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Clean Beauty

Upcycling - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY Image

L’Upcycling, l’art du recyclage végétal

Upcycling, sous cet anglicisme se niche une idée à la fois écologique et économique : utiliser comme matière première des ingrédients et matières voués à devenir des déchets.

L’upcycling, c’est quoi ?

L’upcycling, c’est le « recyclage par le haut » (up = vers le haut). Au lieu de dégrader un produit utilisé (ex : un vêtement est recyclé en le réduisant en chiffons, en combustible ou en une nouvelle matière), on le recycle noblement. Dans l’univers de la Mode, l’upcycling consiste à créer des vêtements soit à partir de vêtements usagés que l’on retaille et réassemble, soit à partir de chutes de tissu non exploitées. 

L’upcycling, c’est penser d’emblée un produit en termes de circularité : on ne crée plus un produit pour l’utiliser puis le jeter, on le crée pour l’utiliser puis le réutiliser pour un tout autre usage. Ou encore utiliser la matière issue de sa production pour créer un autre produit.
En effet l’upcycling recouvre deux acceptions : soit une transformation post-usage, soit l’utilisation des résidus de production. 

En beauté, l’idée existe depuis longtemps : utiliser les déchets ou « coproduits » ou biomasses d’autres industries – essentiellement alimentaires – pour en faire des actifs de choix. Et avec raison, car ces produits dérivés contiennent généralement des molécules hyper intéressantes. 

Un approvisionnement bouleversé par la pandémie

Comme le révèle une étude publiée par Ecovia Intelligence, la crise pandémique a secoué les chaînes d’approvisionnement de l’industrie cosmétique, conduisant à :

  • Une réflexion sur les matières premières utilisées
  • Une recherche d’approvisionnements locaux et régionaux
  • Un développement de l’économie circulaire

Dans ce cadre, les déchets de l’industrie agro-alimentaire locale semblent être des matières premières naturelles de choix. 

Bonne nouvelle : non seulement elles sont facilement accessibles, mais en plus elles correspondent totalement à la demande des consommateurs, en quête de naturalité, de traçabilité, d’écoresponsabilité, de « localisme » et de circularité. Enfin, elles mettent en valeur un terroir, une culture et permettent à des agriculteurs, maraîchers ou producteurs de valoriser une autre partie de leur marchandise. Sans compter que ces matières premières ne coûtent souvent pas très cher !

Pourquoi les végétaux sont-ils de super candidats à l’upcycling ?

Les mesures liées à la pandémie COVID 19 ont affecté la récolte, la transformation et le transport des extraits de plantes, avec des pénuries, des délais allongés en raison des quarantaines portuaires et des coûts qui ont augmenté. 

Parallèlement, il se trouve que tous les végétaux développent des stratégies pour s’adapter à leur milieu et se protéger des intempéries, agressions, etc.

Pour ce faire, ils produisent de multiples molécules : les plus intéressantes sont les antioxydants : vitamines (A, C, E), caroténoïdes, polyphénols, anthocyanes, flavonoïdes, etc… Tous les fruits et légumes en contiennent.
De plus, c’est souvent dans leur enveloppe (coque, peau, son), qui est leur protection, que ces molécules sont les plus concentrées. Ainsi que dans les tiges et les pépins. Et là encore, bonne nouvelle, ce sont les parties que l’alimentaire n’utilise pas. Donc, de super candidats à l’upcycling. D’ailleurs, beaucoup de marques cosmétiques à base d’un ingrédient phare végétal ont été créées à l’origine par une famille ou un groupe industriel, ayant pour activité principale le produit phare et cherchant un débouché lucratif pour ses dérivés. 
Les pionniers dans le secteur du soin :

Le raisin des vignes françaises

marc de raisin - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Chaque année la production mondiale de vin laisse de côté 13 millions de tonnes de marc de raisin (résidus secs constitués des pépins, peau et rafles). Or, la vigne recèle une quantité phénoménale d’antioxydants, que l’on retrouve évidemment dans le vin – rouge notamment – mais aussi dans ces coproduits : polyphénol dans les pépins, resvératrol des sarments, viniférine antitaches de la sève. Et le marc de raisin, lyophilisé et broyé, peut aussi devenir un exfoliant aux propriétés antioxydantes.

Le chêne bourguignon

Le chêne bourguignon - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Deux extraits de chêne brevetés – le Concentré Quercus Petraea anti-âge et la Pétrasève hydratante – sont tirés des copeaux de chênes de la forêt des Bertranges et exploités en cosmétiques par le groupe Charlois, implanté dans la Nièvre, fabricant de tonneaux pour les grands crus bourguignons et champenois voisins, à travers la marque La Chênaie.

 Le pin des Landes

Le pin des Landes - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Les OPC (Oligo-ProanthoCyanidine) tirés de l’écorce de pin sont un puissant antioxydant, dont l’action protectrice est supérieure à celle de la vitamine C, mais aussi un protecteur du collagène, donc un excellent anti-âge. On le trouve aussi sous le nom de Pycnogénol, qui est en fait une marque déposée par un laboratoire allemand sur un extrait de pin maritime français. Le pin recèle aussi la colophane des cires, des terpènes dont on tire des notes en parfumerie. Quant à l’huile issue des graines de pin, elle est riche en acides gras essentiels, en polyphénols et phytostérols (Océopin).

Les fruits « moches » méditerranéens

fruits «-moches-» méditerranéens - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Vous vous souvenez de la publicité pour les « fruits moches », eux aussi consommables ? Bien avant cette promotion humoristique, une petite marque marseillaise avait eu l’idée dès 2008 de reconvertir ces végétaux délaissés en cosmétiques bio, en les récoltant auprès de maraîchers locaux.

Les pommes à cidre normandes et bretonnes

On peut tirer des marcs de pomme et des feuilles de pommiers, résidus post-pressage, pour obtenir le jus à cidre fait de composés phénoliques aux nombreuses propriétés (antioxydante, anti-inflammatoire, antivirale…). L’acide α-hydroxylé de pommes (acide malique) fait partie des acides de fruits les plus utilisés en cosmétique pour affiner le grain de peau. Enfin, la pectine du marc de pommes est utilisée comme texturant pour les crèmes et baumes et épaississant/stabilisant pour les lotions corporelles, shampoings etc. 

Le marc des cafés parisiens et danois

Les cafés jettent des tonnes de marc de café chaque année. Une marque parisienne récupère celui des cafés autour de chez elle pour en faire un exfoliant riche en caféine amincissante. Une marque danoise a fait de même et en tire aussi une huile de café aux propriétés anti-âge et cicatrisante.

Pour répondre à cette tendance d’upcycling, de nombreux fabricants d’ingrédients naturels développent des ingrédients cosmétiques à partir de résidus de culture, que ce soit à partir d’avocats (Expanscience), de graines de myrtilles, vétiver ou de marc café (Givaudan) ou encore d’écorces d’arbres (BioForeXtra).

En parfum aussi

Les maisons de composition de parfum ont également commencé à se pencher sur la circularité et à chercher de nouveaux ingrédients pour concevoir des parfums upcyclés. Ils peuvent provenir soit d’un process de création d’ingrédients de parfum en interne, soit de déchets externes comme des résidus agricoles qui seraient sinon devenus du compost.
Ainsi par exemple, après la distillation des fleurs, les pétales de rose de Turquie contiennent encore des molécules odorantes. Ces molécules sont récupérées pour créer une réinterprétation de l’odeur de la rose, avec des facettes nouvelles d’abricot, tabac et épice (Rose Ultimate™ par LMR Naturals by IFF mais aussi Rose NeoAbsolute™ Colourless Orpur® chez Givaudan).
Pour ce qui est de l’upcycling de déchets non liés à la parfumerie, un ingrédient aux notes boisées, fumées et vanille (Oakwood co2 Lmr Naturals by IFF) provient de copeaux de bois de chêne non utilisés d’un fabricant de tonneaux basé à Cognac. 

Autres exemples : la maison Givaudan, qui tire un composant (Apple Oil Orpur®) à partir du marc de jus de pomme et la maison Firmenich, qui a mis en place un programme de création de matières parfumées par upcycling depuis 2020.

Il existe même un projet – AgriWasteValue - soutenu par le programme Interreg North West Europe, en partenariat avec AgroParisTech, la Cosmetic Valley française et des fournisseurs et industriels, pour transformer les résidus agricoles en composés bioactifs utilisables dans les secteurs cosmétique et nutraceutique. 

Désormais, grâce à l’upcycling, les déchets deviennent des matières premières cosmétiques nobles, valorisables et valorisées. 

santé - WE ARE CLEAN - CLEAN EATING Image

Le Clean Eating, c'est la santé

Manger clean, pourquoi s’en priver ? C’est si bon pour la santé ! Si le Clean Eating et la tendance healthy font peu à peu partie du quotidien, au point d’entrainer de nouveaux réflexes de consommation, il est utile de rappeler pourquoi c’est la base de la santé.

Manger clean ne se résume pas à la préparation de jolies assiettes girly. Si c’est appétissant pour le regard, c’est surtout notre santé qui en bénéficie, tant sur le plan de la prévention que sur celui de sa consolidation.

Logique, car les principes du Clean Eating respirent la santé à eux tous seuls !

1- On fuit les aliments transformés.

De façon concrète, les aliments bruts sont simples, sains, et deviennent « transformés » dès lors qu’ils ne ressemblent plus à ce qu’ils étaient au départ. Traités de manière industrielle, ils sont enrichis en sucres, sels, graisses (de mauvaise qualité), conservateurs, additifs en tout genre et perdent ainsi une grande partie de leurs nutriments.

Pourquoi c’est sain ?

Parce que les aliments transformés sont pro-inflammatoires et augmentent le risque de maladies cardiovasculaires. À l’inverse, manger des aliments simples et bruts diminue les risques d’être atteints de ces pathologies. Plus l’aliment est simple, avec une liste courte des ingrédients qui le compose, plus il sera facile à digérer et à assimiler. Simple ne signifie pas pauvre.

2- On boit de l’eau !

Boire de l'eau - WE ARE CLEAN - WE ARE CLEAN

Dans la continuité de la limitation de la consommation de sucres, boire de l’eau au quotidien, à minima un litre (pensez à boire un verre toutes les heures, en dehors des repas et de la nuit !) limite les envies de sodas et de jus de fruits. Car si ces derniers donnent la sensation de désaltérer, la soif s’arrête un court instant. Assimilés par l’organisme comme des aliments, contrairement à l’eau, ils n’apportent pas la réhydratation recherchée tant dans le ressenti que dans le résultat.

Pourquoi c’est sain ?

Puisque les boissons sucrées entrainent surpoids, risque d’augmentation du taux de mauvais cholestérol et apparition du diabète, à l’inverse, boire de l’eau en limite les risques. Mieux encore, l’eau est considérée comme un messager cellulaire propre et transparent, contrairement aux jus et autres boissons sucrées qui colportent d’autres « informations » de cellule à cellule, d’organe à organe. Et si vous craquez pour un jus de fruits, préférez-les maison et associez-y des légumes, verts de préférence, très alcalinisants et riches en minéraux.

3- On lâche les sucres raffinés !

À minima, on en réduit considérablement la consommation. Dans les aliments d’apparence saine, comme le riz blanc, le pain et les pâtes… se cache le sucre blanc (plus ou moins discrètement !). Résultat : en pensant manger sainement, on fait bondir le taux de sucre dans le sang. Sans compter les pâtisseries (qu’elles soient industrielles ou de pâtisserie), qui sont de véritables petites bombes glucidiques.

Pourquoi c’est sain ?

Ces sucres, pleins de calories vides, ne présentent aucun intérêt nutritionnel. Pas de vitamines, de minéraux, de fibres ou de bonnes protéines, seul un risque de prise de poids (voire d’obésité à long terme) accompagne la consommation de sucres raffinés. Les éliminer constitue une excellente prévention des pathologies liées au diabète. En préférant l’orge ou l’avoine au blé, en troquant le riz blanc contre du riz complet ou semi-complet, en préférant le pain au seigle ou au sarrasin, on fait drastiquement chuter sa consommation de glucides bien cachés et on consomme des glucides complexes, à l’intérêt nutritionnel avéré (notamment un rôle protecteur de la flore intestinale).

