un accent particulier est mis sur le commerce équitable, sur la santé et les droits des travailleurs. 
  • Limitation des substances nocives : pour indiquer la nocivité des substances utilisées dans la fabrication des textiles. 
  • Respect animal : pour protéger certaines espèces convoitées pour leur peau ou leur fourrure.

GOTS : le textile bio

GOTS - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

Créé en 2002, il s’agit d’un label international qui s’applique au textile biologique. Il est géré et délivré par la Global Organic Textile Standard (GOTS).
Cette certification garantit le statut biologique des fibres textiles utilisées, et assure que depuis la production des matières premières jusqu’à l’article fini, les procédés engagés sont socialement responsables et respectueux de l’environnement. Cette norme couvre toutes les étapes : la transformation, l’emballage, l’étiquetage, l’exportation, l’importation et la distribution de produits à base de fibres naturelles.

Le niveau 1 ou « biologique » exige que les textiles soient fabriqués à plus de 95 % à partir de fibres biologiques certifiées et à moins de 5 % à partir de fibres artificielles ou synthétiques.
Le niveau 2 ou “composé de fibres biologiques” demande que ces textiles soient fabriqués à partir de plus de 70 % de fibres biologiques certifiées et à moins de 30 % de fibres non-biologiques avec au maximum 10 % de fibres synthétiques.
De plus, nombre de produits chimiques sont interdits pour le tissage, les colorations, les blanchiments, les impressions et pour certaines méthodes de transformation. La minimisation des rejets et déchets doit être respectée toute comme les règles de l’OIT (organisation mondiale du travail).

Oeko-Tex : le textile sans substances nocives

OEKO-TEX - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

Créée en 1992 par deux instituts de recherche en Autriche et en Allemagne, Oeko-Tex n’est pas une certification écologique, mais un gage de sécurité pour la santé et la protection de l’environnement. Elle concerne aussi bien les produits bruts que les produits semi-finis et finis. Cette certification prend aussi en compte les différentes étapes de traitements du produit, mais aussi des matériaux qui ont servi à sa fabrication. 
Ce label Oeko-Tex, qui vérifie chaque étape de production d’un produit textile, assure qu’il ne renferme pas de produits chimiques néfastes pour la santé. 

Sont interdits les colorants azoïques, le formaldéhyde, le pentachlorophénol, le cadmium, le nickel, les produits listés dans le ECHA-SVHC (European Chemical Agency, Substance of Very High Concern) les produits classés dangereux pour la santé en raison de leur caractère persistant, bio-accumulatif et toxique (PBT).

Fair Wear Foundation : défendre les travailleurs du secteur textile

Fair Wear - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

Créée en 1999, la Fair Wear Foundation est une organisation indépendante fondée par la Clean Clothes Campaign, des syndicats, des ONG et deux fédérations d’entreprises (fabricants et distributeurs). Cette fondation indépendante travaille en collaboration avec les entreprises adhérentes pour améliorer et assurer des conditions de travail décentes. Cette collaboration est matérialisée par le Code du Travail de la Fair Wear Foundation, basée sur 8 pratiques standards appuyés et inspirées par les conventions de l’OIT (Organisation International du Travail) et de la Déclaration internationale des droits de l’Homme : 

  • Pas de travail forcé, 
  • Interdiction de discrimination (race, couleur, sexe, appartenance à un syndicat, nationalité, origine sociale, handicap), 
  • Interdiction du travail des enfants (15 ans minimum), 
  • Liberté d’association et droit de négociation collective, 
  • Obligation de payer un salaire décent, 
  • Horaires de travail contrôlés (Les heures de travail doivent être conformes aux lois applicables et aux normes de l’industrie ; 48 heures maximum par semaine avec au moins un jour de congé par période de 7 jours),
  • Environnement de travail sûr et hygiénique
  • Relation de travail juridiquement déclarée

PETA : protéger les animaux

PETA - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

People for the Ethical Treatment of Animal, est une association internationale à but non-lucratif, qui protège le droit et la dignité des animaux. La certification PETA atteste que les produits ne contiennent aucune matière animale et qu’aucun animal n’a été utilisé comme cobaye.

Fairtrade : assurer une juste rémunération

Fairtrade - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

Créé en 1988 sous le nom de « Max Havelaar », ce label veut assurer un commerce équitable aux pays émergents économiquement. Reconnu internationalement, il s’applique aux produits alimentaires, cosmétiques et textiles. Désormais nommé Fairtrade, ce label garantit aux coopératives de petits producteurs un prix juste et stable de leurs produits, ainsi que des relations commerciales, plus durables. Le label Fairtrade assure que les salariés sont payés dignement, qu’il n’y a pas de travail d’enfant, pas de discrimination et que les normes sociales sont respectées. Il les encourage aussi à pratiquer des démarches environnementales et plus particulièrement, vers une agriculture sinon biologique, au moins raisonnée (Les OGM sont proscrits, mais les pesticides encore autorisés).

Global Recycled Standard (GRS) : soutenir une économie circulaire

GRS - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

Créé en 2008, le label Global Recycled Standard s’assure que les entreprises de textiles utilisent au minimum 50 % de matériaux recyclés pour la fabrication de leurs nouveaux produits. Il s’assure également que le produit n’a pas utiliser de substances toxiques ou cancérigènes, et que l’entreprise à l’origine du produit respecte les normes de l’OIT. 

Origine France Garantie : entre localisme et protectionnisme

ORIGINE FRANCE - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

Mis en place par ProFrance en 2010, ce label souhaite valoriser les savoir-faire industriels et artisanaux français, faire connaître les entreprises produisant sur le territoire, et développer voire, faire revenir les filières productives dans le pays.

Toutes les étapes de confection doivent être réalisées dans l’hexagone (coupe, montage, finition) et au moins 50 % des coûts de production affectés au seul territoire français, afin de dynamiser le bassin de l’emploi dans les zones rurales et sensibiliser la clientèle.

Le label prévoit trois catégories de produits :

  • Les produits industriels : ils doivent être préparés, transformés et conditionnés en France.
  • Les produits naturels : ils doivent être extraits, récoltés et cultivés en France (ou pour les animaux d’élevage : nés, élevés et abattus en France).
  • Les produits naturels transformés : mêmes critères que pour les produits industriels avec une clause supplémentaire : les ingrédients principaux (poids supérieur à 8 % dans la recette totale, nom écrit dans la dénomination de vente et la dénomination commerciale du produit) sont d’origine française.

Attention : Origine France Garantie est un label, certifié par un organisme indépendant et accordé pour une durée limitée à une entreprise qui est auditée annuellement. Le Made In France n’est pas un label, mais une mention auto-déclarative. Le produit prend l’origine du pays où il a subi sa dernière transformation majeure. Cette mention ne garantit nullement que l’ensemble des étapes de production ont pris place en France.

Il existe pléthore de labels sans compter l’auto-proclamation par certains industriels, ou le greenwashing de certains acteurs de la fast fashion qui n’hésitent pas à créer une collection capsule ou financer un organisme pour afficher de belles campagnes publicitaires « conscious » ! 
Sachez qu’aujourd’hui aucun label n’est en mesure d’attester qu’un vêtement, dit issu de la Clean Fashion, est 100 % éco-responsable. 

lunettes eco responsable - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION Image

Les lunettes éco-responsables, à regarder de très près !

Entre les lunettes de grandes marques de luxe, fabriquées par des géants du secteur type Essilor, Luxottica ou Safilo et les marques d’opticiens aux promotions alléchantes, y-a-t-il une place pour les lunettes écoresponsables ?

Si on est déjà passé à la slow fashion, en abandonnant les marques de grandes enseignes, on pense moins aux préoccupations éthiques et écologiques quand il s’agit de produits prescrits, comme les lunettes correctrices, ou même quand on veut s’offrir une paire de lunettes de soleil, accessoire de mode qu’on assortit à son look. 

Quand on sait que plus de sept Français sur dix portent des lunettes – et trois adultes sur quatre les renouvellent au moins tous les trois ans – et que la majorité de ces lunettes sont en plastique (plastique injecté, acétate de cellulose ou Grilamid) ou faites d’un mélange de métaux (titane, aluminium, acier inoxydable, cobalt, nickel) et surtout, sont fabriquées en Asie, une démarche écoresponsable parait souhaitable. 