4- On y va mollo sur l’alcool.

Suite logique de l’incitation à boire de l’eau plus que toute autre boisson, limiter sa consommation d’alcool est un des fondamentaux du Clean Eating.

Pourquoi c’est sain ?

Si pour vous, un bon repas est toujours accompagné d’un verre de vin de qualité, continuez. Il s’agit de privilégier la qualité, le plaisir et l’exception qui confirme la règle. En revanche, les alcools forts et surtout la chronicité, changent la donne. Un apéritif quotidien n’apporte que des calories vides, une grosse quantité de sucre et l’alcool qu’il contient finit par avoir raison des artères ! L’alcool est inflammatoire, altère le foie et toutes les fonctions hépatiques. Et comme le corps est intelligent, il tente d’éliminer le surplus d’alcool le plus vite possible et, étant occupé à cela, met sur pause sa fonction brule graisse, ce qui entraine surpoids et amas de graisse (abdomen, surtout). A contrario, un verre ponctuel dans un cadre relaxant et convivial est bon pour le moral. Et si le moral est au firmament, la sécrétion de dopamine et d’endorphines (hormones du bonheur) a des répercussions positives sur tout le métabolisme.

5- On lit les étiquettes, même si c’est écrit petit, petit !

Cet aliment vous séduit ? Il est même estampillé bio ? Ce n’est pas forcément une garantie. Traquez les labels (comme le Nutriscore, l’indice NOVA etc.) ils vous apprendront une foule de choses sur ce qui compose votre aliment, s’il est peu ou très transformé. Et, encore plus simple, si sur la liste des ingrédients il y a des noms que vous ne connaissez pas, ainsi qu’une série de E… n’achetez pas le produit en question. Sauf urgence absolue !

Pourquoi c’est sain ?

En lisant les étiquettes, vous deviendrez un pro des additifs, colorants, sels, sucres et graisses cachés. Plus vous les lirez, plus vous fuirez les aliments très transformés, plus vous offrirez à votre organisme des aliments sains, riches de calories « utiles ». Les experts conseillent d’éviter les aliments sur-emballés car les plus simples, les plus sains, sont issus du potager, du verger, de chez le boucher ou le poissonnier du quartier et n’ont pas besoin de ces emballages sophistiqués.

6- On cuisine !

Et ça, c’est au cœur des principes du Clean Eating. Aller au marché choisir ses fruits et légumes, ses produits frais, permet de se projeter dans les repas et les menus à concocter. C’est, de fait, privilégier le frais et éviter les conservateurs et autres additifs. Mais surtout, c’est être acteur de ce qu’on met dans son assiette et dans celle de ses proches, si on cuisine pour sa famille.

Pourquoi c’est sain ?

Parce que le frais, le local issu des circuits courts, est forcément de saison, riche en vitamines et apporte à l’organisme ce dont il a besoin à l’instant T. Cuisiner c’est se reconnecter aux besoins de l’individu ancré dans son terroir.

Cuisiner - WE ARE CLEAN - CLEAN EATING

7- On plébiscite le locavore bio !

Acheter bio - WE ARE CLEAN - CLEAN EATING

En toute logique, si on cuisine et que l’on va choisir ses aliments, on achète en bas de chez soi et si on pousse un peu plus loin l’exigence, on préfère quand c’est bio. Parce que le bio répond à une charte exigeante et précise, qui exclue les OGM et les pesticides chimiques (au profit de pesticides naturels issus par exemple de plantes, d’implantation de certains insectes etc.).

Pourquoi c’est sain ?

Ce qui est gorgé de pesticides empoisonne nos cellules. À fuir donc pour préserver sa santé. Idem pour le choix des viandes et des produits laitiers. Et acheter les produits cultivés, préparés, cuisinés par les producteurs locaux, c’est s’ancrer toujours un peu plus solidement dans le terroir, c’est tisser un lien plus serré avec ceux qui incarnent le réseau des petits producteurs. C’est manger en pleine conscience et ça, ça fait vibrer positivement nos cellules !

8- On s’offre une belle quantité de fruits et légumes.

On les adore ! Ils sont notre principale source de vitamines, minéraux, fibre et eau. Entiers (en priorité !) ou en jus, ils déroulent toute une liste de bons nutriments que l’organisme assimile facilement grâce à leur richesse en fibres (sauf dans les jus, d’où la nécessité d’associer jus et portions de fruits et légumes entiers).

Pourquoi c’est sain ?

Ils constituent le principal bouclier entre les cellules et les radicaux libres. Ce sont les fameux antioxydants qui enrayent le processus inflammatoire. Ainsi, en se régalant de leurs vertus du matin au soir, en variant leur préparation, cuite et crue, on prévient les maladies auto-immunes, inflammatoires et cardiovasculaires. Préférez-les toujours bios, locaux, de saison, lavés au vinaigre blanc avant consommation. En plus, ils sont faciles à vivre. On les mange tels quels, sans qu’il ne soit nécessaire de leur ajouter quoi que ce soit. Bref, nature, simples, authentiques, ils ont tout pour séduire.

Favoriser fruits et légumes - WE ARE CLEAN - CLEAN EATING

9- On met des couleurs dans son assiette !

Plats colorés - WE ARE CLEAN - CLEAN EATING

Ce n’est pas que de la joie, c’est de la diversité alimentaire. Et, comme chaque couleur représente une vitamine ou une famille de vitamines, plus l’assiette est colorée plus les vitamines sont nombreuses.

Pourquoi c’est sain ?

Le corps n’aime pas la chronicité ni la répétition, car il devient vite paresseux. Si vous mangez tous les matins, au petit déjeuner, une tranche de jambon de pays, bio, de qualité, c’est intéressant sur le plan nutritionnel mais trop répétitif et vous finirez par prendre du poids. Si vous alternez jambon, truite fumée, avocat, fromage, rillettes de maquereau… vous offrirez une telle diversité que votre organisme ira y puisez les bons nutriments, brûler les graisses et ne conserver que ce dont il a besoin pour un métabolisme au top de sa forme. Et pour compléter votre tableau de couleurs, ajoutez des épices, des herbes fraîches, des graines, des graines germées. De façon encore plus subtile, vous irez un peu plus loin encore dans la variété.

10- On fractionne et on se régale !

Le Clean Eating propose de faire cinq à six repas par jour, plutôt que d’en faire deux ou trois gros, plus couteux à digérer pour l’organisme. Concrètement, le petit-déjeuner est important et contient des protéines, animales ou végétales, plus d’aliments salés que sucrés (car il est avéré que le métabolisme est programmé pour mieux gérer le sel que le sucre au réveil). Le déjeuner, lui aussi, est composé de protéines et de légumes. Le diner, idem, mais dans de moindres proportions. Mais surtout, on prône deux collations, une le matin en fin de matinée, et une l’après-midi, le fameux goûter.

Pourquoi c’est sain ?

Parce que le système digestif n’est pas sur-sollicité par de gros apports caloriques mais sollicité plus raisonnablement à plusieurs reprises. L’apport en eau (contenue dans les aliments), en fibres, en vitamine et minéraux se fait de façon plus linéaire, à des moments où l’organisme en a besoin, tout en stabilisant l’apport de sucres et donc la glycémie.

Fractionner les repas - WE ARE CLEAN - CLEAN EATING

En conclusion, manger sain, c’est tout bénéfice. On digère mieux, on a un regain d’énergie, on a un transit en pleine santé, un poids de forme… En filigrane, ne perdez pas le lien avec le plaisir. Mangez en pleine conscience, en prenant le temps de regarder votre assiette, de la sentir, d’entendre votre pain croustiller puis branchez-vous à votre ressenti pour écouter votre satiété, car on est trop souvent conditionné par le rythme social plutôt que par le sien propre. En deux mots, le Clean Eating, c’est aussi s’écouter. Non, non, ce n’est pas un gros mot, encore moins un concept égoïste. C’est vital !

Comptes Instagram Body Positive - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY Image

Le mouvement “Body positive” 

Ces dernières années, un vaste courant émerge pour réhabiliter le corps des femmes avec toutes les différences qu’il peut montrer et briser ainsi l’injonction à la perfection. Historique et décodage d’un mouvement sociétal plus « clean » et d’une beauté plus inclusive.

Body Positive : halte à l’illusion de perfection !

Tout a commencé par des scandales liés aux problèmes de santé de nombreuses jeunes filles qui s’affamaient pour ressembler aux mannequins des magazines…Sans réaliser que les photos étaient retouchées. Dans une optique de transparence, de nombreuses initiatives ont été prises pour montrer la réalité de ces photos trop parfaites pour être vraies. Certains mannequins et célébrités ont publié des photos avant/après retouches afin d’enrayer ce mythe de perfection sur papier glacé. Courageuses, elles ont rapidement été encensées. Et bientôt suivies par certaines marques affichant des publicités « garanties sans retouches » et des magazines aux photos de stars « non retouchées » en couverture. Devant le succès de ces initiatives, certaines marques ont senti le vent tourner. Elles ont repéré un argument publicitaire pour jouer la proximité avec leurs clientes sous prétexte de les représenter toutes et chacune, dans leur diversité. On a vu alors apparaître des campagnes prônant l’inclusion et affichant des brochettes de femmes de toutes tailles, de toutes couleurs et de toutes corpulences. En parallèle, cette tendance de société a contraint les responsables de défilés de mode et de casting de magazine à recourir à une plus grande diversité d’égéries. Il était temps !

De beauté inclusive à beauté positive

Depuis des années, militantes, associations et public issus de populations sous-représentées réclamaient plus de visibilité dans les médias pour être plus conforme à la société réelle. Au-delà d’avoir offert plus de visibilité aux minorités, le mouvement a permis à d’autres groupes de femmes discriminées d’afficher leurs différences jusqu’alors considérées comme des défauts ou des imperfections. Même si le culte de la perfection faiblissait, il fallait cependant afficher ces détails physiques qui étaient (et sont encore) cachés. La bataille s’est rapidement lancée sur les réseaux sociaux, tout d’abord avec les influenceuses « + size » engagées contre la grossophobie, puis par de nombreuses anonymes normalisant ainsi leurs corps ronds, leurs cellulites et leurs bourrelets. Le mouvement s’est étendu à toutes les « différences » : acné, vergetures, cicatrices, brûlures, taches. Et aujourd’hui, la beauté inclusive et le mouvement Body Positive appartiennent à mouvement plus large qui ne se contente plus d’afficher ces différences mais qui les met en avant. C’est le mouvement #bodyglory qui consiste à être fière de ses « défauts », et même à les revendiquer.

Cellulite, ventre gonflé, culotte de cheval et bourrelets : vous êtes normale !

De Dove, il y a quelques années, qui a fait de l’inclusion l’élément clé de son image de marque, aux culottes et maillots We are Jolies qui affichent tous les types de corps en sous-vêtements, le tournant « Body Positive » a permis de développer des produits plus bienveillants, souvent éthiques, solidaires et durables. Si certaines marques tentent de récupérer ce phénomène à des fins marketing, c’est sur les réseaux sociaux que l’on trouve les ambassadrices les plus engagées ! 

@lottiedrynan dédie son compte instagram à désacraliser le ventre plat en postant des photos d’elle quand elle est ballonnée en martelant « Puisque d’une heure à l’autre mon ventre peut passer de plat a gonflé, c’est bien la preuve que mon corps ne définit pas ma valeur ». Elle donne des astuces pour se sentir bien malgré un ventre ballonné et affiche ses bourrelets autant que son bidon. 

De son côté @celestebarber se moque des clichés d’influenceuses, actrices et autres célébrités longilignes qui postent des photos glamour sophistiquées en les imitant avec son propre corps et ce qu’elle a sous la main. Un procédé qui ridiculise les post glamour et celles qui en sont à l’origine. Une excellente thérapie pour remettre les choses à leur place.

@danaemercer, une américaine s’amuse à publier côte à côte deux photos d’elle prises au même moment : l’une hyper sexy, et l’autre 100% naturelle. Elle dénonce ainsi ce mensonge qui affiche sur les réseaux des clichés de corps soi-disant parfaits obtenus grâce à des pauses et des angles avantageux.

Body Neutral versus Body Shaming

Une évolution du mouvement Body Positive est l’appellation « Body Neutral » qui veut dire que le physique ne devrait pas importer, ni pour faire, ni pour obtenir, ni pour s’autoriser des choses, et encore moins entrer en ligne de compte pour gagner son estime de soi. Le Body Neutrality est une réponse au Body Shaming ( corps honteux) que les femmes subissent, c’est-à-dire à la fois une pression à être minces, belles et en forme et la culpabilisation de ne pas l’être.

Le compte Instagram @confidentcollective offre un podcast et publie des posts pour prendre confiance en soi et donner une image nouvelle de la femme, dans toute sa diversité. La tendance #bodyneutral enseigne la bienveillance envers soi-même, indépendamment de l’apparence, et prône l’amour de soi d’une manière globale à travers la gratitude, une vie et une nourriture saine et de la considération positive envers son corps afin qu’il ne soit plus un facteur limitant.

On peut dans cette optique vouloir perdre du poids par exemple, ou s’embellir, mais non pas pour correspondre à des critères sociaux, ou plaire à autrui, non pas pour se conformer à des injonctions, mais juste pour se sentir bien et ne plus voir son corps comme un ennemi, mais comme un allié. Tel est le mantra de la Française @shera qui se montre au naturel avec tous les détails de sa peau irrégulière jusqu’à ceux de ses cheveux en passant par les particularités de son corps. De même pour @mikzazon qui milite pour « normaliser les corps normaux » (#normalienormalbodies) et qui pose en maillot sans complexe, et montre sa peau sans maquillage dont elle revendique les pores visibles, les rougeurs et les tâches.

Body Positive et grossophobie

Le body Shaming concerne particulièrement les femmes fortes. 

En France, la blogueuse Stéphanie Zwicky a été la pionnière dans l’art de s’habiller grandes tailles. Elle a aidé de nombreuses femmes à s’assumer à travers la mode et à réussir à s’habiller en militant pour des modèles plus nombreux et mieux coupées pour les grandes tailles. 

La jeune femme Coucou les girls a commencé à parodier les influenceuses beauté avec des vidéos ironiques puis a abordé l’estime de soi et l’acceptation de son corps. Elle choisit alors de montrer son corps dans de nombreuses photos pour aider d’autres femmes fortes s’aimer et à s’accepter malgré le regard toujours scrutateur de la société. 

Cette démarche est celle de très nombreux comptes comme @pausitiveworld ou @mybetterself qui vise en même temps la (re)prise de pouvoir de chacun-e, parfois par une approche féministe, ou inclusive notamment dans son podcast (Inpowerpodcast). La célèbre @gaelleprudencio, auteure de « fière d’être moi-même » (ed.Leduc), est devenue une des figures emblématiques du mouvement Body Positive en France et expose sa taille +++ en se moquant bien du jugement des autres. Enfin, la big meuf avec un big style ,@grosse_avec_frange, a un compte dédié à la mode +++size qui démontre qu’on peut avoir un style très affirmé quel que soit son tour de taille, de hanche ou de poitrine.

Les mamans et leurs vergetures

Au milieu de toute cette diversité de corps, on trouve une ramification du mouvement Body Positive dédiée aux mamans et à leurs corps post-grossesse. Ces comptes ciblent principalement les vergetures, mais aussi le relâchement de la peau, considérés comme des souvenirs de la plus belle chose que leur corps à fait : porter la vie. Certains de ces comptes publient aussi des photos de mamans anonymes pour les encourager à réussir et à apprécier les changements de leurs corps et à ne pas en avoir honte ! 

Une des cheffes de file de cette tendance : @thebirdspapaya alias Sarah qui affiche son corps de maman et future maman avec ses vergetures et sa peau flasque. De son côté, @ely_killeuse, l’influenceuse Française qui se décrit comme «une jeune maman bodypositive décomplexée », a longtemps fait le yoyo pour lutter contre son corps. Auteure de « Bodypositive Attitude » chez Marabout, elle s’attache aujourd’hui à montrer « la vraie vie » d’une maman et à apporter des solutions aux problèmes pratiques.

Skin Positivity : le body positive de l’acné et des tâches

L’acné était depuis longtemps un énorme complexe pour de très nombreuses femmes et jeunes filles dont l’unique fierté était de savoir camoufler ce problème en se maquillant comme une pro. Aujourd’hui, lasses d’en avoir honte, certaines ont choisi de montrer leur peau dans toute leur irrégularité de teinte et de relief. 

@mariia_white, qui souffre d’acné sévère, montre sa peau en crise ou légèrement maquillée, pour prôner le #normalskin sur les réseaux. @theblemishqueen (la reine du bouton, en français) assume sa peau maquillée ou non, afin de normaliser les problèmes cutanés.  

@myfacestory revendique l’#acneneutrality et prône ses cicatrices d’acné pour aider les autres personnes atteintes à vivre. 

Enfin, @alexandra_breeze montre sur son compte sans filtre son acné très sévère, avec des bosses et de très fortes rougeurs et n’hésite pas à poster une photo de bouton percé ou de croûtes. 

Body Positive et maladies

Le mouvement Body Positive permet aussi de lutter contre l’isolement du aux conséquences des atteintes physiques de certaines maladies. Il est alors question d’entraide et de « good vibes » pour montrer aux femmes qu’elles ne sont pas les seules à connaitre ces problèmes. Dans cette mouvance vers l’acceptation de tous les physiques quels qu’ils soient, les femmes atteintes ou survivantes de cancer ont trouvé un espace où se montrer chauve sans aucune honte. C’est le cas du compte @hellopecia ou @paulinealopecia, une jeune femme atteinte d’allopécie à 19 ans qui s’affiche avec ou sans perruque.

Autres maladies, les troubles alimentaires dont l’anorexie sortent de l’ombre : @iskra alias Iskra Lawrence, ambassadrice de l’association nationale des troubles alimentaires, rassemble quelque 4,6 millions de followers. Ancienne anorexique, la célèbre @meganjaynecrabbe, alias Body Posi Panda, une ronde aux cheveux violets (au moment où j’écris ces lignes) a décidé d’entrer dans la communauté Body Positive, d’apprendre à s’aimer et de détruire les stéréotypes pour aider les autres filles dans son cas. Enfin, de nombreux comptes se dédient aussi aux angiomes, taches de vin ou vitiligo.

Le compte @vitiligo.beauty relaie les photos de personnes atteintes de vitiligo pour en exposer la beauté et la diversité et celui de la célèbre @winnieharlow atteinte de vitiligo expose le célèbre top model. On retrouve aussi sur Instagram les comptes de personnes albinos, ou encore de femmes à barbe comme la sensuelle @harnaamkaur qui revendique #mybodymyrules (mon corps, mes lois).

Du Body Neutral à la normal skin, le Body Positivisme et ses déclinaisons, est un mouvement de société libérateur et réjouissant qui marque l’évolution du regard que l’on porte sur l’autre et ses différences. De ce point de vue, les réseaux sociaux apparaissent comme une petite révolution qui permet de mettre en relation des personnes qui jusque-là se croyaient seules et souffraient en silence de leurs complexes. C’est à la société d’évoluer à la lumière de ces exemples d’acceptation et de valorisation des différences afin que les futures générations puissent être plus ouvertes à l’autre et qu’elles soient libérées des injonctions à des canons beauté d’un autre âge.

Le body positivisme en 5 comptes instagram

@douzefevrier, une grande brûlée qui a décidé de se montrer telle qu’elle est avec ses cicatrices de brûlure pour aider toutes celles qui ont subi ce genre de trauma à ne plus se cacher.

@lafillequiadestaches, ronde et porteuse d’angiomes (taches rouges) un peu partout sur le corps, cette cheffe de file des influenceuses du body positive sur instagram est une farouche militante du self love.

@worldof_riah, une danseuse américaine plantureuse et atteinte de vitiligo. Sa beauté et sa joie de vivre parviennent à faire oublier ses tâches

@onveutduvrai, un compte français qui mobilise les réseaux sociaux pour que les femmes se sentent bien en partageant des photos avec ceux et celles qui ont les mêmes complexes qu’elles.

@jenbricker, une femme amputée des deux jambes qui pose son buste dans tous les endroits possibles, avec son compagnon, pour montrer que son handicap n’est pas un frein à une vie « normale ».

Crème solaire clean - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY Image

Les crèmes solaires peuvent-elles être clean ?

Accusés d’être mauvais pour la faune et la flore marine, et parfois même pour l’homme, les produits solaires sont pointés du doigt ces dernières années. Ce ne sont pas de simples cosmétiques puisqu’ils relèvent d’un problème de santé publique, la protection de la peau face aux rayons solaires. Peuvent-ils être clean ? Peut-on s’en passer ?

Les écologistes et amoureux des océans vouent les crèmes solaires aux gémonies, les dermatologues préconisent au contraire d’appliquer des écrans protecteurs à longueur d’année quand certaines influenceuses incitent à ne plus les utiliser du tout pour protéger la planète. Et 92% des Français souhaitent que les produits solaires soient plus respectueux de l’environnement.

Entre les filtres chimiques accusés d’être des perturbateurs endocriniens et pour certains, de détruire les massifs coralliens, et le problème des nanoparticules dans les écrans minéraux, le sujet est épineux.

Autant le dire tout de suite, le produit solaire clean n’a pas encore vu le jour. Car c’est un produit éminemment complexe à formuler, qui répond à la fois à un problème de santé et à une nécessité d’apporter du plaisir pour une bonne observance, c’est-à-dire utilisation régulière. D’ailleurs, s’il est considéré en Europe comme un cosmétique – mais avec une réglementation très stricte -, c’est un « quasi-drug » au Japon et un OTC (Over the counter/médicament vendu sans ordonnance) aux Etats-Unis et au Canada, au même titre que le paracétamol par exemple.

Les filtres au banc des accusés

Les produits solaires sont suspectés de polluer les eaux et de tuer les coraux, mais aussi d’être des perturbateurs endocriniens.

Certains filtres chimiques bannis pour leur impact environnemental

Les filtres chimiques absorbent l’énergie des UV et couvrent l’ensemble du spectre solaire : UVB, UVA, UVA longs et lumière bleue. S’ils filtrent les UV sur la peau, ils le font aussi dans l’eau. Ainsi, les milliers de tonnes de filtres solaires non-biodégradables déversés annuellement dans les eaux de baignade empêchent les rayons du soleil d’atteindre les fonds marins et perturbent les organismes qui y vivent.

  • Les filtres chimiques interdits dans des zones touristiques :

L’archipel de Palau a été le premier, en 2020, à bannir dix composants dont l’oxybenzone (Benzophénone-3 sur la liste Inci) et l’octinoxate (éthylhexyl méthoxycinnamate), deux filtres chimiques également proscrits à Hawaï depuis le 1er janvier 2021. Des territoires possédant des récifs coralliens, comme les îles Vierges américaines ou la République des îles Marshall, ont aussi interdit l’octocrylène. Parfois, l’utilisation de toute crème solaire est prohibée, notamment pour visiter certains gouffres et grottes au Mexique ou encore à Lifou en Nouvelle-Calédonie.
De nombreuses études ont en effet montré que ces filtres avaient un impact négatif sur les organismes marins. Pour n’en citer que quelques-unes : en décembre 2018, une étude menée par des chercheurs français a révélé que l’octocrylène s’accumulait dans les coraux sous la forme de dérivés d’acides gras et pouvait interférer avec leurs métabolismes. Une nouvelle étude française de mars 2021 démontre que l’octocrylène se transforme en benzophénone par une réaction chimique dès sa production, et que sa concentration augmente systématiquement avec le temps dans les produits finis. De plus, une étude publiée en 2015 par des chercheurs de l’Université de Tel Aviv a révélé que l’oxybenzone – ou benzophénone- déforme la morphologie des larves de corail en endommageant leur ADN.