D’autant plus que, dans la nature, une paire de lunettes classique met plus de 400 ans à se dégrader en laissant des produits polluants.

Des montures en matières recyclées ou biodégradables aux « écolo opticiens » soucieux de l’environnement, en passant par le marché des lunettes d’occasion, des alternatives existent, mais, comme toujours, elles demandent une démarche proactive. 

Des montures en matières biodégradables

Afin de respecter l’environnement, de plus en plus de nouvelles marques utilisent des matières naturelles biodégradables pour fabriquer les montures de leurs lunettes. Parmi ces matières, on trouve le bois français labellisé FSC (c’est-à-dire issu de forêts bien gérées) et le bio-acétate. Certaines montures sont réalisées aussi en bambou ou en liège, en suivant des procédés de fabrication écologiques.

Le bois, matériau naturel

Lunettes en bois - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

Apparues il y a une dizaine d’années, en France notamment avec la marque Waiting for the sun, les lunettes en bois ont le vent en poupe et gagnent du terrain sur les étagères des opticiens. Une matière éminemment naturelle, à condition que ce bois soit produit localement et ne soit pas traité avec des substances polluantes. On compte parmi les marques françaises en pointe sur ce matériau : Mou Sunglasses, des lunettes en bois basques ou In’bô en bois de Lorraine ; l’Ardéchoise Woodlun’s, utilisant chêne, châtaignier, frêne, hêtre avec des finitions en merisier, noyer, érable… et quelques bois précieux - zebrano, ébène et amarante -, issus du recyclage ; ou encore Shelter à Annecy, qui récupère du bois mort et façonne des solaires dans son atelier. La marque anglaise Bambooka utilise, elle, une espèce de bambou géant, qui donne des montures légères et solide et reverse ses bénéfices à People Empowered Preserved Earth qui soutient et enseigne la permaculture et l’hygiène. Et Hemp, comme son nom l’indique, utilise le chanvre. 

Bio-acétate et bioplastiques

Depuis le début des années 2010, des bioplastiques créés à partir de maïs, d’huile de ricin ou d’algues sont utilisés dans la fabrication de certaines lunettes. Le natural PX est un polymère composé à 65% d’huile de ricin. Mais parmi ces nouvelles matières, le bio-acétate est certainement la plus répandue. Ce polymère biosourcé, baptisé M49 et commercialisé depuis 2013 par Mazzucchelli, donne un matériau thermoplastique éco-responsable, est composé de poudre de flocons de coton et de cellulose de bois, mélangé avec un plastifiant d’origine naturelle. 100% biodégradable et recyclable, sans phtalates, il est capable de se dégrader naturellement en 115 jours une fois mis en terre. D’ailleurs, on trouve désormais chez Grand Optical, EcouterVoir(sous la marque Juste) et Générale d’optique (Go Green) des modèles en bio-acétate. Chez Afflelou, la Magic 13 est fabriquée en G850, à base d’huile de ricin (avec des verres en BD8, un matériau recyclable).

Depuis sa création en 2014, Moken, créé et basé à Hossegor, propose des lunettes biodégradables, biologiques et biosourcées, conçues à l’origine à partir de liège, de bois et de pierre. La griffe s’est récemment aventurée dans les bioplastiques, réalisés à base de plantes, pour construire des lunettes éthiques. Waiting for the sun a également développé un nouveau matériau, le bois2, un bioplastique recyclable et biodégradable, à base de bois recyclé des chutes de leurs montures en bois.

Des montures en matières recyclées

Dans un souci de zéro déchet, de nombreux lunetiers se sont lancés dans la fabrication de montures en matières recyclées, avec des origines diverses et souvent étonnantes : bois émanant de la fabrication de meuble, lamelles de vieux skate-board, et même anciens fûts de chêne deviennent ainsi la matière première des branches et des cercles des lunettes. D’autres procédés hautement techniques permettent également de valoriser des déchets alimentaires issus de la restauration en créant des montures de lunettes en marc de café compressé ou en coquillages broyés, ou les déchets récoltés dans les fonds marins.

Matières naturelles recyclées

Certaines montures sont ainsi fabriquées à partir de marc de café séché compressé (Ochis Coffee). La mer est une aussi bonne pourvoyeuse : la marque Naoned fabrique ses lunettes en Bretagne et propose des modèles en algue. Quant à Friendly Frenchy, ces Bretons récupèrent coquillages vides et carapaces de crustacés auprès des restaurants ou de l’industrie agro-alimentaire, les broient pour les intégrer à la confection de plaques solides dans lesquelles sont taillées les lunettes. Une autre de leurs collections est faite, elle, à base de pépins de raisin. La production est 100 % Made in France. 

Recyclage et Upcycling

De nombreuses marques, à l’instar de la Danoise Monkeyglasses - qui réalise aussi des montures en bioacétate - utilisent pour leurs collections en métal, du matériau recyclé.
Certaines montures, assez originales, sont fabriquées à partir d’objets du quotidien recyclés. Des fûts, des meubles, et même des skateboards (7 Plis) en fin de vie sont ainsi récupérés et transformés en montures recyclées. 

Vinylize en France, et Spexwax, à San Diego, réalisent leurs lunettes avec de vieux disques vinyles non-jouables. Chez ces derniers, les étuis offerts sont confectionnés dans la couverture de l’album vinyle utilisé. 

Yuma labs utilise l’impression 3D pour ses lunettes en frigo recyclé, en bouteilles de soda recyclé (provenance Europe) et même en tableau de bord recyclé (provenance Pays-Bas) !
SeatoSee a été créée par un Néerlandais installé à Barcelone. Il utilise les déchets (bouteilles, mais surtout filets de pêche) collectés et recyclés grâce à une collaboration avec des milliers de pêcheurs espagnols, français et d’Afrique de l’Ouest qu’il sensibilise ainsi, et fait fabriquer ses lunettes entièrement en Italie.

Outre la matière première des montures, reste le montage. Ainsi, la plupart des charnières étant fabriquées en Chine, certains lunetiers réalisent des montures à la main et sans visserie, afin d’optimiser leur biodégradation. Et afin d’avoir une démarche écoresponsable jusqu’au bout, ils utilisent des vernis et des colorants alimentaires pour finaliser leurs produits.

Enfin, afin d’éliminer le plastique, certains emballent les montures, lorsqu’elles sont envoyées chez l’opticien, de sachet en papier recyclé et recyclable. Et réalisent leurs étuis en carton ou en matières recyclées.

Les Lunettes vintage

Lunettes de ZAC - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

Certaines marques et certains opticiens ont entrepris de donner aux lunettes une seconde vie. En chinant dans des brocantes des lunettes des années 50 ou 60, en collectant auprès d’opticiens ou dans le cadre de campagnes, puis en les reconditionnant, soit pour les revendre dans leurs boutiques spécialisées, soit pour les proposer au grand public à faible revenu voire sans revenu du tout, comme les Lilloises de Lunettes de Zac. 

Photo : © Lunettes de Zac

Verres de lunettes et développement durable 

Si les montures permettent de faire preuve d’inventivité dans l’utilisation des matériaux, les verres correcteurs laissent moins d’alternatives, en tout cas pour l’instant. Les verres sont en effet, soit organiques (une matière synthétique), soit en polycarbonate, matière incassable et légère, soit minéraux. Si ces derniers se recyclent très bien, ils sont de moins en moins utilisés, parce qu’ils sont trop lourds et se cassent facilement. Mais ces verres minéraux semblent faire un léger retour pour les lunettes de soleil, notamment, car ils se rayent beaucoup moins.

Des procédés plus écologiques

Si les possibilités sont moindres côté matériau, de nombreux verriers mettent en place des processus de fabrication permettant de limiter l’impact de leur production sur l’environnement. Certains verriers français s’emploient à produire des verres écologiques en recyclant et réutilisant l’eau utilisée pour la taille des verres, en remplaçant certains consommables par des produits lavables, en supprimant l’emploi de plomb et en innovant dans l’impression 3D. 

Des verres optiques biodégradables ? 