  • Une interdiction à relativiser

Les conditions expérimentales de ces études sont la plupart du temps très éloignées de ce qui se passe dans la réalité, car l’exposition aux produits chimiques est généralement extrême – courte et intense à la fois – et ne reproduit pas les conditions en milieu naturel corallien. La méthode de référence pour tester les effets des lotions solaires consiste à prélever de petits échantillons de corail, les apporter en laboratoire, et les exposer à des concentrations variées de crème solaire (ou à leurs composants). On mesure ensuite la quantité d’algues relâchées, la couleur des coraux, le nombre de survivants, etc.

De fait, ce n’est pas tant la quantité de crème solaire appliquée lorsqu’on se baigne qui est néfaste, mais la somme globale de filtres qui se retrouvent dans l’eau, provenant de multiples utilisations de ces substances (dans l’alimentaire, la construction, etc.). Ainsi, les concentrations de benzophénone trouvées dans les échantillons prélevés dans les aires de baignade des plages en Californie sont bien plus faibles que celles mesurées dans des sédiments prélevés près des sorties d’égouts -où personne ne se baigne- et celles utilisées pour détecter leurs impacts négatifs en laboratoire. Donc, si les lotions solaires jouent un rôle dans la décoloration du corail en milieu naturel, c’est une action mineure comparée aux impacts massifs du réchauffement des masses d’eau, de leur acidification, des rejets des eaux usées mal retraitées, de la pollution plastique et des rejets carbonés.

Quid des perturbateurs endocriniens ?

L’autre grande accusation qui pèse sur les filtres chimiques est celle de la perturbation endocrinienne. On le répète, rien n’est prouvé, car c’est très difficile à démontrer. Cependant, sont suspectés parmi les filtres chimiques : avobenzone, ethylhexyl methoxycinnamate (octinoxate), benzophénone-1 et -3 (oxybenzone), octocrylène, 4-methylbenzylidene camphor (4-MBC) et homosalate. Selon les normes fixées par la réglementation européenne, les quantités appliquées, circonscrites à quelques mois par an, ne sont pas problématiques. Mais rejetés dans les eaux, non filtrés par les stations d’épuration, ils sont ingérés par les organismes vivants qui finissent dans notre assiette.

Les écrans minéraux, vraiment inoffensifs ?

La réglementation européenne autorise deux filtres solaires minéraux : le Titanium Dioxyde / Dioxyde de Titane et le Zinc Oxyde / Oxyde de Zinc. On les appelle écrans minéraux, car ils agissent comme des pare-soleil, formant comme des petits miroirs collés les uns aux autres à la surface de la peau qui renvoient la lumière. Les marques de produits solaires bio affirment qu’ils sont sans danger pour l’homme et l’environnement et donc une alternative saine aux filtres chimiques. Et pourtant…

  • Pas si bons pour l’environnement

Des tests ont révélé que l’exposition à l’oxyde de zinc perturbe la photosynthèse des algues qui vivent dans les tissus coralliens, ce qui les décolore. Certaines marques conventionnelles et d’autres certifiées bio l’ont donc exclu de leurs produits. De plus, oxyde de zinc et dioxyde de titane ne sont pas biodégradables et ont tendance à s’accumuler dans les milieux aquatiques.

Autre souci, les écrans minéraux contiennent tous une quantité non-négligeable de ces deux substances sous forme de nanoparticules – des particules extrêmement fines – qui peuvent pénétrer les barrières biologiques. Une étude de l’Université de Wageningen, aux Pays-Bas, a ainsi observé que ces éléments microscopiques perturbent le comportement alimentaire et la reproduction des moules. On sait aussi qu’ils modifient le code génétique de certains poissons, empêchant leur reproduction. D’autres études avancent que les nanoparticules pourraient être toxiques pour les planctons.

  • Un risque pour l’homme ?

Le dioxyde de titane (nano-particulaire ou non) est classé comme cancérigène possible depuis 2006 par l’OMS, en cas d’inhalation à haute dose. C’est pourquoi il doit être manipulé avec précaution par les formulateurs et personnels de fabrication.

Autre souci : on a souvent reproché aux produits solaires à base de minéraux d’être épais et blancs. Et pourtant, ce n’est pas parce qu’ils paraissent plus couvrants que ces produits protègent mieux. En effet, là où les solaires conventionnels associent entre 3 et 7 filtres pour obtenir un système filtrant qui couvre l’ensemble du spectre solaire (UVB, UVA, lumière bleue), en bio, seuls l’oxyde de zinc et le dioxyde de titane sont autorisés. Difficile alors – d’autant plus si on ne les utilise pas sous la forme nano – d’obtenir une protection uniforme et hautement efficace, notamment sur les UVA longs (qui pénètrent plus profondément dans la peau). Sous cette forme non nano, c’est-à-dire plus grosse, ils ne couvrent pas complètement la peau, car ils ont tendance à créer des « amas ». Et sous forme en partie – pour obtenir des formules plus fluides et transparentes – ils deviennent potentiellement toxiques, surtout pour les peaux particulièrement perméables : eczéma, post-épilation, microcoupures ou coups de soleil !
Enfin, la mention n’est obligatoire qu’au-delà de 10%. Donc en réalité, toutes les crèmes solaires minérales contiennent au moins un peu de nanoparticules.

Des formules en grande évolution

Conscients de l’impact écologique et humain de leurs formules, les spécialistes du solaire ont enclenché un travail de recherche pour améliorer leurs produits.

Optimiser la teneur en filtres

Depuis une dizaine d’années, les leaders du solaire revoient leurs formules. Au fur et à mesure des études et découvertes, ils évitent certains filtres décriés. Ils améliorent aussi les synergies entre les filtres afin de réduire leur nombre, mais aussi leur concentration dans les crèmes solaires. Là où on trouvait – et on trouve encore chez certains – sept filtres associés, certaines marques ont réussi à ne plus en utiliser que trois au quatre pour une même efficacité protectrice. Et à faire passer la concentration dans la formule globale à moins de 20%.

Ces mêmes laboratoires essaient de n’utiliser que des filtres non-solubles dans l’eau, afin que ceux-ci ne se répandent pas dans les océans.

Améliorer la formule globale

On vient de le voir, les filtres ne représentent que 20 à 30% d’une formule. Il est donc important de regarder ce qu’il y a autour : silicones, huiles minérales, molécules éthoxylées (finissant par eth), alcool, parabènes. Là encore, de plus en plus de fabricants retirent les ingrédients néfastes pour l’environnement, soit parce qu’ils sont d’origine pétrochimique et bio accumulatifs (huiles minérales, silicones), soit parce qu’ils perturbent les écosystèmes comme les silicones volatiles (cyclypentasiloxane, cyclohexasiloxane, BHT).

En parallèle, ils créent des produits finis les plus waterproof possible, pour qu’ils se répandent le moins possible dans l’eau.

Parfaire la biodégradabilité

Tourisme - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

D’une façon ou d’une autre, le produit solaire se retrouve dans les océans. Ainsi, 25% de la crème solaire se répandrait dans l’eau après 20 minutes de baignade. Et comme il en reste toujours un peu sur la peau le soir, le reste y va indirectement après la douche via les eaux usées. Chaque année, l’activité touristique génère ainsi le rejet de près de 25 000 tonnes de produits solaires dans les eaux des pays tropicaux, dont 4000 tonnes dans les zones de corail.
C’est pourquoi les fabricants ont aussi revu leur copie concernant la biodégradabilité de leurs produits, jusqu’à afficher des taux de biodégradabilité au-delà de 90%.

Enfin, la « non-écotoxicité » est désormais testée en laboratoire sur des algues, coraux et planctons par des centres d’études océaniques : l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer, l’Institut méditerranéen de biodiversité et écologie, le Centre Scientifique de Monaco.

Des packs avec moins de plastique

Au-delà des formules, on sait que l’autre souci des produits solaires, ce sont les tonnes de bouteilles plastiques qui envahissent les plages et se retrouvent dans les océans. Même si ce sont avant tout des bouteilles d’eau ou de soda qui souillent les plus beaux endroits de la planète, l’industrie cosmétique est consciente de sa nécessaire participation à l’effort collectif en réduisant sa consommation de plastique vierge (plastique nouvellement produit).

C’est pourquoi nombre de grands groupes proposent désormais des flacons en plastique recyclable et partiellement ou 100% recyclé. Quand on a fini son bidon de crème, on le jette donc dans la poubelle de recyclage (dans les pays où le recyclage est effectif). La start-up Carbios innove avec des bouteilles en PET recyclable à l’infini grâce à un procédé enzymatique. En ce qui concerne les tubes, on a vu le premier tube recyclable partiellement en carton, réduisant ainsi de 45% son poids en plastique. Tout n’est pas donc pas encore parfait, mais on avance.

Le solaire, une question de santé publique

Même s’ils ne sont pas irréprochables, les produits solaires ne sont pas des cosmétiques comme les autres. Ils répondent à besoin de santé publique.

Le soleil, un danger pour la santé

Plus de 100 000 nouveaux cas de cancers cutanés sont recensés chaque année en France, dont 15 500 mélanomes (Panorama des cancers en France 2021). Selon L’OMS, l’incidence du mélanome et des autres cancers cutanés a augmenté au cours des dernières décennies (avec un taux d’incidence qui double tous les 10 ans dans les pays à population caucasienne). À l’heure actuelle, entre 2 et 3 millions de cancers cutanés non mélanocytaires et 132 000 mélanomes malins sont enregistrés chaque année dans le monde. Un cancer diagnostiqué sur trois est un cancer de la peau d’après les Skin Cancer Foundation Statistics. Le soleil et ses rayons ultra-violets sont les grands responsables.

Mais le soleil a d’autres effets néfastes visibles sur la peau, beaucoup plus répandus : coups de soleil, allergies solaires, kératoses actiniques, taches, photo-vieillissement.

La meilleure protection : vêtements et ombre

ombre et vêtements - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Évidemment, la meilleure protection solaire reste le tee-shirt ou vêtement ample, le chapeau, les lunettes de soleil et encore rester à l’ombre. En cas d’exposition, elle doit être la plus courte possible, aux heures les moins chaudes. Mais il reste les balades, les randonnées, les séances de sport ou de jardinage où certaines parties du corps exposées doivent être protégées (nez, oreilles, cou, décolleté, mains, chevilles).

Une protection solaire indispensable

crème solaire - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

La protection solaire est donc non négociable lors de l’exposition. Et par exposition, on entend toute activité en extérieur entre mai et septembre. Mieux vaut appliquer un produit solaire 4 mois par an que risquer brûlure, allergies, taches, kératose actinique (lésion rouge et rugueuse liée à une surexposition, une des premières causes de consultation chez les dermatologues) ou cancer. Alors, on choisit un soin solaire en adéquation avec ses convictions, ses goûts en matière de galénique (huile, spray, lait) et on adopte un comportement responsable en s’exposant peu et en portant lunettes de soleil, tee-shirt ou robe. C’est ce qu’on appelle le bénéfice/risque.

Une réglementation qui réduit les possibilités d’évolution

Il existe peu de marques qui fabriquent des produits solaires par rapport à celles qui fabriquent du maquillage ou du soin. Et au fil des années, on voit même des laboratoires abandonner ce segment. C’est dire la difficulté à formuler de façon correcte et efficace ces produits qui ne supportent pas la facilité. Quant à faire son produit solaire maison, hors de question !

Une liste positive de filtres dans les différentes réglementations

Les produits solaires étant soumis à une obligation de résultats bien plus importante qu’une crème hydratante ou un shampooing, ils sont encadrés par une réglementation bien plus stricte. L’une d’entre elles est la liste positive de filtres UV autorisés.

Les produits de protection solaire appartiennent à la famille des produits cosmétiques, et sont soumis au règlement européen CE N° 1223/2009. L’annexe VI de ce règlement autorise à l’heure actuelle une trentaine de filtres, évalués par le Comité Scientifique Européen pour la Sécurité des Consommateurs, et indique leur concentration maximale admise. Les laboratoires doivent impérativement piocher dans cette liste positive pour formuler tout soin revendiquant une action protectrice contre les UV.

La difficulté à faire enregistrer de nouveaux filtres

Afin d’améliorer la qualité des filtres et faire évoluer la protection solaire, de nombreux laboratoires planchent sur de nouveaux procédés de protections, filtres ou autres. Mais ils se heurtent à plusieurs obstacles de taille :

  • La complication à trouver de nouvelles molécules efficaces, notamment quand on cherche la naturalité avec des ingrédients tirés du végétal et non plus de la pétrochimie.
  • Le temps, car il faut plusieurs années pour en tester à la fois l’efficacité, l’innocuité et la non toxicité.
  • Une fois ces étapes dépassées, il reste à franchir la barrière réglementaire, la lenteur et parfois le protectionnisme administratif. Le groupe Pierre Fabre, qui vient de mettre sur le marché un nouveau filtre en 2021, a mis près de dix ans à le faire enregistrer dans la liste européenne. Quant à la FDA, l’instance américaine commence seulement à se pencher sur sa liste de filtres autorisés datant de 1974, bien avant que l’on découvre les effets délétères des UVA ou qu’on se préoccupe de l’environnement ! Sans oublier la réticence de cet organisme envers les filtres venus de laboratoires non-américains !

Dans un tel contexte, on comprend la difficulté à innover dans le domaine de la protection solaire et surtout pourquoi certains laboratoires, adeptes du « clean » baissent les bras, insatisfaits par les réponses qu’ils pourraient apporter dans l’immédiat.

Si le soin solaire vraiment clean n’existe toujours pas, de grands pas ont été franchis du côté de l’efficacité protectrice et de l’écoresponsabilité.

Quels progrès entre les produits du début des années 2000 et ceux d’aujourd’hui – et que dire des flacons de Monoï sans protection des années 70 ! -. On peut donc espérer, d’ici quelques années, une conception de formules plus propres, plus écologiques et plus saines, réconciliées avec les filtres (s’ils existent encore).

Parfum Clean - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY Image

Parfumer un soin clean, est-ce possible ?

Un soin clean est avant tout un soin vertueux. S’il n’existe pas de définition précise, cette notion prend en compte la formulation du produit, ainsi que tout son écosystème : packaging, chaîne de valeur, éthique, environnement. La beauté clean, née d’une notion de santé, exclut un certain nombre d’ingrédients dits controversés. Et si chaque marque a sa propre black list, plus ou moins longue excluant ces ingrédients controversés, le parfum en fait souvent partie.

Alors comment parfumer une gamme de soins clean avec un cahier des charges aussi exigeant envers le respect de la peau et de la planète ? Comment être un produit clean tout en offrant le plaisir d’une odeur délicieuse garant d’une plus grande efficacité ? Car c’est prouvé aujourd’hui par la neuroscience : un produit est plus efficace s’il suscite des émotions positives, et le parfum, comme la texture, y participent activement.

Explications de Laurie JUNILLON, Directrice Marketing et Communication de Sozio, une maison de composition de parfums familiale depuis 260 ans.

Que veulent les marques de soin clean aujourd’hui en matière de parfum ? 

Leurs cahiers des charges sont de plus en plus complexes, car les consommateurs, de plus en plus éduqués, recherchent une transparence absolue et du 100 % naturel. Pour eux, connaître la composition exacte des formules est une préoccupation essentielle. Or le mot parfum dans la liste INCI (la composition du produit figurant sur le packaging) est opaque, car on ne sait pas ce qu’il recouvre exactement. 

Et pour que le verdict de Yuka s‘affiche en vert, la formule ne doit pas contenir d’allergènes très présents dans les parfums. La formulation devient donc de plus en plus compliquée pour rester créative tout en respectant ces exigences.

Un parfum clean est-il forcément naturel ?

Non, pas forcément. Le clean n’est pas naturel à 100 %. 

Par clean, il faut entendre la suppression de certains éléments controversés, tels que les agents CMR (substances cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction), ou les allergènes. C’est ça le critère de choix, et non pas la naturalité.

Un parfum clean intègre donc à la fois des matières premières naturelles et des matières premières synthétiques, qui sont toutes respectueuses de la peau et de la planète. Autrefois, pour assurer le naturel, nous avions à disposition les huiles essentielles et les absolus. Aujourd’hui, nous avons la chimie verte et l’extraction par CO2 super critique, mais l’éventail des notes parfumées à notre disposition est plus limité.

Est-il possible d’être 100 % naturel et clean ?

Non, car cela supposerait de pouvoir accepter des matières premières photo-sensibilisantes, allergisantes, et même CMR. L’objectif est de pouvoir proposer un parfum 100% sain pour l’humain et pour l’environnement.

Que nécessite la certification Cosmos ?

Certification Cosmos - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Pour être certifié Cosmos, il faut que le parfum soit 100 % naturel ou d’origine naturelle (isolats*) sans aucune matière première synthétique (c’est à dire d’origine pétrochimique).

*Un isolat est une molécule odorante que l’on a isolé d’une plante

Tout cela demande beaucoup de pédagogie et d’éducation pour le consommateur ?

Oui, absolument, il est primordial d’expliquer pourquoi on ne peut pas tout vouloir en même temps. 

Penser que le naturel est bien et que le synthétique est mauvais, est une vision simpliste ! D’une part, la chimie verte permet d’obtenir des molécules très efficaces sans impacter les ressources naturelles.

D’autre part, il existe des matières premières synthétiques 100% safe pour l’homme (comme pour l’environnement) qui ont l’immense mérite de n’être ni CMR, ni allergène. On peut citer l’odeur florale ozonique (Florol), celle fruitée de noix de coco (aldéhyde C18) ou encore l’odeur d’abricot (Decalactone Gamma). 

À l’inverse, certains ingrédients naturels ne sont pas totalement inoffensifs car ils peuvent être allergisants, CMR ou photo-sensibilisants, comme l’huile essentielle de citron. Le naturel inclue les matières premières d’origine végétale mais également celles d’origine animale, telles que la cire d’abeille, l’ambre gris ou le musc. Pour obtenir ces notes olfactives, l’alternative synthétique est une option intéressante. Au final, c’est à chaque marque de faire son choix et de prioriser ses exigences.

Quelle différence entre la palette olfactive naturelle et la palette synthétique ?

Avec les 20% de matières premières d’origine naturelle autorisées, et sans pouvoir utiliser sa palette « classique » de matières premières synthétiques, le parfumeur doit faire preuve d’ingéniosité pour formuler ses parfums. Or, les odeurs de certaines fleurs ne peuvent pas être extraites. C’est le cas du muguet pour lequel il n’existe pas d’huile essentielle ou d’absolu possible. Le parfumeur va devoir travailler des associations de certaines matières premières naturelles pour recréer la note olfactive qu’il aurait obtenu avec des matières premières synthétiques. En formulation 100 % naturelle, certaines notes comme les notes musquées, marines ou florales ozoniques sont plus compliquées à réaliser, car il n’y a pas d’équivalent naturel.

Comment répondez-vous à cette explosion de la demande clean ?

Clean Fragrance Label - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Nous ne cessons d’améliorer notre démarche « green » et environnementale et nous avons décidé d’aller plus loin en créant le label CLEAN FRAGRANCE, résultat du croisement des réglementations américaines et européennes (USDA NOP, COSMOS, ÉCOLABEL …), qui est lié à la santé humaine et au respect environnemental, afin de proposer des parfums exempts d’ingrédients controversés. C’est notre black list interne.

Quel est le processus de développement d’un soin parfumé clean ?

Nous travaillons à partir de bases non parfumées aux textures variées (gel, crème, huiles …) et travaillons le parfum en fonction de chacune. En effet, le parfum ne ressort pas forcément de la même façon dans les différents produits. Le produit de soin peut présenter une odeur de base peu engageante liée à certaines matières premières utilisées tels que les « tensio-actifs » qui sont des agents moussants : le parfum intervient alors pour couvrir l’odeur de base et obtenir une formule désirable olfactivement. Nous créons donc un parfum clean pour chaque formule clean, afin d’avoir au final un soin clean dans toute sa globalité.

Cosmétiques sans eau - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY Image

La cosmétique sans eau est-elle vraiment Clean ?

Il y a à peine trois ans, les cosmétiques sans eau représentaient une toute petite partie du marché et se limitaient aux savons et à quelques shampooings solides. Aujourd’hui, l’offre regroupe de nombreux produits (y compris des soins de la peau) et envahit tous les circuits de distribution. Mais ces cosmétiques sans eau sont-ils vraiment Clean, c’est à dire plus écologiques, et plus “propres” pour la peau ? Décryptage de ce phénomène.

La prise de conscience du consommateur et son désir d’une cosmétique plus responsable à l’égard de la planète, ont poussé marques et distributeurs à enrichir le segment de la cosmétique sans eau. Effet de mode ou véritable mouvement de fond ? Quels sont les promesses et les avantages de cette cosmétique anhydre ?

L’eau dans les cosmétiques, une vraie problématique

C’est vrai, les cosmétiques sont composés à 80% d’eau. En regardant la liste INCI (la composition) de tout produit cosmétique, on se rend compte que l’eau (aqua) en est quasi invariablement le premier ingrédient. Elle représente environ 80% de toute crème ou lait corps, et monte à plus de 90% pour tout produit dit « rincé », à savoir gel douche, shampooing, eau ou gel nettoyant.

L’eau, un diluant

En cosmétique, l’eau peut être intéressante et avoir de réels effets bénéfiques s’il s’agit d’eau thermale, d’eau marine ou provenant de glaciers, ou d’eau florale (hydrolat), car elles sont chargées en principes actifs (minéraux, oligo-éléments, vitamines…) – et alors bien plus compliquées à inclure dans une émulsion. La plupart du temps, on utilise une simple eau courante purifiée qui joue alors un rôle essentiel de solvant. Elle facilite le mélange des actifs – souvent des corps gras – et réduit les effets gras et luisants d’un produit. Elle allège aussi les galéniques en les rendant plus liquides et en procurant une application plus fraîche et plus agréable. L’eau est aussi l’alliée économique des industriels, qui font de fortes économies en diluant la quantité d’actifs dans les produits finis.  En effet, ces actifs sont généralement beaucoup plus chers que l’eau du robinet.

Eau = conservateurs

L’eau est la partie la plus contaminable par les bactéries et autres micro-organismes des produits cosmétiques. Cependant, pas question de contamination bactériologique dans un produit de beauté, qui pourrait provoquer une irritation ou allergie. C’est pourquoi toute crème, émulsion, lait démaquillant, gel douche ou shampooing nécessite la présence de conservateurs, indispensables à sa bonne conservation dans les conditions usuelles d’utilisation. Et ce d’autant plus s’il s’agit d’un pot où l’on va plonger quotidiennement ses doigts, ou d’un bidon qui va rester au chaud et à l’humidité sur le bord d’une douche. Mais qui dit conservateurs dit ingrédients « tueurs de bactéries ». Or certains d’entre eux sont désormais sur la liste des ingrédients dits indésirables, car soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens, ou de provoquer eux même des effets indésirables comme des irritations et des allergies. En effet, les conservateurs perturbent le microbiote, en grande partie composé de bactéries bénéfiques à la peau.