Les verres optiques aussi peuvent être biodégradables. Certains fabricants réalisent des verres avec un bioplastique issu d’huile de ricin. Ils peuvent être transparents ou même teintés pour servir de protection solaire et se dégraderaient en moins de 4 ans dans la nature.

Des opticiens responsables

Ce sont aussi les opticiens qui font bouger le marché. L’un des premiers opticiens éco-responsables, Sébastien Bétend, avait créé en 2012, à Bron près de la frontière suisse, une boutique d’optique n’accueillant que des marques éco-responsables et fabriquées (et non-juste assemblées) en France. Il a fini par monter sa marque, OpSB, qui propose des lunettes « locales, éthiques et écologiques en matériau 100 % recyclable & biodégradable à 80 %. Plusieurs opticiens, à Paris et dans d’autres grandes villes, font ce choix également.

Jimmy fairly - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION
© Jimmy Fairly

La chaîne Jimmy Fairly propose aussi des lunettes trendy, avec un positionnement éthique avec sa politique « buy one, give one ». Pour chaque paire achetée, une paire de lunettes de vue neuve est donnée à une personne dans le besoin par le biais d’associations caritatives. 

Organiser la fin de vie des lunettes

Les lunettes « classiques » ne sont pas recyclables : dans son « Guide du tri », l’Ademe indique qu’elles doivent être jetées dans la poubelle des ordures ménagères, pour être incinérées ou enfouies. Les lunettes en bois n’échappent pas à cette consigne du fait de la colle qui lie les feuilles de bois. Selon une étude Opinionway réalisée pour Atol, cent millions de paires de lunettes dormiraient dans nos tiroirs en France. Pour la Fondation Krys, ce sont dix millions de paires encore utilisables qui sont jetées tous les ans en Europe et aux États-Unis. Mais, si elles sont en bon état, les lunettes peuvent être rapportées chez les opticiens qui le proposent et qui les redistribueront à des associations. Krys, Vision Plus et Lynx Optique relèvent de la Fondation Krys Group, Jimmy Fairly reprend les lunettes de ses clients. Le Lions Clubs et Lunettes sans frontières organisent aussi des collectes et redistributions afin que les lunettes participent à l’économie circulaire.

Le monde de l’optique est en pleine effervescence. A tel point qu’une opticienne passionnée et engagée a créé un label régi par 8 critères au sein d’une charte d’engagement, le label « Optic for good ». Encore à ses débuts, avec 11 marques et 9 opticiens, cette initiative – les labels faisant foi – devrait vite se développer.

Marques ethiques pour enfants - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION Image

Quelle mode éthique pour les enfants ?

Les marques green pour les petits, plus engagées et respectueuses de la planète, connaissent un essor spectaculaire. Une sélection coups de cœur pour leur concocter un dressing plus écolo. Pour avoir du style en étant éthique !

La Mode est montrée du doigt pour l’utilisation de substances nocives qui peuvent avoir un impact sur l’écosystème et sur les organismes, tant ils sont imprégnés de produits chimiques (métaux lourds, perturbateurs endocriniens, teintures allergènes…). En conséquence, les mamans essayent de plus en plus de concilier l’utile (habiller les enfants avec des marques respectueuses de leur peau, comme de l’environnement) à l’agréable (suivre les tendances).

Si vous cherchez des vêtements écoresponsables pour vos loulous, voici une sélection de cinq marques qui cochent toutes les cases : circuits courts, Made in France ou commerce équitable, matières nobles, labels… Le tout en s’adaptant à la tendance. Qui sera le plus beau à la récré ? Suivez aussi Mathilde Lepage, l’instagrameuse qui fait bouger les lignes de la planète mode, certains de ses conseils sont super malins !

Les Petites Choses

Une marque pour enfants et nourrissons basée à Montpellier.

Son crédo ? Du chic abordable, en matières naturelles type coton bio ou laine Mérinos pour l’hiver, certifié Oeko-Tex. La fabrication est européenne pour limiter l’empreinte carbone.

On aime : les invendus sont donnés à une association. Rien ne se perd.

La queue du chat

Queue du chat - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

Cette marque bordelaise propose du bio équitable, dans des collections décontractées et entièrement labellisées. Toute la chaîne de production des vêtements est certifiée, de la culture du coton à la fabrication des vêtements (GOTS, FLO et SA8000).

On aime : écolo aussi, avec des emballages biodégradables.

Photo : © La queue du chat

Papate

Sweat papate - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

La marque a opté pour une fabrication 100% française dans une démarche à la fois écoresponsable et citoyenne. Les sweats viennent de Marseille, les t-shirts et bodies de Saint-Pouange. Le tout en coton bio.

On aime : les vêtements proposés sont unisexes et non-genrés 

Photo : © Papate

Perpète

Ici, pas de collections mais des intemporels (le pantalon super costaud, le legging basique, les t-shirts de toutes les couleurs…).

L’idée ? Créer un dressing parfait pour toute l’année. Les fournisseurs sont européens, les matières de super qualité (faut que ça dure un peu !) et responsables (avec certification GOTS pour le coton).

On aime : l’engagement « seconde vie » de la marque. Perpète reprend tous les vêtements (trop petits et/ou abîmés) en échange de bons d’achat. Direction upcycling ou seconde main.

Animal Kids

Animal kids - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

Des vêtements super mimi à l’effigie d’animaux ! Le tout en coton bio certifié (GOTS) avec la garantie d’absence de produits chimiques dans la conception des habits. La philosophie de cette jolie marque française ? Habiller les plus petits et sensibiliser les plus grands sur les animaux en voie d’extinction ou en difficultés sur notre planète. Qui n’est pas sensible au sort des hippopotames d’Afrique, ou des pandas ? Sans oublier celui de Jules le narval ou de Maël le kangourou ? Car tous les animaux ont leur petit nom… Et les prix sont très corrects.

On aime : Animal kids reverse 15% du prix HT de chaque vente à l’ONG ou à l’action de votre choix.

Photo : © Animal Kids

Les 5 conseils de Mathilde Lepage

Instagrameuse @makemyclothesgreatagain et auteur de Changeons de mode (Ed. Eyrolles).

Mathilde Lepage - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION
  • Se fier aux labels en fonction des critères que l’on se fixe. Par exemple, les labels textiles comme Gots ou encore Oeko-Text garantissent un mode de production écologique et socialement responsable.
  • Choisir des matières non-irritantes pour la peau. Éviter au maximum le synthétique (polyester, acrylique), privilégier les matières naturelles comme le coton de préférence bio. Seul hic : le coût reste plus élevé.
  • Essayer la seconde main. C’est un bon moyen d’habiller les plus petits (qui grandissent vite) en évitant d’accentuer la spirale production-pollution-surconsommation. D’autant que les habits d’occasion (déjà portés, déjà lavés…) contiennent moins de microfibres toxiques. Quelques marques de seconde main en ligne pour enfants à suivre : Fashionizy, Kids O’clock, SoKyoot, Beebs, By Bambou, TyDressing, Little Kids, Patatam.
  • Rester connectés aux Marketplace de déstockage de marques éthiques, comme WILD ou Dream Act afin de trouver quelques marques de produits neufs.
  • Penser à la location ! Avec par exemple à Lille “Les p’tits louent” (mais il en existe dans de nombreuses villes) ou grâce à l’enseigne d’échange “Greendy Pact“.
Baskets clean - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION Image

Baskets éthiques : un grand pas vers le Clean

On a tous une paire de baskets, voire plusieurs ! Sauf que ce basique de nos armoires à chaussures- parfois culte- est souvent loin d’être vertueux. Matières premières, conditions de fabrication, fin de vie, autant de problèmes à résoudre pour que nos baskets soient clean.

En France, plus d’une paire de chaussures achetée sur deux (72 millions) est une paire de baskets, ou de sneakers plus exactement, ces chaussures d’athleisure, qui ne servent plus à faire du sport. Leurs ventes augmentent avec régularité (5 % par an) dans le monde depuis les années 80, quand cette mode a pris son essor avec le lancement de la Nike Air Jordan One, et la signature du partenariat historique entre la star de basket Michael Jordan et Nike. A l’échelle mondiale, les ventes représentaient 82 milliards de dollars en 2019, pour près d’un milliard de paires produites. On prévoit que le marché mondial des sneakers devrait atteindre un taux de croissance annuelle de 7 % entre 2020 et 2024.