L’eau n’apporte rien à la peau

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’eau contenue dans les cosmétiques n’hydrate pas la peau. C’est l’eau que nous buvons qui nous hydrate, ainsi que les actifs (urée, glycérine, acide hyaluronique) qui empêchent l’eau de la peau de s’évaporer et lui permettent de mieux circuler dans les cellules.

Une fabrication gourmande en eau

Les étapes de la fabrication d’un produit de beauté nécessitent plusieurs milliers de litres d’eau. On parle dans ce cas “d’eau virtuelle” du produit fini. Par exemple, l’eau utilisée en cosmétique, doit être sans aucun germe, métaux lourd, bactérie ou calcaire, et elle doit toujours être du même standard qualité. Or, le processus de purification de l’eau nécessite 4 litres d’eau du robinet pour produire un litre d’eau purifiée ! Or, l’eau est une denrée de plus en plus rare. D’après Science, près de 1/3 de la population mondiale risque la pénurie d’eau potable, à cause du réchauffement climatique.

La cosmétique sans eau, un retour aux sources

En vogue dernièrement, la cosmétique sans eau n’est en fait qu’une sorte de retour aux sources de la cosmétique.

Avant l’invention de l’émulsion

Les crèmes, sérums, shampooings liquides et autres soins à base d’eau ont été créés au XXe siècle : la première crème a été inventée par Guerlain en 1905, le premier shampooing liquide en 1927 par Schwarzkopf. L’industrialisation de la cosmétique a permis l’introduction de l’émulsion, en mélangeant mécaniquement huile et eau. Mais le pain de savon existe depuis plus de 3000 ans, les soins à base de cire d’abeille depuis l’Antiquité et le shampooing en poudre depuis le Moyen- ge. La cosmétique sans eau d’aujourd’hui se pose en alternative propre, sécure, écologique et économique à la cosmétique dite traditionnelle.

Les cosmétiques sans eau, pas seulement solides

baume - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

C’est une évidence a priori, une cosmétique « anhydre » ne contient pas d’eau. Si l’évocation de la cosmétique sans eau appelle immédiatement à l’esprit les nombreux produits solides mis récemment sur le marché, elle revêt différentes formes galéniques. Sous cette appellation on regroupe le simple pain de savon et tous ces produits dits solides (shampooings, nettoyants visage et désormais crèmes, après-shampooings, déodorants…) mais aussi les poudres, du talc au dentifrice jusqu’aux poudres exfoliantes. Et, on l’oublie souvent, tous les produits à base d’huiles et de beurres végétaux, comme les baumes et onguents, les huiles démaquillantes ou pour le corps.

Les avantages de la cosmétique sans eau

Cette forme de cosmétique anhydre correspond aux souhaits d’aujourd’hui.

Des formules épurées

Le “sans eau“ s’intègre à la tendance des produits épurés, comme le “sans gluten“ en alimentaire. Sans eau, c’est aussi sans conservateurs, car plus il y a d’eau dans un produit, plus il est dilué, plus il faut ajouter de conservateurs. Sans eau, le risque microbien est quasi nul. Les huiles et beurres, eux, ont juste besoin d’antioxydants afin de ne pas rancir. Quant aux poudres, elles contiennent souvent une dizaine d’ingrédients maximum, dont de l’argile et des extraits végétaux ou de la vitamine C pure.

Des formules plus actives

L’eau purifiée, composant principal des formules classiques, est inerte. De ce fait, la plupart des produits ne contiennent que 10% d’ingrédients réellement actifs. Les produits solides, ou en poudres, eux, ne sont composés que d’ingrédients nécessaires à leur fonction et efficacité. Quant aux huiles et beurres, à condition qu’ils soient d’origine végétale, ils sont en meilleure affinité avec le film hydrolipidique de la peau, qui les absorbe parfaitement, et lui apportent des acides gras essentiels. Enfin, certains actifs très instables dans des solutions à base d’eau – comme la vitamine C ou le rétinol – se comportent bien mieux dans des formules anhydres, type poudres. Attention cependant aux vrais savons, revenus en grâce avec cette tendance : leur mode de saponification rend leur pH très haut (basique, souvent au-dessus de 9) alors que le Ph de la peau est de 5,5. Ces savons ne sont donc pas si bénéfiques pour la peau, contrairement à ce que l’on entend souvent. On leur préférera les gels douche ou lavants solides, plus proches de ce que l’on appelle des pains surgras.

Des produits zéro déchet, nomades et économiques

Produits zéro déchet - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Dernier avantage évident quand on parle des produits solides ou en poudre : vendus en vrac ou avec un emballage minimal, ils limitent le suremballage, le gaspillage et la pollution plastique. Contrairement aux millions de bouteilles de shampooings et gels douche jetés chaque année, ils sont simplement emballés dans un carton recyclé et recyclable ou dans une boîte métallique réutilisable. Et même s’ils nécessitent une boîte en plastique ou verre – comme les déodorants ou les huiles et baumes – le fait qu’ils aient une contenance moindre réduit à la fois la quantité de matière et le bilan carbone. Ainsi, un lavant solide demande 20 fois moins d’énergie à produire qu’un gel douche ou shampooing classique. Non négligeable, on gagne aussi de la place dans la salle de bains et dans la trousse de toilette. Ce sont des produits nomades par excellence quand on voyage ou qu’on a fait du sport.

Par ailleurs, leur concentration est un avantage économique. Par exemple, un gel douche solide équivaut à trois flacons classiques de 250 ml et un galet de dentifrice, à deux tubes.

Les fausses promesses de la cosmétique sans eau

La cosmétique sans eau n’est pas toujours la panacée.

Parfois ni minimalistes ni naturels

On peut croire – et certaines marques en font un argument marketing fort – que ces produits débarrassés de leur eau le sont aussi de tout ingrédient superflu, et sont minimalistes . Si c’est le cas pour certains, on trouve aussi des baumes ou produits solides avec des listes INCI super longues, allant jusqu’à une quarantaine d’ingrédients. De même, sans eau ne signifie pas pour autant que ces produits sont toujours naturels ou bio. On trouve des beurres corporels contenant des paraffines, des huiles avec des silicones ou huiles minérales, des solides avec des huiles hydrogénées … Il est donc indispensable de regarder la liste d’ingrédients (INCI) des produits sans eau, surtout si vous recherchez des produits de Clean Beauty, labellisés Nat ou Bio.

Des cosmétiques solides qui contiennent de l’eau ?

Quand on regarde bien la composition des shampooings et autres nettoyants solides, on remarque que la grande majorité contient quand même de l’eau. Elle est mentionnée parfois en fin de liste INCI, souvent en premier ou second ingrédient – surtout pour les produits vendus en grandes surfaces -, même si elle reste en bien moindre quantité (10 à 20% au lieu de 80% dans un cosmétique classique).

Les faux solides

La dernière mode ? Les gels douche sans eau, sous forme de bâtonnets, comprimés ou galets, à dissoudre lors de la première utilisation, c’est à dire auxquels on doit rajouter de l’eau du robinet ! Alors, oui, comme l’eau n’arrive qu’au bout du processus, on abaisse nettement le bilan carbone sur le transport. Mais l’appellation cosmétique sans eau est dans ce cas trompeuse. Néanmoins, ils sont écologiques car proposés dans des bouteilles réutilisables et sans plastique : en verre.

La cosmétique sans eau, et particulièrement les cosmétiques solides sont très en vogue, revêtant des habits d’écologie et de naturalité. Il est vrai qu’ils permettent d’économiser une grande quantité d’eau, de réduire l’emballage et de remplacer le plastique par du papier, du carton, ou du verre, et de faire drastiquement baisser le bilan du transport (et même de gagner de la place dans les rayonnages et dans la salle de bain). Reste que la sensorialité (et le résultat cheveu) n’est pas toujours au rendez-vous. Le storytelling l’emporte dans certains cas sur la qualité des formules. Mais on n’est probablement qu’au début d’une longue histoire.

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La beauté clean, oui mais où ?

Envie de Clean Beauty ? De faire du bien à votre peau tout en respectant l’environnement ? De changer de routine pour la rendre plus green ? D’être en confiance en achetant vos produits cosmétiques ?

Voici une sélection de magasins incontournables, nombreux à Paris, mais pas seulement.

Oh my cream !

Oh My Cream - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Pionnier, ce concept store de la beauté alternative a ouvert la voie en dénichant très tôt (dès 2013) des marques pépites dans le monde entier, à l’offre responsable, clean et pointue. Expert du skincare, Oh My Cream a depuis développé sa propre marque de soin visage. On y trouve aussi des soins pour le corps, les cheveux et du maquillage.

Leur charte de sélection des marques est établie en fonction des critères « efficacité, sûreté, et écoresponsabilité », et prône la transparence absolue. Elle analyse la composition des produits dans son ensemble et choisit exclusivement des marques engagées. Leur vision n’est pas manichéenne, en ne se limitant pas seulement à une liste d’ingrédients controversés à exclure. Aujourd’hui 12 boutiques à Paris, et 8 en province (Aix-en-Provence, Bordeaux, Lille, Lyon, Toulouse, Rennes, Marseille, Nantes) prodiguent des conseils sérieux avec une vraie démarche pédagogique pour éduquer les clientes à ces nouveaux paradigmes.

On aime beaucoup leur philosophie, leur attachement à la qualité du conseil donné, la clarté de leurs jolies boutiques blanches, et leur sélection pointue de marques alternatives.

Monoprix

Monoprix - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

L’enseigne propose une sélection de marques engagées, plus respectueuses de l’environnement sur les critères formulation et emballages. Marques naturelles, bio, clean, véganes, il y en a pour toutes les exigences. Du soin, mais aussi du maquillage, axe sur lequel Monoprix a toujours été en position de force. Le Monop’ Beauty de la rue des Abbesses à Montmartre (Paris) en est un bel exemple, suivi par ceux de Beaugrenelle, St Cloud et Pelleport dans le 20ème. Une offre beauté placée sous le signe de la naturalité et du clean, Monoprix ayant par ailleurs lancé sa propre marque de maquillage bio.

On adore Monop, son parti pris clean, sa diversité de choix, la clarté de ses linéaires, et ses prix accessibles.

La Samaritaine

La Samaritaine - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Le nouvel espace Beauté de La Samaritaine (qui a réouvert ses portes en juin) est le deuxième plus grand d’Europe, après celui d’Harrods à Londres. 3400 m2 dédiés, avec les grandes marques internationales côté Seine, et les marques bio/clean côté Rivoli. Entièrement consacré à la beauté responsable, Beauté Pure joue clairement la carte du clean, du green, et du naturel avec une sélection de plus de 40 marques. Une équipe de 130 personnes vous oriente dans vos choix. Si vous avez un peu de temps devant vous, faîtes une halte au Studio de Beauté Samaritaine (165 m2) qui prodigue des soins clean, type couleurs ou manucures.

Ce qu’on aime ? La beauté du lieu (époustouflante), la richesse du choix de marques et la qualité de conseil.

Le Bon Marché

Bon Marché - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Le célèbre Grand magasin de la Rive Gauche "Le Bon Marché" Le a ouvert un nouvel espace dédié à la Beauté alternative, le Loft de la Beauté : 300m2 aux allures de loft New-Yorkais. Situé au 1er étage au cœur de l’espace Mode, Le Loft fédère des marques de soin confidentielles et pointues, en faisant la part belle à la beauté bio, clean, et/ou naturelle.

Tous les segments y sont représentés (soins visage, corps et cheveux) mais aussi des accessoires (éponges konjac, bijoux pour la peau…) et des compléments alimentaires.

Au cœur de la Mode Femme, toujours au 1er étage, L’Atelier Maquillage est, lui, exclusivement dédié au Make-Up. Il met en avant des marques expertes (Laura Mercier, Nars, Bobbi Brown…) mais aussi des marques bio, clean et éco-responsables, avec deux beaux emplacements actuellement dédiés à La Bouche Rouge (rouges à lèvres rechargeables avec écrin en cuir + formules clean) et à Kure Bazaar (rouges à lèvres végans rechargeables).

Ce qu’on aime ? La découverte de toutes ces nouveautés qui donne la sensation d’être initié en avant-première, qu’il s’agisse d’offre Clean Soin ou Maquillage.

Galeries Lafayette

La Fayette - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Le Beauty Lab du rez-de-chaussée des Galeries Lafayette Haussmann est un espace dédié aux marques bio, clean, naturelles et holistiques avec 3 axes représentés : soins, capillaires, et parfums. Une sélection de plus de 60 marques, dont 70% répondent aux critères Go for Good (produits meilleurs pour la personne et pour l’environnement). La majorité des produits est sans substances controversées, avec des ingrédients d’origine naturelle, bio, ou vegan, des packagings recyclés/recyclables, et certaines marques soutiennent des causes sociétales.

Le Corner beauté des Galeries Lafayette Champs Elysées propose une sélection ultra-pointue (et parfois même exclusive) de marques clean, green et éco-responsables. On y trouve des best-sellers mais aussi de jeunes pépites françaises.

Ce qu’on aime ? Leur approche résolument écologique, mais aussi l’éclectisme de leur sélection et la modernité de leurs espaces.

Printemps

Le Printemps Beauté Haussmann a réservé tout son sous-sol à la beauté clean, le Green Market. On y déniche les marques pionnières du genre mais aussi toutes les nouvelles, offrant des formules naturelles à plus de 99%, ainsi qu’un Bar d’expériences et un concept d’aromathérapie.

On aime déambuler dans cet espace clean et tout essayer !

Sephora

Sephora référence des marques Clean, disponibles en magasins comme sur Internet, type REN, Seasonly, Garancia, etc. Des produits que l’on trouve typiquement chez Oh my Cream !

Sephora propose aussi une sélection de produits « Good for », classés en 3 catégories, avec des tags étiquettés :

  • Good for you : une composition à plus de 90% d’ingrédients naturels et sans composants controversés
  • Good for a better planet : basé sur l’impact écologique du produit
  • Good for vegan: sans ingrédients d’origine animale.

Sephora collecte aussi les produits de soin, de maquillage et les flacons de parfums pour les recycler : Good for recycling.

Ce qu’on aime ? Leur principe d’étiquetage visible et pratique. Mais on aurait préféré ne pas devoir choisir entre des priorités, et trouver un label Good for You + Good for a better planet. Ainsi qu’une catégorie dédiée aux marques Clean.

Et aussi le BHV Marais

BHV - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY

Le nouvel espace Beauté Originelle de BHV intègre plus de 30 marques de soin ou de maquillage, vertueuses et engagées. On n’y va plus seulement pour bricoler.

Candice Colin Portrait - Clean Beauty - WE ARE CLEAN Image

5 questions à Candice Colin, co-fondatrice de l’appli Clean Beauty

Vous avez été la première à mettre au point une application pour décrypter les cosmétiques, comment vous est venue l’idée ?

C’est avant tout le travail d’une équipe scientifique ayant su identifier une attente majeure des consommateurs. Nous étions des formulateurs, très engagés dans les problématiques de multi-expositions chimiques auxquels les cosmétiques participent. Nous recevions beaucoup de questions sur la composition des produits de soin et d’hygiène, de la part des consommateurs. Nous avons pensé qu’une appli de décryptage pourrait être particulièrement utile pour répondre à cette attente que nous pressentions extrêmement forte. Une attente que j’avais moi-même, puisque mon engagement pour la transformation de l’offre des produits du quotidien est né de ma rencontre avec l’une de mes associés, docteur en pharmacie industrielle, à l’heure où l’on venait de diagnostiquer des troubles cognitifs extrêmement sévères à mon fils ainé. Nous nous sommes interrogés sur l’origine de ces troubles alors que, parallèlement, de nombreuses recherches montraient le rôle des perturbateurs endocriniens dans certains dysfonctionnements du cerveau.

Très vite l’appli, en contact direct avec les consommateurs, a ouvert la discussion sur les ingrédients controversés. Nous répondions instantanément à leurs questions. Le succès a été immédiat, sans aucune publicité. Aujourd’hui, Clean Beauty a atteint plus d’1 million de téléchargements.

En quoi Clean Beauty est-elle différente des autres applications ?

Elle ne note pas les produits cosmétiques. Elle analyse la liste des ingrédients et identifie la présence d’ingrédients controversés. Clean Beauty s’appuie sur la liste imprimée sur le produit et non pas sur le code barre, comme le font d’autres applis. Pas d’erreur possible sur la composition sauf si la photo est mal prise. Clean Beauty permet au consommateur d’analyser sur place ce qu’il a entre les mains. L’appli fournit en plus des informations précises, rigoureuses et scientifiques sur les ingrédients grâce à la documentation très performante de notre laboratoire.

Vous avez fait le choix de signaler uniquement la présence d’un ingrédient controversé, sans indiquer son pourcentage et sans donner de note, pourquoi ?

Pour nous, ce n’est pas le pourcentage mais la présence de l’ingrédient qui pose question. Et surtout la multi-exposition globale et générale de l’individu à cet ingrédient. Aujourd’hui, on est en train d’assister à une évolution de l’évaluation du risque chimique. Le célèbre précepte de l’alchimiste Paracelse « c’est la dose qui fait le poison » est battu en brèche par le non-contrôle de notre exposition et par les perturbateurs endocriniens qui s’affranchissent de cette règle, l’exposition à faible dose, semblant plus problématique qu’à haute dose. Au-delà de ce problème, il y a aussi celui d’interaction entre les ingrédients, c’est l’effet cocktail.

En ce qui concerne les cosmétiques, une femme applique jusqu’à 200 ingrédients différents sur sa peau par jour. A cela s’ajoute l’exposition à d’autres substances dans l’environnement (aliments, produits ménagers, ameublement…). Notre appli ne note donc pas, elle informe : « ce cosmétique contient des ingrédients controversés qui viennent s’additionner à votre exposition globale ».

Quels sont vos projets ?

Clean Beauty reste telle qu’elle est avec, bien sûr, une remise à jour perpétuelle des informations en fonction des évolutions scientifiques et règlementaires. En revanche, nous avons créé un autre outil de pilotage pour les marques de beauté, et leurs services de recherche et développement. Beautylitic est un logiciel pour les aider à nettoyer les formules de tous leurs produits afin que tous les ingrédients controversés disparaissent. On sait que l’ingrédient d’un produit cosmétique est le second critère d’achat après le prix. L’industrie est donc obligée de transformer son offre sous la pression des consommateurs. L’étude des produits ménagers est aussi un sujet mais il est très difficile d’accéder à leur composition.

Quelle est pour vous l’urgence aujourd’hui ?

Les perturbateurs endocriniens, des substances impalpables qui sont très complexes. Il y a des effets cocktail entre eux mais aussi avec d’autres substances et facteurs environnementaux. Ils sont incriminés dans de nombreuses maladies et on sait que leurs effets se déclarent sur plusieurs générations. A mon sens, les marques n’en font pas assez une priorité. C’est un enjeu majeur, une priorité de santé publique et le principe de précaution devrait prévaloir.

Outils de beauté - Clean Beauty - WE ARE CLEAN Image

Les accessoires beauté respectent-ils la planète ?

L’univers de la beauté évolue… En bien. Après avoir misé sur la praticité de produits à usage unique, il vante à nouveau les bienfaits d’accessoires durables et réutilisables, à l’infini ou presque. Mais ces nouveaux outils sont-ils vraiment écolos ?

Accessoires beauté durables, une bonne nouvelle ?

Les écologistes de la première heure connaissent bien la beauté zéro déchet. Outre l’utilisation de shampoings, dentifrices et déodorants solides, savons à la place des gels douches, la clean beauty compte aussi des accessoires durables. Au même titre qu’une brosse à cheveux, ces objets sont comme n’importe quel produit soumis à des processus de production plus ou moins respectueux de l’environnement et à l’utilisation de ressources et de matériaux. Mais ce n’est pas parce que ces outils de beauté sont réutilisables qu’ils sont clean. Il est difficile d’estimer si la version durable d’un geste de beauté avec un accessoire est plus vertueuse que son équivalent sous forme de produit : est-ce que la brosse nettoyante est plus écolo que le gel dédié au même usage ? Il faut y regarder de plus près.
Et ce d’autant plus que le succès d’un nouvel outil peut, comme toujours quand un produit devient à la mode, apporter son lot de gammes à bas prix et de fabricants peu scrupuleux qui veulent surfer sur la tendance, au mépris de toute considération écologique.

L’inextricable question du cycle de vie

Autant vous l’avouer tout de suite, pour le consommateur, il est très difficile (pour ne pas dire impossible) de tout savoir sur un produit, à l’achat. En effet, le cycle de vie, nécessaire à l’évaluation de l’impact sur l’environnement, doit être complet. Ce cycle doit prendre en compte chaque élément lié à la production, de l’énergie aux ressources nécessaires pour la matière première, à celles utilisées dans le processus de fabrication, puis du transport etc. Or, la plupart du temps, l’accès à ces informations est difficile.

Pour se faire une opinion, le consommateur évalue par lui-même la fiabilité de l’entreprise et ses engagements « clean », les ingrédients, les informations sur le lieu de fabrication. Cependant, la matière est déjà un très bon indicateur pour les accessoires de beauté ou d’hygiène, comme les brosses à dents en bois versus plastique.

Les blenders et silisponges, les nouvelles éponges à fond de teint

C’est la tendance depuis quelques années. Les blender sont ces petites éponges en forme d’œuf qui ont remplacé la pulpe du doigt et les pinceaux, pour appliquer le fond de teint. On en trouve aujourd’hui à tous les prix, de toutes les tailles. S’ajoutent les éponges en silicone transparent, qui ressemblent à une mini prothèse mammaire. On pourrait les condamner car elles sont à 100 % industrielles, artificielles, non-recyclables et font office de gadget. C’est d’ailleurs là que le problème se pose : si les beautistas en achetaient une seule et l’utilisaient chaque jour pendant des années, cet outil de beauté serait intéressant. Mais en général, les utilisatrices en possèdent plusieurs et les délaissent vite au profit d’un nouveau geste. Pire, les blender nécessitent d’être lavés ce qui ajoute à leur impact l’utilisation d’eau et de produit nettoyant. Quant aux éponges en silicone, elles ont une durée de vie très courte. Et si on revenait à l’application avec les doigts ?

Lingette démaquillante réutilisable en tissu

À première vue, un carré de tissu en éponge de coton, éventuellement bio, est forcément plus écologique que les disques à démaquiller de coton jetables. Mais… certaines de ces lingettes ne sont pas en coton, mais en tissu synthétique. C’est le cas des grandes lingettes souples, toute douces, comme du velours, lavables en machine, dédiée au démaquillage qui promettent d’enlever toute trace sans aucun produit nettoyant. Composées à 100 % de polyester, tissu synthétique en microfibres plastiques, ces lingettes sont donc polluantes à la fabrication et à chaque lavage, car elles libèrent des fibres dans l’eau, et non-recyclables. Face à elles, il existe les carrés de coton lavables double face qu’on utilise aussi pour nettoyer les fesses de bébé. Comparés aux lingettes jetables, ces carrés de tissus sont plus durables, mais contrairement à la lingette synthétique qui s’utilise seule, ils nécessitent des produits lavants pour démaquiller. Encore faut-il que le coton utilisé pour fabriquer ces carrés vienne d’une filière responsable, car la culture du coton est très gourmande en eau et se fait principalement de l’étranger. Le made in France est donc à privilégier même si les matières premières ont peut-être traversé la planète. Bien entretenus et réutilisés plusieurs années, avec un savon clean, les carrés de coton restent la meilleure option. Et en fin de vie, ils peuvent nettoyer les vitres !