Le problème : la grande majorité de ces chaussures est encore produite avec des matières polluantes, dans des pays où la main d’œuvre est généralement sous-payée et dont les conditions de travail sont souvent déplorables. Néanmoins, des progrès sont faits. Éclairage sur ces chaussures culte qui sont à nos pieds.

Un phénomène de société

La basket n’est plus depuis longtemps une chaussure de sport. Symbole du streetwear, c’est le soulier de base des moins de vingt ans qui ne portent plus que ça. Et si l’on veut bien acheter son jean chez Zara ou H&M, hors de question pour certains de ne pas arborer des sneakers signées d’une virgule, de 3 bandes ou d’un félin. Chaque nouvelle chaussure est lancée avec des plans marketing dignes de parfums et d’égéries en « collab » prestigieuses. Avec des pointures du type Kanye West ou Rihanna, la basket est devenue un phénomène sociétal, un marqueur social, un signe d’appartenance générationnel. Et elle touche toutes les générations et catégories sociales. En 2019, elles ont même représenté 90 % des ventes de chaussures chez Balenciaga, 70 % chez Pierre Hardy et Gucci, et 40 % chez Louis Vuitton et Hermès.

Si par snobisme, on achète ses baskets chez Lidl, c’est parce que c’est une édition ultra éphémère pour laquelle on aura fait 3 heures de queue, et qu’on pourra revendre 100 fois son prix d’achat sur le Net ! Une bourse de la basket s’est même créée en 2016, StockX, où les modèles les plus recherchées par les « sneakerheads » se revendent à prix d’or.
Bref, la basket a largement dépassé sa fonction première. C’est un objet de consommation de masse, vendu bien plus cher que son prix de revient. Et c’est bien le problème : la sneaker Grand public n’est pas très responsable.

Pas écolo du tout

Baskets pas écolo - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

La basket symbolise depuis longtemps les travers du capitalisme mondialisé. Conçue dans les pays occidentaux, produite à bas coût en Asie, lancée à grands renforts d’investissements marketing et publicité, elle se vend à des prix élevés, valorisant la marque et son cours en bourse.

Résultat : les sneakers affichent l’une des plus grosses empreintes carbones de tous les vêtements que nous portons.

D’après une étude réalisée par le MIT (Massachusetts Institute of Technology), une paire de baskets type « running shoes » classique génère environ 13,6 kilos d’émissions de CO2. L’essentiel de ces émissions est dû à la fabrication. Entre autres, parce que la plus grande partie d’une basket est composée de plastique, mais aussi de polyester, polyuréthane thermoplastique (TPU), ou d’éthylène-acétate de vinyle (EVA), autant de dérivés du pétrole. Mais aussi parce que toute la chaîne de production reproduit les dérives de la fast fashion (pollution, mauvaises conditions de travail, etc.).

Une prise de conscience

Même conscients de cet impact négatif, nous continuons d’acheter ces produits, car leur niveau de technicité et leur esthétique garantissent confort et stabilité (essentiels pour une chaussure de haute performance) et qu’ils sont toujours à la dernière mode.
Heureusement des changements se profilent à l’horizon. L’étude de la start-up Retviews, parue en 2020, confirme que la défense de l’environnement et la lutte contre le gaspillage sont au cœur des préoccupations du fait de la pandémie, tout particulièrement chez la génération Z, la plus grosse consommatrice de sneakers. 90 % d’entre eux sont prêts à changer leur façon de consommer, si bien que les grandes marques (et les nouvelles) de ce secteur ont déjà amorcé un virage en revoyant leur développement et leur production, avec plus de transparence et d’éthique pour satisfaire ces jeunes consommateurs.

L’offre alternative s’étoffe

Depuis une dizaine d’années, de nouvelles marques se créent à travers le monde, qui revendiquent une fabrication plus vertueuse, plus éthiques et plus green.

Veja, la pionnière

Veja - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION
© Veja

Veja, marque franco-brésilienne propose depuis 2005 des baskets fair-trade et biologiques, avec des matériaux plus chers mais plus durables, fabriquées par des ouvriers mieux rémunérés. Veja a ainsi monté son usine au Brésil selon les principes du commerce équitable, utilisant un maximum de matériaux durables : caoutchouc sauvage, coton bio ou cuir tanné avec des matières végétales. Pour la distribution, à Bonneuil-sur-Marne, Veja confie sa logistique à une entreprise de réinsertion. Confidentielle à son lancement, adoptée par Marion Cotillard au début des années 2010, elle a envahi les réseaux sociaux quand Meghan Markle et Emmanuel Macron les ont arborées. Condor de Veja créé fin 2019 fut “la première basket de running post-pétrole au monde”. Malgré tout, la marque reconnaît sur son site qu’elle connait encore des limites à la fabrication 100 % éthique et biologique de ses chaussures (rivets, teintures…). Après Veja, de nombreuses nouvelles marques ont vu le jour. Pour exemple, en Grande-Bretagne, Vivobarefoot, l’entreprise de footwear minimaliste vise la circularité complète avec son modèle Primus Lite II Bio qui se compose de plus de 30 % de matériaux naturels issus du végétal, comme le maïs, le caoutchouc naturel, et les algues.

150 nouvelles marques en France

En France, 150 nouvelles marques ont investi le marché de la basket ces cinq dernières années, en mettant en avant les thématiques de l’écoresponsabilité, de l’éthique et/ou de l’impact écologique.

Le label 1083, qui s’est déjà distingué par le jean responsable, a créé la basket 903 devenue en 2020 entièrement végan. On peut citer aussi Sessile (éco-conçue, réparable et made in France), Caruus (un modèle en lin recyclé et upcyclé fabriqué en France), Clae (en cuir de cactus).

Wilo lance une basket “zéro plastique”, 100 % végétale et biodégradable, fabriquée en France. Chez Ector, les sneakers sont entièrement tricotées à partir de bouteilles en plastique recyclé, entre Saint-Etienne et Romans. À noter également des initiatives éthiques avec partenariats en vue de développement dans certains pays : Panafrica avec le Maroc, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, ou Perus qui fabrique de façon artisanale au Pérou dans un cadre de commerce équitable.

TBS (groupe Eram) a récemment présenté RE-Source, modèle recyclable à l’infini. Et la célèbre tennis Bensimon vient de sortir sa version éco-conçue, baptisée B-79. Articulée autour de deux modèles, la gamme fabriquée en Espagne arbore des semelles extérieures en caoutchouc naturel recyclé, des semelles intérieures en liège recyclé, alors que les tiges des chaussures sont en coton biologique.

Recyclées, upcyclées, en matières premières durables ou plastiques recyclés, toutes les options sont permises, et quand elles ne sont pas made in France, leur production est faite dans des conditions éthiques.

Les grands équipementiers s’y mettent

Ces marques émergentes, les grandes campagnes des années 1990/2000 et la volonté des acheteurs de consommer plus responsable ont poussé les grandes marques à revoir leurs pratiques. Toutes ont engagé des démarches de fabrication plus écologiques et certaines (Nike, Adidas) sont allées jusqu’à se positionner contre le travail forcé des Ouïghours, au risque d’être boycottées en Chine.

Pour rappel, Nike qui avait embauché Colin Kaepernick en 2018, footballeur américain devenu symbole politique du mouvement Black Lives Matter, pour la campagne des 30 ans de son slogan « Just Do It », déclenchait l’ire des suprémacistes blancs et Trumpistes. Reste que, selon le Collectif Ethique sur l’étiquette – qui est pour le progrès social Contre la violation des droits de l’homme au travail-, le coût de la main d’œuvre ne représenterait que 3$ sur une basket vendue 80$ !

De nouvelles technologies de fabrication

Les marques leader ont désormais à cœur de concilier technologie et écoresponsabilité :

  • La technologie Flyknit Nike – qui utilise du polyester recyclé à partir de bouteilles en plastique pour élaborer une maille haute précision – créerait 60 % de déchets de moins que la fabrication traditionnelle et aurait permis d’éviter 1,5 millions de kilos de déchets. Nike a fait de l’économie circulaire une de ses principales préoccupations. Outre les basquets Space Hippie en plastique recyclé pour réduire sa quantité de déchets, la marque à la virgule a décidé de remettre en vente des paires peu portées, et de proposer en rayon des chaussures avec un léger défaut de fabrication. Baptisé Nike Refurbished, ce nouveau service est déjà disponible dans quelques magasins américains et le sera bientôt dans quinze Nike Stores au total. Nike prévoit également la sortie à l’été 2021 d’une ligne Vegan appelée « Better », avec notamment des modèles d’Air Force.
  • Le Coq Sportif a, lui, dévoilé deux modèles 100 % végétal, fabriqués à partir des marcs de raisin (résidus non utilisés après extraction des jus pour la production du vin ou de la grappa). Produite au Portugal à partir de matières sourcées en Italie, la semelle intérieure est confectionnée en liège, celle à l’extérieure en caoutchouc et les lacets sont en coton. Deux modèles sont ainsi proposés : la Nérée, à l’allure rétro running, et la Gaïa, rappel des modèles Court de la marque.
  • Adidas, la marque aux 3 bandes, avait déjà lancé des processus de production plus écologiques pour ses baskets dès 2015 avec un modèle conçu avec Parley For The Ocean, à partir de déchets plastiques marins recyclés (15 millions de paires vendues en 2020). Le fabricant allemand a lancé début 2021 la Stan Smith Primegreen, qui affiche une composition à 50 % recyclée, faite d’une tige en Primegreen, d’une semelle en caoutchouc recyclé et de lacets en polyester et caoutchouc recyclés. On annonce la naissance de Stan Smith Mylo, à base de cuir de champignon. La marque Adidas a aussi lancé depuis 2019 la Futurecraft.loop, une running haute performance, faite en polyuréthane thermoplastique – plastique considéré comme durable- et sans colle, 100 % recyclée et recyclable, qu’elle espère rendre recyclable à l’infini.
  • Reebok, qui appartient au groupe Adidas, a de son côté dévoilé fin 2019 une paire de running végane, confectionnée à base de graines de ricin et de caoutchouc naturel pour la semelle, de mousse d’algues pour la doublure et de bois d’eucalyptus pour le dessus de sa chaussure. Cette enseigne sportive comptait déjà dans ses produits une paire de baskets écologique fabriquée à partir de coton bio et de maïs pour la semelle.
  • Quant à Yeezy, le label streetwear piloté par Kanye West, ses sneakers baptisées Clog sont entièrement biodégradables, à base de mousse d’algue.

Des progrès éthiques et écologiques

À la suite des grandes campagnes des années 1990, qui ont révélé les conditions de travail indignes des sous-traitants de Nike en Indonésie notamment, la firme a instauré en 1992 un Code de Travail, revu en 1998 et 2001. Ce code interdit le travail forcé et le travail des enfants, assure aux travailleurs un salaire minimum ou celui courant dans l’industrie et le droit à l’association libre et la négociation collective dans un environnement de travail sûr et sain. Des ONG américaines d’envergure internationale travaillent à la vérification effective, sur le terrain, des conditions de travail dans les usines mises en cause, comme la Fair Labor Association (FLA). Reste que les grands équipementiers produisent massivement en Asie du Sud Est. Et depuis une dizaine d’années, devant l’augmentation du coût de de la main d’œuvre, ils ont largement relocalisé leurs usines de production au Vietnam, Cambodge et Indonésie.

Depuis septembre 2019, Nike a aussi mis en place le programme Move to Zero, visant zéro émission de carbone et zéro gâchis. Pour y parvenir, l’entreprise a l’intention d’équiper tous ses sites d’énergie renouvelable d’ici à 2025 et de baisser ses émissions de gaz à effet de serre de 30%.

Ainsi, certaines enseignes font le choix du commerce équitable, d’autres des matières premières recyclées, d’autres enfin de nouvelles matières premières upcyclées et véganes. Qui privilégier ?
Une marque est-elle éco-responsable quand elle fabrique du recyclé, mais dans des usines aux conditions de travail critiquables ?

La fabrication de baskets est encore loin d’être parfaite, mais là aussi, une dynamique est engagée. Reste un autre point crucial : le magazine Capital diffusé fin mars 2021 sur M6 évoquait 600 millions de paires jetées par an en France. Et 90 % de ces chaussures seraient enfouies ou incinérées. Si la production devient de plus en plus responsable, reste aux consommateurs à faire de même…

Lin - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION Image

Le lin, trendy, multi talents et écoresponsable

Sa cote de popularité est en plein essor. De plus en plus de marques en ont fait, ces dernières saisons, la vedette de leurs collections. Même le spécialiste du coton, Petit Bateau, lui a dédié une ligne. On le trouve aussi dans certains produits cosmétiques !  Il faut dire que le lin cumule les bons points.

Dans la Clean Fashion (mode éthique), le linge de table ou le linge de lit, le lin a le vent en poupe. S’il ne représente encore que 2,4% de la production mondiale de fibres naturelles (75% pour le coton), il est produit à 80% en Europe et c’est la France qui est le premier producteur mondial. Cocorico !

C’est pourquoi nombre de marques qui privilégient désormais le Made in France, le remettent à l’honneur. Et œuvrent pour rétablir une filière encore trop délocalisée.

Le lin, une plante écologique 

Le Lin est une plante herbacée aux jolies fleurs bleues. Ses fibres naturelles se trouvent dans sa tige et non pas dans ses fleurs. C’est la plus ancienne matière naturelle au monde. À l’époque des Pharaons, on embaumait les corps dans des bandelettes de lin. Aujourd’hui, il est surtout cultivé pour ses fibres textiles et ses graines oléagineuses.

- Un impact environnemental quasi nul

La culture du lin est peu gourmande en eau et en pesticides. La plante pousse naturellement grâce à la chaleur du soleil et l’eau de pluie, elle ne requiert donc aucune irrigation, contrairement au coton. C’est également une fibre végétale très résistante qui n’a quasiment pas besoin d’engrais, ni même de pesticides. De plus, le lin est un puits à carbone : chaque hectare de lin retient chaque année 3,7 tonnes de CO2.

La production de lin est, elle aussi, écologique. Chacune des étapes de la transformation (récolte, rouissage, teillage, peignage, filature, tissage, confection), se fait mécaniquement et sans solvants chimiques. Un hectare de lin donne en moyenne à 1 300 kilos de fibres longues teillées, dans lesquelles la paille et la graine sont séparées. Enfin, si la fibre originale n’a pas été mélangée avec des fibres synthétiques ni subie de teintures chimiques, elle est totalement biodégradable.

- Zéro déchet

Autre avantage, toutes les parties de la plante sont utilisées. Ses tiges deviennent des fibres aux usages multiples. Ses graines sont récupérées soit pour être de nouveau semées, soit pour fabriquer des huiles alimentaires riches oméga 3 ou des peintures.

Le lin, un textile aux multiples qualités

– Le lin est réputé pour son incroyable résistance (2 à 3 fois supérieure à celle du coton). 

Solide, légère et souple à la fois, la fibre de lin a une très longue durée de vie. Si elle paraît rigide de prime abord, elle s’assouplit au fil des utilisations et lavages. Le lin doit cette propriété aux pectines – de la famille des sucres- qui composent les parois de ses fibres. Elles permettent de structurer et de maintenir les fibres entre elles. C’est également ce qui le rend hydrophile, c’est-à-dire très absorbant : le lin peut retenir 20% de son poids en humidité.

Cette particularité explique ses propriétés thermorégulatrice, hypoallergénique et antibactérienne. De ce fait, les vêtements en lin sont particulièrement agréables à porter par temps chaud. Légers, ils conservent le corps à une température idéale tout en ayant un super pouvoir d’absorption. C’est aussi un très bon isolant, grâce à sa fibre creuse qui conserve aussi bien la chaleur que la fraîcheur.

- Et ses nombreux débouchés

Draps en lin - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

Le lin connaît de multiples usages. Ses fibres fines sont utilisées pour l’habillement, le linge de maison et le tissu d’ameublement, avec une image de noblesse haut de gamme. Les fibres de lin plus épaisses, elles, servent de matière isolante, pour absorber les vibrations ou sont introduites dans des matériaux composites pour les renforcer. Le lin est aussi utilisé dans le secteur automobile (composants et isolants), hi-tech (casques audios, chaînes) et du sport (skis, vélos, raquettes de tennis, planches de surf, etc.). Le lin rentre aussi dans la fabrication de billets de banque ou de papier à cigarette.