Brosse nettoyante visage

Généralement faites avec un manche et des poils de plastique, ces brosses ne se suffisent pas à elles-mêmes : il faut ajouter un produit lavant. Alors face à un lavage sans brosse, avec un produit identique, cet objet ne peut pas rivaliser avec la main ou un gant de toilette sur le plan de l’écologie et de l’empreinte sur l’environnement. Oui, c’est un outil durable puisqu’il se conserve, mais la brosse nettoyante se jette et ne se recycle pas. Autant de plastique supplémentaire, de fabrication à l’étranger, de transport et donc de pollution que l’on peut éviter. Il en va de même pour les modèles électriques, moins « gadgets », plus chers qui nécessitent encore plus de matériau, mais qui se gardent plus longtemps.
Quelle est la brosse nettoyante visage la plus écolo ? L’éponge Konjac, une petite boule dure en fibres 100 % végétales, qui se transforme en éponge souple et nettoie efficacement la peau une fois humidifiée. Elle s’utilise avec ou sans produit nettoyant, elle est biodégradable et ne coûte pas cher.

Brosse anticellulite pour le corps

Le retour des outils de beauté « à l’ancienne » signe l’engouement pour le brossage du corps à sec, avec une brosse en bois à poils naturels (en général). Ce brossage à sec exfolie la peau. Elle adoucit l’épiderme, stimule la circulation sanguine et lymphatique pour drainer, évite la rétention d’eau pour avoir une peau plus tonique, avec une réduction de la peau d’orange. Ce geste, qui ne nécessite ni produit ni eau, est sans impact sur l’environnement. Côté matière aussi, elle est vertueuse, car en général sans plastique, avec des poils type soie de sanglier et des poignées en tissu. Elles sont très durables, made in Europe ou France. Elles ont à priori tout bon. Leurs cousines massantes avec des picots et autres gants gommants seront choisies en matière naturelle, type bois ou fibre végétale, et sur des sites de produits écolos, plutôt qu’en plastique.

Pierres massantes : gua sha et rouleau de Jade

Ces deux outils massent le visage pour stimuler la microcirculation, drainer, et retendre la peau par la combinaison du mouvement et des vertus des pierres. Le rouleau de Jade est un manche à double embout orné d’une pierre polie, qui roule et que l’on passe sur le visage. Le gua sha est une pierre nue (sans manche) type quartz ou améthyste, polie, plate, en forme de haricot ou de cœur, qui permet -à l’image d’une spatule- de lisser les traits et de modeler les volumes comme un mini palper-rouler. Bien sûr, ces outils durent très longtemps, mais sont-ils écologiques pour autant ?

Précieux pour l’anti-âge et pour redonner de l’éclat à la peau, raison de leur succès, les rouleaux de Jade et les pierres gua sha posent une question : comment sont-ils fabriqués ? Car comme pour tout produit « tendance », la multiplication des ventes poussent les entreprises à proposer un prix toujours plus bas en rognant sur les procédés de fabrication.

Rouleau de Jade… pas en Jade !

Le Jade pur, pierre semi-précieuse et chère, n’est pas celle utilisée dans ces rouleaux, malgré leur nom trompeur qui mériterait une réglementation. Ces rouleaux sont fabriqués en différentes matières qui peuvent aller du plastique au verre, en passant par l’Aventurine, mais aussi la Serpentine, une pierre verte qui demande un traitement chimique pas clean du tout pour ressembler au Jade. Non seulement, c’est trompeur, mais ces « rouleaux de Jade » faits de pierres traitées chimiquement ne respectent pas la planète. Un vrai rouleau en jade pur coûte à minima plusieurs centaines d’euros.

Gua Sha et rouleaux écolo : choisir la bonne pierre

Heureusement, la plupart des marques qui proposent un rouleau de Jade ou un gua sha de qualité, les fabrique dans différents types de pierres pour rester fidèle à l’esprit de ces outils : profiter des bienfaits des pierres sur la peau. On trouve des rouleaux et des gua sha en Quartz, en Améthyste, mais aussi en Aventurine et en Obsidienne, cette belle pierre noire.
Pour éviter l’arnaque, il faut repérer les pierres naturelles, juste polies et les informations sur leur sourcing. En effet, il n’y a pas que les traitements chimiques qui peuvent faire de ces accessoires des catastrophes écologiques : la méthode d’extraction de ces pierres peut dériver, vue l’augmentation de la production pour répondre à la demande.

Les marques donnent rarement toutes les infos nécessaires : il faudrait vérifier si elles sont issues d’un gisement éthique et durable. Le premier indice est bien sûr le prix : aucun gua sha ni rouleau de Jade à quelques euros ne peut provenir d’un process écolo. On peut aussi acheter une pierre dans un magasin spécialisé qui, lui, peut donner des informations sur leur provenance, et se masser le visage avec.

Cotons tiges durables

Le coton tige en plastique est un des déchets les plus présents dans la mer. Une interdiction entrée en vigueur début 2020 donnait 6 mois pour écouler les stocks de cotons tiges en plastique et les faire disparaître. Les partisans du zéro déchet et du zéro plastique les ont depuis longtemps remplacés par les oriculis, ces bâtonnets plats en bambou qui permettent de racler le cérumen. Les cure-oreilles dans ce genre peuvent aussi être en inox, faits d’une tige avec un embout ressemblant à une mini cuillère, ou avec une extrémité en spirale pour nettoyer le conduit. Ces outils extrêmement durables sont plus écologiques qu’une vie de coton tige.
Mais voilà qu’aujourd’hui arrivent deux nouveaux types de cotons tiges considérés comme écologiques : les tiges en carton et les versions lavables en silicones. Sont-ils écolo ? Faire une analyse de leur cycle de vie n’est pas évident. Si ces cotons tiges en papier, carton ou bambou, sont biodégradables et peuvent être jetés, et même mis au compost, ils utilisent du coton dont la culture est gourmande en eau et le traitement pas toujours écolo. Quant aux cotons tiges lavables en silicone, ils n’utilisent pas de coton, mais sont issus de la chimie et en plus vendus dans des boites en plastique. Même lavable et durable, ne vaut-il pas mieux se passer de plastique ? Ici encore, privilégiez les marques engagées et repérez les pays de fabrication pour acheter le plus local possible.

La cup : l’exception du plastique

Si la matière reste le critère numéro 1, le bois et les fibres naturelles étant en général plus vertueuses que n’importe quel plastique, dans la salle de bain la cup menstruelle fait office d’exception. Sa durée de vie peut dépasser 10 ans. Elle est très rentable, tant du point de vue écologique que financier : en quelques mois, c’est l’économie de dizaines de serviettes hygiéniques de tampons jetés.

Les outils et accessoires de beauté nouvelle génération sont soit de faible qualité et peu écologiques, fabriqués loin et sans souci de la planète, ou au contraire de tendance écoresponsable. Ces derniers optent pour des matériaux sains et issus d’un process propre.
Pour les choisir, le prix est un bon indicateur. Onéreux, c’est un investissement dans un produit de luxe qui dure vraiment. En effet, remplacer un produit jetable et son packaging par un objet n’est vraiment intéressant du point de vue écologique que si celui-ci se garde longtemps.

Clean et capillaire - WE ARE CLEAN - CLEAN BEAUTY Image

Clean & capillaires : mode d'emploi

Faire un shampooing puis un masque, pschitter un petit coup de laque avant de filer au restau, c’est bien, mais comment être sûre que ce soit vraiment sain ? Nos pistes Clean beauty… Sans couper les cheveux en quatre.

Sophie Macheteau - Clean Beauty - We Are Clean
Sophie Macheteau

C’est vrai, il existe bien des composants à contourner dans l’immense palette des soins capillaires que vous affectionnez tant. Et il n’est pas facile de retenir la longue liste de ces composants à éviter. Toutes les marques de capillaires se sont lancées, avec plus ou moins de succès, dans la course au « vert ». Le point avec Sophie Macheteau, spécialiste en cosmétique naturelle et fondatrice du blog suzanegreen.com pour démêler le vrai du faux, connaître les composants à bannir, les alternatives futées et les recettes maison Clean.

Quels sont les composants à proscrire dans les shampooings et dans les soins capillaires ?

La liste est malheureusement bien longue !

Tout d’abord, je recommande de bannir les shampooings avec sulfates : essentiellement le laurylsulfate de sodium (SLS) et le laureth sulfate de sodium (SLES). Certes, ils permettent l’obtention d’une belle mousse, mais ils sont agressifs et asséchant pour les cheveux. Heureusement, il existe aujourd’hui de nombreuses formules sans sulfates pour le bonheur de nos cheveux ! Évitez également les formules contentant des huiles minérales (issues de la pétrochimie comme la paraffine), les silicones et polymères (dimethicone, amodimethicone, acrylates crosspolymer) qui asphyxient peu à peu les cheveux, les fragilisent et les rendent plus cassants. Ces composés synthétiques sont des sources non-renouvelables et non-biodégradables. Pas top pour la planète !

Le méthylisothiazolinone (MIT) et le méthylchloroisothiazolinone (MCI) sont aussi à esquiver, car ils peuvent provoquer de graves allergies cutanées. Et bien sûr, on évite les formules avec parabens, suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, ainsi que les parfums et colorants de synthèse qui contiennent de nombreux allergènes.

Quelles sont alors les alternatives en termes de composants ?

Laver les cheveux - Clean Beauty - We Are Clean

Pour les shampooings, mieux se tourner vers des formules douces sans sulfates et bio (certifiée ou non mais dans ce cas, il faut bien connaître les valeurs de la marque). Quels que soient les soins, évitez les formules trop longues qui peuvent se transformer en véritable « cocktail allergène ». Misez sur des marques qui se tournent vers le végétal (sans greenwashing) et qui proposent des produits avec des actifs naturels qui prendront soin de vos cheveux (par exemples des protéines de blé ou de riz, des huiles et céramides végétales, du silicone végétal venant d’algues…).

Quelles sont vos recettes « maison » essentielles et simples ?

Recette maison - Clean Beauty - We Are Clean

La base du soin du cheveu, c’est le shampooing. Pour les personnes qui souhaitent le préparer elles-mêmes, je recommande d’utiliser une base shampooing neutre bio, végan et sans palme, dans laquelle il sera possible de rajouter ou 1 ou 2 actifs capillaires naturels : par exemple de l’acide salicylique végétal en cas de pellicules, de la maca vital en cas de cheveux mous, du bisabolol en cas de démangeaisons. Personnellement, je préfère réaliser des shampooings poudre (très écologiques car sans eau) en utilisant des poudres de plantes qui contiennent naturellement des saponines (molécules aux propriétés tensioactives naturelles qui s’apparentent à du savon) telles que le shikakaï, la fameuse « plante shampooing » ayurvédique. J’associe le shikakaï à des poudres de plantes qui apportent du soin aux cheveux. Par exemple le reetha pour son effet détoxifiant et purifiant, le henné neutre qui démêle et booste la brillance, l’amla qui fortifie et stimule la pousse. Idem pour les soins.


Et du côté des laques ?

Ce sont avant tout des aérosols et ce n’est pas très écolo. Les laques propulsent dans l’air, par micro-diffusion, les substances coiffantes du produit, mais aussi les composés organiques volatils, issus des gaz propulseurs. Raison pour laquelle il est recommandé sur les étiquettes de les utiliser dans des pièces bien ventilées. Ce qui n’est jamais bon signe. Préférez définitivement les sprays coiffants dans des sprays naturels sans gaz.

Teintures = asphyxie ?

Oui, les colorations permanentes ou durables sont forcément agressives pour le cheveu et le cuir chevelu. Elles contiennent généralement de la p-phenylenediamine, sensibilisante et irritante. L’alternative est d’utiliser des colorations végétales qui couvrent moins bien les cheveux blancs mais sont incomparablement plus green et peuvent être tout aussi belles.

En règle générale, retenez que les ingrédients qui arrivent en début de liste des composants sur les étiquettes sont les plus présents dans la formule, même si les pourcentages ne sont pas précisés. Alors, ouvrez l’œil et soyez exigeante, sans néanmoins perdre de vue le plaisir de soigner vos cheveux.