La France, premier producteur mondial de lin et exportateur

- Une production majoritairement européenne

Production de lin - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION

Le lin pousse exclusivement sous les climats tempérés et humides. Et de fait, 85% du lin teillé produit mondialement provient d’une bande côtière allant de Caen à Amsterdam, suivant les littoraux de la Belgique, des Pays-Bas et de la France. En France, premier producteur mondial avec 140 000 hectares de culture, le lin est cultivé en Seine-Maritime, dans le Nord, le Pas de Calais, la Somme, l’Oise, l’Eure, et le Calvados. La France est reconnue pour son lin de grande qualité aux fibres fines et résistantes. La filière européenne du lin se compose aujourd’hui de 10.000 entreprises réparties dans 14 pays.

- Une production exportée

Le hic : 95% de la production française est exportée, principalement en Chine ou en Inde, pour y être transformée. Ce qui alourdit évidemment l’empreinte carbone de cette matière si écologique. À l’autre bout du monde, les ouvriers d’usines chinoises et indiennes filent, tissent et confectionnent des vêtements qui sont ensuite revendus en France, en Italie ou en Belgique, mais aussi au Japon, friand de cette fibre, et même aujourd’hui en Chine. La France achète donc des vêtements fabriqués avec le lin qu’elle a vendu quelques mois plus tôt.

De plus, certains fabricants ont recours à des produits chimiques pendant les phases de transformation du lin (coloration, traitement chimique, etc.) qui altèrent le caractère écologique et la qualité de la fibre naturelle du lin. Les vêtements se froissent, s’abîment plus vite et sont moins durables. Certes, certains labels, comme “Master of linen”, garantissent un lin 100% Européen, du champ au fil jusqu’au tissu.

Des filatures pour un lin 100% français

Cette aberration a alerté certaines marques adeptes du Made In France. 

S’est ainsi créé un collectif baptisé Linpossible, mené par les marques engagées Splice et 1083, suivies par Le Slip Français, l’association LCBIO (Lin et Chanvre Bio), la société textile alsacienne Velcorex, l’entreprise de Romans-sur-Isère Tissage de France, la coopérative spécialisée Terre de Lin et l’un des derniers filateurs européens de lin, Safilin. 

Le collectif œuvre depuis des années pour que des filatures réouvrent en France, dernier maillon manquant d’une chaîne d’approvisionnement de vêtements en lin réalisés à 100% en France. En effet, Safilin, la dernière filature nationale, avait dû fermer en 2005 son site des Hauts-de-France pour installer ses machines en Pologne. Safilin va donc rouvrir en 2022 une filature avec 14 métiers à filer, dont douze dédiés à une production “au mouillé” (utilisée principalement pour la confection textile) et deux filatures “au sec” (fil plus épais, notamment destiné à la décoration, mais aussi à des pièces épaisses), pour générer 350 tonnes de fils par an.

D’autres projets ont aussi émergé. L’entreprise alsacienne Velcorex a installé en 2021 un site de filature au sec pour produire notamment du denim de lin. Et Natup, qui détient déjà une usine de peignage de lin (42 salariés), devrait installer début 2022 à Saint-Martin-du-Tilleul (Normandie) une filature d’une capacité de production de 250 tonnes de fil de lin par an avec 25 salariés. Avec un coût cependant : le collectif Linpossible estime que le prix du kilo de lin filé en France vaudra environ le double du lin filé à l’étranger.

Le lin, matière écologique et fierté française, s’exporte désormais dans le monde entier, mais en passant par des filatures au mieux européennes, souvent chinoises. Ce qui alourdit son empreinte écologique et détériore parfois sa qualité. Heureusement, le défi de recréer une filière 100% française semble relevé, mais pour fabriquer un lin plus luxueux et donc plus onéreux. 

le comte Hilaire de Chardonnet - Clean Fashion - WE ARE CLEAN Image

La viscose, clean ou pas clean ?

La viscose est étiquetée sur nos vêtements comme une matière naturelle. Mais en réalité, c’est un procédé de transformation d’une matière naturelle, et un procédé pas si propre que cela !

La viscose : une matière artificielle, d’origine naturelle

La viscose est une matière dérivée du bois, qui a ses avantages mais aussi ses inconvénients.

Dérivée du bois

On la qualifie de matière naturelle, car elle est obtenue à partir d’une fibre naturelle. En effet, la viscose est dérivée de la cellulose de bois (bambou, maïs, soja, hêtre ou eucalyptus). Le terme viscose provient de la façon dont la fibre est fabriquée, un liquide organique visqueux utilisé pour fabriquer à la fois de la rayonne et de la cellophane. À l’origine, on l’appelait soie artificielle, car ce procédé de transformation a été inventé en 1884 par un Français, le comte Hilaire de Chardonnet, qui cherchait à obtenir une matière proche de la soie, alors très en vogue mais coûteuse (le terme rayonne est, lui, apparu en 1924.). Le succès fut immédiat. La viscose n’a été concurrencée par les fibres synthétiques, dérivées du pétrole, qu’à partir de 1938.
Pourtant, aujourd’hui encore, la viscose est très répandue dans l’industrie textile. On estime que 99 millions de tonnes de pâte de bois sont utilisés chaque année dans le monde pour produire la viscose !

Une matière « facile »

Les fibres artificielles obtenues – outre leur faible coût – donnent un tissu fluide, brillant, doux, fin, parfois moulant et agréable à porter. De plus, les tissus en viscose sont très résistants et fixent bien la couleur. Ils résistent mieux aux lavages successifs que les fibres naturelles, qui peuvent se délaver.
Mais la viscose a aussi ses limites. Ceux qui ont essayé de laver un vêtement dont le tissu de fabrication n’aurait pas été prélavé, le savent : la viscose peut rétrécir au lavage, se froisser facilement et se détériorer à l’exposition à la lumière. De plus, ses fibres n’absorbent pas l’humidité et ne retiennent pas la chaleur. Elles sont donc mal adaptées aux vêtements d’hiver et aux vêtements techniques pour le sport.

Un processus de fabrication chimique, polluant et gourmand

Présentées comme des alternatives écologiques durables et biodégradables au coton et au polyester, par leur origine naturelle, les viscoses sont prometteuses, mais leur fabrication a des effets sur l’environnement.

Elles favorisent la déforestation

Deforestation  - CLEAN FOR GOOD - WE ARE CLEAN

Pour fournir le bois nécessaire à la production de ces matières artificielles (5 millions de tonnes), 70 millions d’arbres sont abattus chaque année uniquement pour répondre à la demande de l’industrie textile. En effet, il faut environ 1 kg de fibres naturelles pour obtenir 400 g de fibres viscoses régénérées. Et des milliers d’hectares de forêts tropicales sont abattus pour planter des arbres spécifiquement utilisés pour la production de rayonne. De plus, les agriculteurs pratiquent la monoculture qui détruit la biodiversité car elle puise toujours les mêmes nutriments dans le sol et l’épuise, obligeant les agriculteurs à utiliser pesticides et engrais.

Une transformation polluante

Le procédé viscose est très gourmand en eau lors de sa fabrication : 400 à 11 000 litres d’eau sont consommés pour fabriquer 1 kg de viscose. La pulpe de bois est dissoute dans des bains de soude caustique afin d’obtenir une masse floconneuse qui est mélangée à du disulfure de carbone – toxique et inflammable – pour devenir une pâte, ensuite tirée en fils puis tissée. Enfin, les filaments obtenus sont refroidis dans un bain de sulfates et d’acide sulfurique qui permettent de fixer les fibres. Dans les pays en voie de développement où la viscose est fabriquée, on ne dispose pas de retraitement des déchets chimiques, si bien qu’ils sont rejetés dans la nature et les rivières et polluent les écosystèmes.
De plus, ces produits chimiques agressifs restent en partie présents dans les tissus fabriqués à partir de viscose malgré les traitements (teinture, impression, finitions, lavages …). La viscose est alors toxique pour le consommateur après l’avoir été pour la main d’œuvre qui l’a fabriquée.

Il existe des viscoses éthiques et écologiques

Malgré ce processus de fabrication polluant, la viscose est toujours très utilisée, y compris par des marques de mode se proclamant éthiques et éco-responsables.

Issues de forêts durables

Certaines viscoses sont issues de pulpe de bambou ou d’eucalyptus provenant de forêts gérées durablement, qui disposent du certificat PEFE-FSE ou FSC. Cela certifie que la source de matière végétale est respectueuse de l’environnement et du travail des hommes. Stella McCartney utilise ainsi de la viscose tirée de forêts durables suédoises.

Un procédé plus propre

Pour la fondation Changing Markets, la conception d’une viscose plus propre n’est pas impossible. L’organisme a ainsi rédigé une feuille de route à destination des entreprises du secteur, mettant en lumière les différents moyens d’assurer une chaîne d’approvisionnement plus sûre et respectueuse des hommes et de la planète.

Les enseignes de fast fashion sont de plus en plus nombreuses à s’engager sur cette voie, en signant cette feuille de route.

Le Lyocell, la viscose clean

La viscose est de plus en plus souvent fabriquée avec le procédé de transformation Lyocell (ou Tencel). Celui-ci utilise le N-oxyde de N-Méthlymorpholine (NMMO) comme solvant, qui a la particularité de se recycler lui aussi. Le procédé fonctionne ainsi en circuit quasi-fermé. De plus, l’eau est récupérée et les plantes fournissant la cellulose sont issues de forêts gérées durablement. Enfin, les fibres Lyocell sont biodégradables.

Une enquête publiée le 10 janvier 2019, commandée par la fondation Changing Markets et la Clean Clothes Campaign à l’agence Ipsos-Mori, révélait que 75 % des consommateurs français pensent que les marques de vêtements devraient fournir des informations sur leurs engagements environnementaux et que 72 % des Français approuvent l’idée que les marques de vêtements soient amenées à fournir des informations sur leurs fabricants de viscose et l’impact de ces derniers sur l’environnement. Malgré des efforts, on en est encore loin !

Vitrine Dior - Clean Fashion - WE ARE CLEAN Image

Peut-on concilier luxe et clean ?

Si luxe et développement durable paraissent a priori totalement incompatibles, la réalité est plus complexe. Synonyme de qualité et d’objet durable, le secteur du luxe se doit de montrer l’exemple, sous la pression de ses futurs clients et des observateurs du marché

Quand le luxe est associé à un univers d’excès et de prestige, accessible à une minorité de privilégiés, le développement durable induit, lui, une idée de responsabilité générale et de consommation plus raisonnable. A priori, les deux paraissent antinomiques. Et de fait, plus de 56,7% des Français, acheteurs du luxe, les estiment contradictoires*. Pourtant, la demande RSE à l’égard du secteur est grandissante, ce que pointait déjà en 2018 le rapport du Boston Consulting Group (BCG). Clients du luxe, associations défendant des causes environnementales ou sociales, agences de notation RSE, fonds d’investissement éthiques : tous scrutent les moindres faits et gestes du secteur du luxe.

Le luxe, ostentatoire et inutile ou beau et durable ?

Une nouvelle définition de l’objet de luxe s’impose.

Qu’est-ce qu’un objet de luxe ?

C’est là, la première pierre d’achoppement. Selon la même étude de Jean-Noël Kapferer et Anne Michaut*, l’antinomie luxe/développement durable est forte pour 70,2% de ceux pour qui le luxe désigne ce qui est cher et pour 68,4% des personnes qui le définissent comme ce qui est rare. En revanche, ceux pour qui luxe signifie un niveau de qualité exceptionnel ne sont plus que 48,2% à y voir une contradiction.

Car, à l’origine, ce qui définit un objet de luxe, c’est :

– la rareté : fabriqué en petites quantités, il n’épuise pas les réserves de matières premières naturelles, dont la préservation assure la pérennité du métier

– l’artisanat : réalisé en partie à la main, il sauvegarde un savoir-faire de qualité

– la durabilité : à l’inverse de la fast fashion pour la mode, il est fait pour durer

De l’artisanat à l’industrie du luxe

Le problème, c’est que si quelques maisons maintiennent une activité artisanale avec des entreprises familiales dotées d’un savoir-faire rare, la majeure partie est devenue une industrie du luxe, portée par des groupes cotés en Bourse, concentrant dans leur portefeuille une myriade de marques allant de la mode aux spiritueux en passant par la beauté.

De la valeur aux valeurs

Dans les années 80 , posséder un objet d’une marque de luxe était synonyme d’accession à un statut, à une reconnaissance sociale. L’important n’était pas qu’il soit beau, mais qu’il soit cher et que la marque soit reconnue au premier coup d’œil. C’est ainsi que le prix des produits de luxe s’est déconnecté de leur prix de revient, mesurant la valeur de la marque, et par ricochet de celui qui l’arborait.

Si c’est encore le cas pour nombre de consommateurs du luxe, une étude du Boston Consulting Group (BCG) a identifié dès 2017 parmi les gros acheteurs de luxe un nouveau profil baptisé les «social wearers», qui manifestent un fort attachement aux questions éthiques et environnementales dans leur relation aux marques, et dont la part de marché a doublé en cinq ans.

Enfin, selon un sondage Ipsos, 68% des 18-34 ans en Europe estimaient en 2020 qu’une marque de luxe devait avoir des engagements éthiques et écologiques. Quand on sait que, toujours selon le BCG, « 80 % de la croissance du luxe vient des 23-38 ans », on comprend l’enjeu crucial que constitue l’essor de nouvelles pratiques – et le fait de le faire savoir – pour les groupes de luxe.

De l’obligation à la prise de conscience des groupes de luxe

Une démarche dictée par les instances mais aussi par les entreprises elles-mêmes, en interne.

Guidés par une obligation

L’obligation RSE a rattrapé les groupes de luxe comme toutes les entreprises. L’obligation de reporting RSE a été instaurée en France par l’article 116 de la loi sur les nouvelles régulations économiques (NRE) de 2001 pour les sociétés cotées en bourse, puis élargi en 2011 par la Loi Grenelle 2 à celles de plus de 500 employés ou générant un chiffre d’affaires de plus de 100 millions d’euros. Depuis la loi Pacte de 2019, le « reporting extra financier » annuel touche quasiment toutes les entreprises et collectivités. Il s’agit de la publication d’informations liées à 42 items répartis dans 3 thématiques : le social, l’environnement, les engagements en faveur du développement durable.

Les entreprises du luxe n’ont pas eu d’autre choix que de se pencher sur leurs bilans, plus par gestion du risque que par conviction à l’origine. D’autant que les fonds d’investissement et les analystes financiers ont aussi exercé une pression : quand on pratique de tels prix, le risque de voir sa réputation ternie est maximisé. Pas question d’être épinglé par une ONG, ou un lanceur d’alerte, et de voir sa cotation chuter.

Un changement de paradigme

Afin de sauvegarder leur réputation, les groupes français du luxe ont audité leur chaîne de valeur et défini des zones sensibles et des priorités dès la fin des années 1990, du sourcing des matières à la fabrication, de la logistique aux magasins.

C’est ainsi, par exemple, que les marques de luxe du cuir ont été les premières à remettre en cause les processus de tannage polluants et dangereux pour la santé des artisans.

Dans la joaillerie, elles ont été les premières à adhérer en 2003 au Système de certification du processus de Kimberley (en Afrique du Sud), qui interdit la vente de diamants non certifiés et provenant de zones de guerre.

Pour prévenir toute crise, certaines ont même préféré prendre les devants en décidant de ne plus vendre de fourrure, ni de produits fabriqués avec des peaux exotiques, car elles ne pouvaient en garantir la source.

Des engagements forts de tous les groupes de luxe

Chaque groupe du secteur du luxe a établi sa propre démarche

Kering, le groupe de François-Henri Pinault

Kering - WE ARE CLEAN - CLEAN FASHION
©Kering

Propriétaire de Gucci, Yves Saint Laurent et Balenciaga… le groupe de François-Henri Pinault a été le premier à nommer un « directeur du Développement durable » en 2010 et à éditer un « compte de résultat environnemental », pour mesurer l’impact de ses activités sur l’environnement, de la confection des produits jusqu’à leur vente. Avec son programme « CARE », le groupe promet d’ici 2025, une diminution de 50% de ses émissions de CO2 et ambitionne que 100 % de ses fournisseurs répondront aux standards définis par le Groupe en matière de réduction de l’empreinte environnementale, de traçabilité, de bien-être animal, d’utilisation des produits chimiques et de conditions de travail. La marque Gucci avait déjà annoncé en 2019 être neutre en carbone. Parmi ses développements, Kering investit dans les biotechnologies pour mettre au point un cuir écologique et éthique fabriqué en laboratoire, à partir de cellules animales vivantes.

LVMH, le groupe de Bernard Arnault

En 2012, le groupe aux plus de 70 marques (Sephora, La Samaritaine, Le Bon Marché, Louis Vuitton, Guerlain, Dior, Céline, Fendi, Chaumet…) présentait son programme environnemental Life 2020, prolongé en 2019 par le programme Future Life, faisant de la préservation de la biodiversité, de la lutte contre le dérèglement climatique, de l’économie circulaire ou encore de la traçabilité, des enjeux prioritaires. Le Groupe de Bernard Arnault s’engage à ce que dans 5 ans, 100% des matières premières stratégiques soient certifiées par des moyens préservant les écosystèmes et les ressources en eau. Le Groupe LVMH lance également des programmes d’agriculture régénératrice, tels que la reforestation des vignobles. A noter que ce groupe s’est engagé à réduire de 50%, d’ici 2026, ses émissions de carbone liées aux consommations énergétiques, ainsi qu’à alimenter ses boutiques et sites exclusivement en énergie renouvelable. Enfin, la société a assuré que ses Maisons n’utiliseraient plus de plastique vierge dans leurs emballages d’ici à 2026.

Pour ce faire, la créatrice britannique Stella McCartney, pionnière dans la défense de l’environnement et des droits des animaux – et à peine dégagée de la participation du groupe Kering dans sa marque – a été nommée conseillère spéciale en matière de développement durable auprès de Bernard Arnault.

La création du Fashion Pact

Lors du Sommet du G7 de Biarritz en 2019, a été créé le Fashion Pact à l’initiative de François-Henri Pinault, réunissant 56 entreprises et 250 marques dont Kering, Hermès, Chanel. L’objectif : enrayer le réchauffement climatique, restaurer la biodiversité et protéger les océans.

Des exemples concrets au sein des marques de luxe

Les marques de luxe ont bien compris qu’elles devaient agir vite avec des initiatives visibles

Prada, Burberry, Chanel et Giorgio Armani ont renoncé à la fourrure depuis quelques années.

Dans le groupe Kering, les marques Saint Laurent et Brioni étaient les deux dernières à utiliser de la fourrure animale – Gucci, Balenciaga, Bottega Veneta et Alexander McQueen y avaient déjà renoncé. Ce sera fini à compter des collections de l’automne 2022, a annoncé le groupe en septembre 2021. Au même moment, la chanteuse Billie Eilish a posé comme condition à la griffe Oscar de la Renta, pour porter une de ses robes au prestigieux Gala du Met, que la Maison cesse de commercialiser de la vraie fourrure.

Chez Cartier et Boucheron notamment, tout l’or est traçable.

Richemont, le groupe de luxe suisse, a lancé en 2018 la marque Baume, qui fabrique des montres sans aucune matière animale, ni pierre précieuse, entièrement à partir de produits recyclés, en limitant la logistique au maximum pour réduire l’empreinte carbone et éviter la destruction de stocks.

Ilaria Fendi, a lancé Carmina Campus, qui fabrique des sacs de luxe à partir de matières recyclées, quand Stella McCartney mise sur le cuir synthétique ou végétal.

Dans le secteur de la beauté, les marques de luxe (Dior et Guerlain chez LVMH, Lancôme ou Armani chez L’Oréal, Chanel) sont passées à des procédés d’extraction clean, à la chimie verte et ont audité leurs fournisseurs de matières premières, leurs usines de fabrication, tout en mettant en place des filières d’approvisionnement éthiques. Les marques de luxe en beauté s’appuient sur des programmes de soutien à des ONG, et commencent à nettoyer leurs formules. Reste qu’il est très compliqué de parvenir à satisfaire à la fois les objectifs de formules « clean » et les critères d’exigence de sensorialité et de plaisir d’utilisation des consommatrices du luxe !

Le luxe sans beau packaging, est-ce possible ?

Le packaging fait partie intégrante de l’ADN d’une marque du luxe. Il doit en refléter l’image et le statut. Et, ce d’autant plus quand l’e-commerce se développe et remplace l’expérience en boutique, et qu’ouvrir ses paquets quasi en direct sur les réseaux sociaux est devenu une norme. Mais dans cette évolution RSE, peut-on continuer à multiplier les emballages, statutaires certes, mais coûteux et superflus ?

Que dire des écrins de joaillerie, avec moult rubans, cartons et pochons ? Des tonnes de verre des parfums, qui obligent à des cartons aux multiples cales ? Des objets de beauté qui se doivent d’être lourds en plastique pour donner la sensation de luxe ?

La révolution du pack éco-conçu

Ruinart - CLEAN FASHION - WE ARE CLEAN
©Ruinart

L’éco-packaging se développe dans le luxe aussi. Le recyclable devient la norme, les coffrets s’émancipent du plastique, le verre est recyclé et recyclable, les encres sont végétales, le métal intègre l’aluminium recyclé. On réduit le poids des emballages pour une approche plus vertueuse, mais aussi le suremballage.

A titre d’exemple, la nouvelle coque moulée du champagne Ruinart a nécessité deux années de recherche et développement. Elle est éco-conçue, ne contient aucun plastique, est 100 % recyclable et neuf fois plus légère que les coffrets précédemment utilisés.

En beauté, une gageure

En beauté, où le pack fait partie du produit, les marques de luxe passent aussi à l’éco-packaging.

Pour le pack secondaire (le carton externe), on supprime progressivement les notices et cellophanes, les cales et peu à peu les pochons qui enveloppent les produits de maquillage.

Le parfum est ressourçable : Mugler, avec Angel (à l’époque licence du groupe Clarins) avait révolutionné le monde du parfum dès les années 90 en créant les Sources, où l’on pouvait remplir son flacon vide. Désormais, chez Guerlain, les flacons Abeille se remplissent aux fontaines à parfums des magasins. C’est le cas aussi des fragrances Louis Vuitton depuis leur lancement en 2016. Chez Dior, le parfum Sauvage existe en version rechargeable en bidon d’aluminium. Tout comme le parfum H24, le dernier né d’Hermès. Et le parfum Chanel N°5 sera le premier flacon de parfum à intégrer du verre recyclé tout en conservant sa pureté et sa transparence grâce au travail du verrier Pochet Du Courval. En 2022, tous les autres parfums de la marque suivront la même voie.

Les pots de crème de luxe et rouges à lèvres aussi deviennent rechargeables. La Bouche Rouge a fait le choix des matières nobles (métal, cuir) et du pack personnalisable et rechargeable pour ses rouges à lèvres, puis ses poudres. Les Rouges d’Hermès ont été conçus ainsi dès leur lancement, le Rouge Dior le devient cette année. Enfin, Guerlain, Sephora et de plus en plus de boutiques de cosmétiques proposent la collecte des produits vides pour recyclage.

Le monde du luxe est par définition gourmand en ressources rares et coûteuses. Sous les feux des projecteurs et ayant besoin de prouver ses bonnes intentions à la fois à l’égard de ses clients et de ses investisseurs, cette industrie œuvre pour améliorer son bilan carbone et sa transparence et pour rendre son empreinte environnementale la plus vertueuse possible, allant jusqu’à réintroduire et protéger des espèces végétales.

Reste que leurs acheteurs attendent encore aujourd’hui des marques de luxe du rêve, de la créativité et une exubérance, qui paraissent souvent en contradiction avec le clean au sens large.

*Jean-Noël Kapferer et Anne Michaut, “Luxury and sustainability : a common future ? The match depends on how consumers define luxury”, Luxury Research Journal